Ces dernières années, les modèles pour prédire l’évolution future du climat se sont multipliés. Lesquels sont les plus fiables ? Peut-être ceux qui prédisent le pire, viennent de conclure deux experts en cycles environnementaux de l’Université Stanford. S’ils ont raison, cela impliquerait un réchauffement de 10 à 20 % plus élevé que ce qui est traditionnellement annoncé.

Deux degrés Celsius d’augmentation, trois, ou quatre ? Depuis trois décennies, l’une des questions clefs derrière les modélisations du climat a toujours été : comment associer correctement une quantité X de gaz à effet de serre avec une augmentation Y de la température. Autrement dit, combien de tonnes de gaz à effet de serre faut-il rejeter dans l’atmosphère pour chaque dixième de degré Celsius d’augmentation ? « Nos projections, qui combinent des observations avec des modèles climatiques, suggèrent de 10 à 20 % plus de réchauffement que les projections basées uniquement sur les modèles climatiques », résume le biochimiste Patrick Brown.

Les modèles climatiques récents que son collègue Ken Caldeira et lui ont pris en compte pour leur étude — parue mercredi dans Nature — prédisent des augmentations allant de 3,2 à 5,9 degrés Celsius d’ici 2100 — dans le scénario pessimiste où les humains continuent d’augmenter leurs émissions de gaz à effet de serre pendant une bonne partie du 21e siècle. L’objectif des chercheurs était donc de réduire cette marge d’erreur, afin de voir si la réalité était plus près de la tranche supérieure que de la tranche inférieure. Et selon eux, elle est plus près de la tranche supérieure. En se concentrant uniquement sur les modèles climatiques jugés les plus fiables, cela donne, si la tendance actuelle se maintient, 93 % de chances de dépasser la barre des 4 degrés d’ici l’an 2100, contre 62 % dans les calculs plutôt pris en compte dans le dernier rapport du GIEC (Groupe des Nations Unies sur les changements climatiques).