Si les modèles sont exacts, la vitesse à laquelle est en train de fondre la calotte glaciaire arctique, de même que la quantité de glace restante en été, seraient deux facteurs sans précédent depuis au moins 1500 ans.

Parmi les 45 indicateurs utilisés pour traquer les avancées et les reculs de la calotte glaciaire : les cercles dans le tronc des arbres, les sédiments au fond de l’eau et des bulles d’air emprisonnées dans la glace. Ces indicateurs ne permettent toutefois pas d’avoir des mesures fiables au-delà de 1500 ans, d’où le fait que les glaciologues préfèrent s’en tenir à des mesures qui sont plus près de nous. C’est ainsi qu’ils peuvent dire avec davantage de précision que la température de l’air dans l’Arctique, pour l’année prenant fin le 30 septembre 2017, était la deuxième plus chaude depuis 1900 ; que le pourcentage de « vieille » glace recouvrant l’océan Arctique — c’est-à-dire une glace qui n’a pas eu le temps de fondre d’un hiver à l’autre — ne représentait plus que 21 % de la glace arctique totale, contre 45 % en 1985 ; mais que, par contre, un printemps et un été plus froids cette année avaient entraîné un « rebond » de la couverture de neige dans l’Arctique sibérien.

Ces chiffres et d’autres proviennent de la dernière édition du Arctic Report Card, un rapport publié chaque année depuis 2006 par le Programme arctique de l’Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) et dévoilé cette semaine pendant le congrès de l’Union géophysique américaine. Le printemps et l’été plus froids, y lit-on, ne sont pas suffisants pour inverser la tendance : les observations de 2017 « continuent d’indiquer que le système environnemental arctique a atteint une “nouvelle normale” caractérisée par des pertes à long terme de l’étendue et de l’épaisseur de la couverture de glace sur l’océan ».