Vous avez fait notre test du 1er avril? Bravo ! L’objectif n’était pas de voir si vous pouviez trouver laquelle des cinq nouvelles était un poisson d’avril. C’était plutôt de voir si vous saviez comment vous y prendre... pour ne pas vous faire prendre la prochaine fois ! Aujourd’hui, en cette Journée internationale de la vérification des faits, voici quelques trucs qui auraient pu servir à cet exercice.

En rappel: les 5 manchettes d'hier

 

1. Avez-vous utilisé Google News?

S’il s’agit d’actualités récentes (c'était le cas), et si elles sont authentiques, elles vont nécessairement apparaître (malheureusement, des fausses nouvelles vont aussi y apparaître).

2. Avez-vous utilisé Google News en anglais ?

Toutes ces nouvelles avaient été délibérément choisies par le Détecteur de rumeurs parce qu’elles apparaissaient plus souvent en anglais qu’en français. C’est souvent le lot de l’information scientifique : il y a beaucoup plus de médias de science anglophones, et beaucoup plus de journalistes scientifiques.

3. Si vous avez trouvé quelque chose: le média qui rapporte cette histoire est-il un média fiable?

On peut diverger d’opinion sur ce qu’est un média fiable, mais avec ceux qui sont établis de longue date et qui emploient des journalistes réputés, on part avec quelques longueurs d’avance. Sciences et avenir et le New Scientist, par exemple, rapportaient jeudi et vendredi la nouvelle du tyrannosaure. Le Temps, Le Quotidien du médecin, le New York Times et StatNews, celle du système reproducteur féminin.

4. Si vous doutez de la fiabilité du média : la nouvelle est-elle rapportée par plus d’un média?

Une fois qu’on a trouvé un reportage, il est facile d’en trouver d’autres grâce à de nouveaux mots-clefs qu’il nous fait découvrir —les noms des chercheurs, par exemple— mais attention : le même reportage peut avoir été publié par plusieurs médias, ce qui n’est pas la même chose que plusieurs médias qui auraient vérifié indépendamment l’information.

5. L’image est-elle authentique ?

En d’autres circonstances, ça aurait été une recherche légitime, dans ce cas-ci, c’était une fausse piste : toutes ces images avaient été choisies par le Détecteur de rumeurs pour leur caractère générique.

Jacques Goldstyn

6. Si vous avez trouvé des articles journalistiques : citent-il une étude?

Les nouvelles 1, 2 et 4 s’appuient sur des études, mais il arrive que des médias ne le disent pas ou ne fournissent pas d’hyperlien. Lorsque c’est le cas, corroborez avec un deuxième média.

Une recherche sur Google News autour de la nouvelle 4 (le solaire) pouvait vous conduire, dépendamment de vos mots-clefs, à des reportages sur la croissance de l’emploi dans le solaire (ComputerWorld) ou sur le total des emplois (Vox). Mais dans les deux cas, ils s’alimentent à la même source, le « National Solar Job Census » de l’organisme Solar Foundation. Si vous voulez creuser davantage, à vous de voir ce qu’est cet organisme, mais en attendant, on n’est pas devant une fausse nouvelle.

Restent les nouvelles 3 (rayons cosmiques) et 5 (la NASA). Aucune ne cite des études, mais la nouvelle sur la NASA provient d’un reportage du magazine en ligne Gizmodo, et le journaliste cite des documents obtenus par la loi d’accès à l’information. Le titre était délibérément trompeur (ça aussi, ça arrive) : la NASA, révèle l’article, ne peut pas embaucher « des ingénieurs aéronautiques », et non « des ingénieurs ».

7. Qui est l’auteur?

Dans le cas de Gizmodo, l’auteur, Matt Novak est un journaliste scientifique qui collabore depuis quelques années à plusieurs médias. Dans le cas des rayons cosmiques, il s’agit d’une « alerte » qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux avant le 30 mars, mais on ignore qui l’a écrite.

La fausse nouvelle : les rayons cosmiques !

De plus, cette alerte ne cite aucune étude (la BBC est mentionnée, mais sans hyperlien), et nous n’avons pas trouvé de média fiable qui ait relayé cette information. Par contre, nous en avons trouvé un qui l’a décrétée fausse.