Donneriez-vous tous vos mots de passe à un inconnu? C’est la question à se poser face à la tentation de baisser les bras devant la collecte massive de nos données sur Internet.

 

Quand on parle de collecte de données, on pense aux espions de l’agence américaine de renseignement (NSA), dont la collecte massive a été révélée par le lanceur d’alertes Edward Snowden depuis deux ans. Mais on parle aussi de collecte de données personnelles, à travers nos courriels ou notre activité sur le web, afin de nous vendre de la publicité ciblée.

Ou de données sur notre santé: Le Devoir révélait récemment l’existence de mouchards électroniques, encodés dans les sites web du Centre hospitalier de l’Université de Montréal et d’autres institutions de santé québécoises. Qui ouvrent la porte à la possibilité de savoir quel visiteur s’intéresse à quelle maladie ou quelle femme est enceinte, et de lui envoyer de la publicité en conséquence. Ou bien, dans le scénario du pire, la possibilité pour une compagnie d’assurance, d’avoir accès à des données personnelles

Ces derniers jours, les élus américains ont voté pour la réforme de leur loi sur la surveillance électronique, qui réduit les pouvoirs de la NSA. C’est la première fois depuis les attentats de septembre 2001 qu’aux États-Unis, les politiciens restreignent le droit de leur gouvernement à tout écouter, et ça, c’est une conséquence directe de l’affaire Snowden.

Coïncidence, ces remises en question de l’écoute électronique aux États-Unis ont lieu au moment même où, à Ottawa, on est en train de voter la loi C-51, qui renforce les pouvoirs des organismes de surveillance.

Mais comment parler de tout cela en évitant que l’attention du citoyen moyen ne se relâche? Une série de mini-documentaires, appelée Traque interdite, en fait le pari. Ce sont 7 épisodes de moins de 10 minutes chacun, réalisés par trois pays et produits spécialement pour Internet, avec une petite touche interactive. On en parle cette semaine avec la co-réalisatrice, Sandra Rodriguez.

Au Canada, qu’apporte la nouvelle loi C-51 comme pouvoirs en matière de surveillance électronique? Quels sont les mécanismes de surveillance? Qu’est-ce qu’une mégadonnée? À quoi bon récolter des quantités aussi massives de données? Quels sont les pouvoirs du citoyen?

Nos invités:

 

  • Sandra Rodriguez, co-réalisatrice de Traque interdite . Elle est réalisatrice de films documentaires et docteure en sociologie des technologies numériques.
  • Stéphane Leman-Langlois, prof à l’École de service social de l’Université Laval, spécialiste du cyberterrorisme et de la cybersécurité.

 

Écoutez l'émission en cliquant sur le lien audio ci-contre, à gauche.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13h30, sur les six stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun et Pascal Lapointe. Vous pouvez également nous écouter le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal) et vous abonner sur iTunes.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.