Où en sommes-nous en matière de dons d’ovules ? Un acte médical qui ouvre la porte de la maternité pour bon nombre de couples infertiles. Mais au prix d’un risque d’exploitation des femmes plus vulnérables.

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Près d’un couple canadien sur huit éprouverait des problèmes de fertilité, estime Santé Canada.

Depuis que le gouvernement québécois a mis fin à la gratuité du programme de procréation assistée, l’Association des couples infertiles du Québec assure que de nombreux Québécois ont recours au sociofinancement pour payer les frais de la fécondation in vitro – des frais qui s’élèvent à environ 10 000 $.

Un récent Rapport du Conseil du statut de la femme (15 recommandations, 172 pages) recommandait entre autres choses, l’adoption d’une règlementation protégeant les femmes contre la marchandisation de leurs fonctions reproductives.

La Loi fédérale sur la procréation assistée, adoptée en 2004, posait déjà certains grands principes – qui orientent d’ailleurs Santé Canada, l’organisme chargé de faire respecter la loi : la priorité de la santé et du bien-être des enfants à naître, la nécessité de protéger la santé des femmes, l’obligation d’obtenir un consentement éclairé.

Cette loi comprend également des balises autour des dépenses qui peuvent être remboursées aux mères porteuses. Avant l’adoption de cette loi, il était possible de rémunérer la donneuse d’ovule –jusqu’à 3000 $ pour un don – mais aujourd’hui, au Canada, cela est passible d’amendes et même de prison.

Pour mieux comprendre les enjeux politiques, nous en parlons d’abord avec…

  • Diane Lamarre, députée de Taillon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et d’accessibilité aux soins

Que reproche-t-elle au projet de loi 20 qui désire privatiser la  procréation assistée et le don d'ovules ? Et la loi fédérale, qui remonte à 2004 et que Santé Canada est en train de réviser ?

Pour les enjeux juridiques qui entourent le don d’ovule, Isabelle Burgun s’entretient ensuite avec:

  • Louise Langevin, professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université Laval

Elle nous rappelle que de parler de « don d’ovules », c’est se fourvoyer, car même si le droit canadien interdit la vente d’ovules, peu de femmes «donnent» des ovules ; elles les vendent. Il existe bel et bien un marché souterrain, ou clandestin, dit-elle. Quelles sont les dérives les plus à craindre de cette marchandisation de la procréation ? L’exploitation de femmes plus jeunes et plus pauvres, le tourisme procréatif? Les cliniques de fertilité dans tout cela: devraient-elles être mieux réglementées ?

Enfin, pour mieux comprendre comment se passe le don d’ovules au sein des cliniques de fertilité, nous terminons l’émission avec...

C’est l’âge qui constitue la principale raison pour laquelle une femme a recours à un don d’ovule, explique-t-elle. Comment fonctionne le don d’ovules ? Est-ce que toutes les femmes peuvent en donner ? Quel est le protocole et quels sont les risques ?

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h, sur les cinq stations régionales de Radio VM . Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche : François Cartier. Vous pouvez également nous écouter sur CHOQ-FM (Toronto) CIBO-FM (Senneterre) et CJMD (Lévis).

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici . Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.