Montréal est devenu un lieu de convergence des travaux en matière d’intelligence artificielle (IA) grâce à une grappe de chercheurs de réputation internationale et des investissements considérables pour la recherche en ce domaine.

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Les deux paliers de gouvernement ont en effet annoncé ce printemps des investissements dans ce secteur. Au niveau provincial, 100 millions $ seront versés pour la création d’une grappe industrielle en intelligence artificielle.

Au fédéral, l’Institut canadien de recherches avancées (ICRA) recevra un financement de 35 millions $ sur cinq ans, principalement pour développer son réseau de recherche axé sur l’apprentissage profond – le « deep learning ». L’organisme administrera aussi la stratégie pancanadienne d’intelligence artificielle pour la recherche et le talent pour un montant de 125 millions.

L’apprentissage profond consiste à « apprendre à apprendre » aux machines. Cette branche de l’intelligence artificielle repose sur des algorithmes relativement simples et qui s’inspirent de mécanismes cérébraux fondamentaux du traitement de l’information. Un exemple tout simple de notre vie quotidienne : la reconnaissance des visages de Facebook. Les algorithmes de cette application parviennent à « reconnaître » des visages à l’aide de quatre millions de photographies téléchargées et identifiées par des utilisateurs.

L’intelligence, pour nous, c’est être capable de prendre les bonnes décisions dans différentes situations. Mais comment discriminer les connaissances les plus pertinentes et les transmettre à un ordinateur pour qu’il les utilise ? Ce n'est qu'une des nombreuses – très nombreuses ! – questions que l’intelligence artificielle suscite.

Isabelle en a posé quelques-unes à ses invités en studio :

  • Pascal Vincent : Professeur agrégé à l’Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal (MILA), au Département d'informatique et recherche opérationnelle (DIRO) de l’Université de Montréal.
  • Michel Gagnon : Professeur agrégé au Département de génie informatique et génie logiciel — École Polytechnique.

Avec les nouveaux budgets, l’arrivée de Google et de Microsoft à Montréal, un vent favorable souffle sur l’intelligence artificielle. Pouvez-vous expliquer concrètement où ira tout cet argent ? Montréal devient-elle la Silicon Valley de la recherche en intelligence artificielle ? Qu’est-ce que Montréal a que Toronto n’a pas ?

Ce fameux apprentissage profond : où en sommes-nous ? Quelles applications reposent sur cette discipline : reconnaissance vocale, de formes, d’écriture ? « Longtemps, les téléphones étaient capables de prendre des photos, mais pas de comprendre ce qu’il y avait sur la photo » : c’est dans ce domaine qu’on progresse très vite, explique Pascal Vincent.

Que nous réserve l’avenir ? Les obstacles sont-ils techniques, juridiques ? « On est encore loin, très loin, du robot intelligent » du cinéma, rappelle Michel Gagnon. En revanche, l‘humain se laisse facilement berner par des chiffres : la machine est bien meilleure pour interpréter des statistiques.

L’astrophysicien britannique Stephen Hawking s’est pourtant dit inquiet de tous ces développements en intelligence artificielle : « le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine ». Y-a-t-il un risque que les machines prennent le contrôle ou nous nuisent... au détriment des 3 lois d’Asimov ?

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h, sur les cinq stations régionales de Radio VM . Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche : François Cartier Vous pouvez également nous écouter sur CHOQ-FM (Toronto) CIBO-FM (Senneterre) et CJMD (Lévis).

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici . Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.