Une sévère crise sanitaire frappe depuis quelques années les États-Unis et commence à atteindre son voisin du nord : les opioïdes, ces médicaments développés comme antidouleurs. Que fera le Québec pour combattre cette crise et ses ravages ? C’est le sujet de notre émission de cette semaine.

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Ces substances dérivent partiellement de l’opium, avec des effets similaires, et occasionnent une forte dépendance – tel que le Fentanyl, un analgésique très puissant ou encore l’héroïne.

Aux États-Unis, le président Donald Trump n’a pas encore clairement expliqué son plan destiné à enrayer cette crise. Elle a entraîné plus de 200 000 décès chez nos voisins américains.

Le Canada affiche également un taux très élevé d’intoxication aux opioïdes : on parle de l’hospitalisation de 16 Canadiens par jour entre avril 2016 et mars 2017. C’est 20 % de plus que l’année précédente. Plus de 2800 personnes seraient mortes en 2016 en raison d'une surdose aux opioïdes au Canada, selon l'Institut canadien d'information sur la santé.

Au Québec par contre, on manque de chiffres précis :

  • Le Bureau du coroner recense 133 décès par intoxication aux opiacés entre 2005 et 2015, dont 60 pour le Fentanyl
  • L'Institut national de santé publique (INSPQ) recense plutôt 2559 décès attribuables à une intoxication aux opioïdes entre 2000 et 2016.

Isabelle Burgun s’entretient avec :


L’Ontario vient d’adopter, en octobre, un plan de lutte de 222 millions $. Qu’est-ce qui se fait en ce moment au Québec ? Peut-on parler d’une « crise » ? Les données dont on dispose « n’appuient pas ce terme-là », explique Éric Langlois. On assiste chaque année à une hausse des décès, mais une hausse encore « légère ».

Qui consomme des opioïdes ? « Un profil très varié », poursuit Kim Brière-Charest. « Beaucoup de gens ont développé une dépendance suite à la prise d’un médicament légal. »

Il existe un plan pancanadien de lutte à la crise des opioïdes. Ce plan détaille diverses mesures, comme par exemple :

  • adopter de nouvelles normes sur les pratiques de prescription afin de déployer un programme de prescriptions sécuritaires
  • augmenter la surveillance des ordonnances
  • créer une collaboration pancanadienne relative à l’éducation pour des professionnels de la santé
  • concevoir des outils de sensibilisation à l’intention des patients

Pour l’instant, le Québec n’adhère pas à ce plan de lutte. Il existe toutefois un comité anti-opioïdes composé d'une trentaine d’acteurs (policiers, douanes, bureau du coroner, organismes communautaires), sur lequel siège Yves Séguin.

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En chronique : Natalie Stake-Doucet, infirmière et étudiante au doctorat à l’Université de Montréal et à la Chaire Pocosa. Elle nous parle des hôpitaux… « des endroits pas forcément les plus sains pour ceux qui les fréquentent ou y travaillent ».

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h, sur les cinq stations régionales de Radio VM . Elle est également rediffusée pendant la semaine. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche pour cette émission : François Cartier. Vous pouvez également nous écouter sur CHOQ-FM (Toronto) CIBO-FM (Senneterre) et Radio-Fermont.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook .