La multiplication des événements climatiques extrêmes ( ouragans, pluies torrentielles, canicules…) aura pour effet d'amener plusieurs gouvernements  à revoir le volet adaptation de leur politique à l'égard des changements climatiques.

Bien sûr,  nos gouvernements  avaient déjà saisi les enjeux derrière les bouleversements climatiques, mais les réponses actuelles s'inscrivent dans une perspective à long terme, sans véritable sentiment d'urgence.  La question des changements climatiques a été longtemps confinée aux rencontres scientifiques, à la prospective, à la discussion de scénarios lointains. Paradoxalement,  ce sont les désastres d'aujourd'hui, ceux que nous rapporte la télévision,  qui enfin montre la fragilité de notre quotidien et dévoile notre  « impréparation ».

Mais les  ouragans « exceptionnels » qui ont balayé ces derniers mois le sud des Etats-Unis auront-ils au moins convaincu une partie de l'opinion américaine de prendre au sérieux le réchauffement climatique.  Les images fortes des ces infortunés appelant les hélicoptères  à leur venir en aide ont marqué le pays le plus «puissant» de la planète.  Même si les changements d'attitude se mesurent  sur des années, on peut penser que les coûts faramineux des secours et de la reconstruction auront un impact sur l'économie américaine et les prochaines élections….Il est donc à prévoir que nos voisins du Sud penseront bientôt à s'adapter au réchauffement climatique et peut-on espérer réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.  Il sera difficile d'oublier Katrina.

Ailleurs aussi, en France par exemple, à la suite «  d'événements extrêmes », telle  la canicule meurtrière de 2003, la question des changements climatiques s'est imposé à l'opinion publique. Dans les enquêtes,  la menace climatique est désormais jugée par les Français comme l'une des premières préoccupations environnementales. Voir Un climat à la dérive : comment s'adapter,  www.onerc.gouv.fr

Pour contrer les effets néfastes des bouleversements climatiques, il nous faut plus de connaissances.. c'est-à-dire appuyer des programmes de recherche et de développement, plus de prévention…c'est-à-dire prévoir dans nos politiques publiques et dans nos projets d'aménagements la réduction des gaz à effet de serre et enfin ANTICIPER les conséquences à court et moyen terme des changements climatiques. Même si les gestes individuels comptent comme la consommation d'énergie, les habitudes de vie etc…il n'en demeure pas moins que le principal élément de réponse aux défis des changements climatiques est la volonté politique d'agir, maintenant. Sentez-vous cette urgence….?

Laurent Lepage

Titulaire de la Chaire d'études sur les écosystèmes urbains

Institut des sciences de l'environnement - Université du Québec à Montréal