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Morts au fond de la mine

Jean-Claude Mareschal, le 15 janvier 2006, 15h24

En ce début
d'année, nous avons été choqués par le tragique dénouement d'un accident dans
une mine de charbon en Virginie. Douze mineurs, dont on avait à tort annoncé la
survie, avaient en fait péris au fond de la mine.  Cet accident coïncide avec deux anniversaires.
Il y a exactement cent ans, en 1906, un coup de grisou provoquait la catastrophe
de Courrières. Dans cette mine du Nord de la France, on allait compter 1099
victimes, un des plus meurtriers accidents dans l'histoire des mines de
charbon. Il y a exactement 50 ans, en 1956, 262 mineurs trouvaient la mort dans
la mine du bois du Cazier, à Marcinelle, en Belgique. Pendant près de trois
semaines, les familles ont attendus avec angoisse que les sauveteurs atteignent
la galerie la plus profonde dans laquelle on espérait trouver des survivants.
Comme en Virginie, l'espoir s'était avéré vain.

 

La révolution
industrielle n'a été possible que grâce au courage de ces hommes qui descendaient
au fond des mines et risquaient leur vie pour en ramener le charbon, la seule
source d'énergie de l'époque. Ceux des mineurs qui avaient survécu aux
accidents, mourraient souvent entre 40 et 50 ans de la silicose, les poumons
encrassés par les poussières qu'ils avaient respirées au fond de la mine. Cela pour des salaires de misere: les
mineurs de « Harlan county, USA » ne vivaient guère mieux que ceux du
Borinage ou du Donbass.

 

Le charbon est la
plus abondante des énergies fossiles, et aujourd'hui encore, le charbon
représente exactement le tiers de la consommation mondiale d'energie. C'est aussi la plus
polluante des sources d'énergie. Lorsque les centrales thermiques situées au
cœur de Londres étaient alimentées en charbon, le « smog » tuait des
centaines de personnes chaque année.  Il
n'y a plus de smog à Londres. Par contre, l'air est devenu irrespirable dans
les villes industrielles de l'Oural ou de la Chine et chaque année, des
centaines de mineurs trouvent la mort au fond des mines, dans les Appalaches, en
Ukraine et en Chine.

 

Malheureusement, alors
que la demande d'énergie ne fait qu'augmenter et que le prix du pétrole et du
gaz  est en hausse, le charbon semble économiquement
rentable. Il faut bien craindre que dans les années qui viennent,  des mineurs continueront à mourir dans les
mines des Appalaches ou de l'Ukraine, les centrales thermiques au charbon émettront
des gaz à effet de serre,  et l'air de
certaines villes industrielles sera encore plus irrespirable qu'aujourd'hui.

 

P.S. Suite de la
chronique de la semaine dernière : la triste épopée du Clemenceau continue.
Les autorités égyptiennes n'avaient pas autorise la carcasse du Clemenceau, en
route vers l'Inde, à passer le canal de Suez parce que l'exportation de déchets
dangereux est contraire aux conventions internationales. L'Egypte a cédé aux
pressions du gouvernement français : Les conventions internationales ne s'appliquent
pas aux bâtiments de guerre !

7 commentaires

Portrait de Michel DUPONT

Courrières: coup de poussier et non de grisou.

Cordialement

Portrait de Jean-Claude Mareschal

Merci, Catherine.
Pour plus de detail sur l'accident de Marcinelle, vous pouvez consulter le site du Bois du Cazier: http://www.leboisducazier.be/lg_fr/esp_8aout/play.htm

Portrait de Catherine Degré, 11 ans

Très bon article et c'est dommage qu'ils se soient trompés sur les mineurs...
C'est une drole de coïncidence avec les 2 autres accidents de mine.
Ils devraient arrêter la consommation de charbon car ça polue et c'est dangeureux d'aller en chercher...

Portrait de Jean-Claude Mareschal

En effet, je parlais des mines de charbon. Les accidents ne sont pas très fréquents aux Etats-Unis. Par contre, il y en a plusieurs chaque année ailleurs dans le monde, notamment en Ukraine et en Chine. On en parle beaucoup moins.

Portrait de Yvan Dutil

Je pense que M. Mareschal parlait des mines de charbon américaines, car la chaîne des Appalaches s'étend très loin vers le Sud. Cependant, il ne doit pas y avoir tant de morts que cela sinon on en parlerait plus aux nouvelles.

Portrait de Simon Rousseau

[...]chaque année, des centaines de mineurs trouvent la mort au fond des mines, dans les Appalaches, en Ukraine et en Chine.[...]

Je n'ai pas de chiffres à l'appui pour parler des mines de l'Ukraine ou de la Chine mais les mines d'amiante situées dans les Appalaches (Jeffrey d'Asbestos, Lac d'amiante de Black Lake, les défuntes British Canadian 1 & 2, Normandie, National de la région de Thetford) ou toutes à ciel ouvert, à l'exception de la mine Bell de Thetford.

Aucun incident causant la mort de mineurs n'est survenu à la mine Bell sous terre dans les dix dernières années.

Les autres mines des Appalaches? Murdochville en Gaspésie. Des accidents sous terre? Mine à ciel ouvert aussi. Sources à vérifier...

Portrait de Yvan Dutil

L'accroissement de la production de charbon ne va pas aider le contrôle des émissions de gaz à effet de serre. Le pire c'est que la machine est en train de s'emballer à ce qu'il semble. En effet, le journal britannique Independant rapportait que la concentration du CO2 augmente de plus en plus rapidement.

http://news.independent.co.uk/environment/article338689.ece

À ce rythme, le temps dont nous disposons pour stopper la tendance diminue à vu d'oeil.