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Ce que nous réserve l'espace en 2006

Yvan Dutil, le 16 janvier 2006, 17h59

Pour faire suite au billet précédent j'ai dressé une liste des événements qui marquerons l'année 2006 dans le domaine spatial. En plus des missions, Stardust et New Horizon qui feront l'actualité cette semaine d'autres événements marqueront l'actualité.
 

D'abords des événements historiques. En effet, le 12 avril prochain marquera le 25e anniversaire de premier lancement de la navette spatiale. Curieux retour de l'Histoire, c'est cette année que l'on devrait voir le retour des navettes dans l'espace. Un retour difficile, car la mission de retour en vol, STS-114, a démontré que malgré des investissements majeurs, la navette reste fondamentalement un lanceur à risque. Suite aux problèmes découverts lors de cette mission, le prochain lancement de navette aura lieu au mieux en mai prochain. Pour les autres, on ne sait pas encore. Cette date, le 12 avril,  marque aussi le 45e anniversaire de la présence humaine dans l'espace avec le lancement de Yuri Gagarine.
 
Ce printemps, on attend les premiers résultats de la mission scientifique Gravity probe B. Cette mission, qui s'est terminée en 2005, avait pour but de mesurer l'effet de l'entraînement de l'espace-temps par la rotation de la Terre. Einstein avait-il encore une fois raison? C'est ce que nous saurons sous peu.
 
Au court de l'année, la sonde Cassini continuera l'exploration du système de Saturne. Treize passages rapprochés de la lune Titan nous permettront d'en apprendre plus sur ce monde géle.
On verra aussi cette année le lancement du premier satellite météorologique de nouvelle génération : METOP.  Ce satellite, fruit d'une collaboration entre l'Europe et les États-Unis, est équipé de toute une batterie de nouveaux instruments. Il devrait permettre un gain important en terme de capacité de prédictions météorologiques lorsqu'il sera pleinement opérationnel vers la fin de l'année.
  
Le 10 mars prochain, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter se mettra en orbite autour de Mars. Elle rejoindra les sondes Mars Global Surveyor, Mars Odyssey,  Mars Express ainsi que les deux robots Spirit et Oportunity. Cette sonde possède plusieurs instruments remarquables : HiRISE, une caméra permettra de prendre des images avec 1 m de résolution au sol,  le spectromètre CRISM qui permettra une analyse détaillée de la géologie martienne et le radar SHARAD qui permettra de sonder le sol jusqu'à 1 km de profondeur. La sonde devrait commencer sa mission scientifique vers le mois de novembre.
 
En avril, ce sera au tour de la sonde Venus Express de se mettre en orbite autour de la planète Vénus. Cependant, ce n'est qu'en juin que la mission scientifique commencera. Cette sonde est, la sœur jumelle de la sonde Mars Express, dont elle emprunte la plupart des systèmes et instruments. L'objectif scientifique principal de cette mission est de comprendre la dynamique particulière de cette planète jumelle de la Terre. Vénus recevra aussi la visite de la sonde Messenger en octobre qui utilisera l'effet de fronde pour se diriger vers la planète Mercure.
 
En juin, le satellite scientifique Corot sera lancé. Ce satellite scientifique permettra des mesures photométriques extrêmement précises de groupe d'étoiles. Cette méthode d'observation permettra de mesurer les oscillations stellaires et ainsi de mieux comprendre la structure interne des étoiles. Cet objectif scientifique se situe en droite ligne avec celui du microsatellite canadien MOST, lancé en juin 2003.  Un objectif secondaire de la mission est la détection de planètes telluriques autour d'étoiles. On estime que ce satellite pourra détecter en 50 et 100 planètes. Avec un peu de chance, nous aurons donc une idée du nombre de planètes semblable à la Terre dans notre galaxie d'ici 2008.
 
Le 17 novembre on prévoit lancer la sonde DAWN. Cette sonde spatiale observera les astéroïdes Cérès et Vesta. Elle utilisera un système de propulsion à ion pour atteindre l'orbite de ces astéroïdes. Après son lancement, la sonde utilisera ce système de propulsion pour se mouvoir lentement vers l'extérieur du système solaire. Cette technologie a été testée lors de la mission Deep Space One. Ce n'est qu'en février 2009 qu'elle fera sa première rencontre avec la planète Mars afin de bénéficier de l'effet de fronde gravitationnel.  Par la suite, la sonde utilisera sont système de propulsion ionique pour se mettre en orbite et faire des manœuvres orbitales . Elle arrivera en octobre 2011 à Vesta et restera en orbite autour de cet astéroïde jusqu'en mai 2012. Par la suite, elle rejoindra Cérès en août 2015 pour finir sa mission autour de cet astéroïde en janvier 2016. En cours de route, il est possible que la sonde fasse quelques détours pour observer d'autres astéroïdes.
 
En décembre, nous assisterons aussi au lancement de Radarsat-II. Ce satellite représente un net progrès par rapport à son ancêtre, lancé en 1995, Radarsat-I. D'une part, le nouveau satellite offrira une résolution au sol de 3 m, au lieu de 9 m pour Radarsat-1. Ce qui permettra une analyse plus fine. Une capacité d'analyse polarimétrique complète qui améliore les capacités d'étude de la végétation. De plus, le nouveau satellite pourra faire ses mesures du côté droit ou de côté gauche indifféremment. Cette amélioration permettra de revisiter plus souvent le même site. De même, la programmation du satellite pourra se faire en moins de 24 heures, ce qui permettra de répondre rapidement aux demandes des clients.
 
Avec une résolution spatiale, une flexibilité opérationnelle accrue et une technologie permettant l'observation de jour comme de nuit indépendamment des conditions météorologiques, l'intérêt militaire de Radarsat-II est significatif. Intérêt qui est loin d'être caché par les promoteurs du projet. De plus, Radarsat-2 est équipé d'un système expérimental de détection de cibles mobiles, payé par la défense nationale canadienne.
 
Les capacités militaires du satellite avaient choqué les Américains inquiets qu'elle passe entre de « mauvaises mains ». Ils avaient alors refusé de fournir le lancement à titre gratuit comme cela était initialement prévu.  Le Canada a malgré tout décidé de payer le lancement de sa poche et de faire affaire avec les Russes! Reste à voir si ces capacités seront effectivement mises au service de militaires canadiens qui dans le passé passaient toujours après les clients commerciaux.
 
Bonne Année!