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L'Antarctique aussi!

Jean-Claude Mareschal, le 9 mars 2006, 15h39

La plupart des scénarios des climatologues pour l'évolution de la calotte de glace qui recouvre l'Antarctique étaient plutôt optimistes. Ils prévoyaient qu'en dépit du réchauffement global, la masse de la calotte augmenterait durant le 21e siècle grâce à une accumulation accrue de la neige sur le glacier.

Les données recueillies jusqu'à présent ne confirmaient pas vraiment cette prévision mais étaient trop imprécises; pour l'infirmer. Un article dans la revue «Science» et un communiqué du «Jet Propulsion Laboratory» viennent de montrer qu'au cours des 5 dernières années la calotte Antarctique a perdu 150 km3 de glace par an. Cette fonte contribue à une montée du niveau de la mer de 0.4 mm/par an.

150 km3: cela fait beaucoup d'eau!

C'est presque la moitié du débit annuel du Saint Laurent. Par rapport à la
masse totale du glacier, cela n'est pas beaucoup, mais cela n'incite pas beaucoup à l'optimisme. Si la fonte doit s'accélérer, la montée du niveau de la mer au cours du 21e siècle pourrait être tout à fait catastrophique.

Comment les chercheurs ont-ils réussi à estimer la perte de masse du glacier?

C'est grâce à la mission GRACE (Gravity Recovery And Climate Experiment). Deux satellites distants de 200km suivent une même orbite. Leur distance est mesurée avec une précision micrométrique à l'aide d'un laser. En mesurant les variations de cette distance, il est possible de calculer les accélérations due a la gravité. Les passages répétés permettent de mesurer des variations dans le temps de la gravité. Ces variations sont dues à des variations des masses près de la surface de la Terre. C'est ainsi qu'il a été possible de déterminer la perte de masse de la calotte Groenlandaise et maintenant de celle de l'Antarctique. Malgré une certaine marge d'erreur, il n'y a aucun doute: la calotte Antarctique perd du poids. Même s'il est trop tôt pour l'affirmer, il est probable qu'il s'agit d'une tendance à long terme et qu'elle ne pourra
que s'aggraver.

Pour plus d'information, le site WEB de JPL: http://www.jpl.nasa.gov/news/news.cfm?release=2006-028

P.S. Il Y a 100 ans aujourd'hui, le 10 mars 1906 à l'aube une explosion sous la terre, l'accident dans la mine de Courrières allait faire plus de mille victimes. La catastrophe industrielle la plus meurtrière en Europe.

15 commentaires

Portrait de J. Levasseur

Je fais une recherche avec mon fils de 9 ans sur le réchauffement de la planète et là on nous donne l'accès à des sites explicite que je ne trouve pas vraiment drôle pour mon fils...Je ne reviendrai plus sur ce site.

Portrait de Jean-Claude Mareschal

Merci pour tous ces commentaires. Une serie d'articles parus dans les derniers numeros de la revue Science suggerent qu'il y a de tres serieuses raisons de s'inquieter pour les calottes glaciaires. Il n'est pas necessaire d'accabler la science. Ce sont les missions scientifiques conduites par les pays developpes qui demontrent les effets du rechauffement global. J'en reparlerai dans mon prochain blogue.

Portrait de Yvan Dutil

Pierre,

je me dois de faire quelques correction. L'Antartique n'est pas à -50 toute l'année et partout. Il y a bien des endroits qui sont au-dessus du point de congélation périodiquement et où la glace fond. L'augmentation de la température de la planète ne fera qu'amplifier cette fonte. Ce àa quoi s'ajoute l'augmentation du niveau des océans qui décrochera littéralement la banquise ce qui libèrera les galciers. Les prédictions climatiques ne sont pas simplement le fruit d'une simple extrapolation linéaire mais le résultat de modèle physique. D'autre part, l'échauffement actuel est totalement anormal statistiquement parlant d'autre part.

Portrait de Pierre

Il faut distinguer les 2 pôles :
au pôle nord il n'y a pas de terre mais de la glace au dessus de l'Océan. Si la banquise fondait au cours du réchauffement de l'atmosphère au cours du XXI è sicle, le niveau des mers resterait quasi constant : voir l'expérience trivial de la fonte d'un glaçon dans un verre d'eau.

Au pôle sud il existe un continent recouvert de glace. La température est de l'ordre de -50 °C, en cas de réchauffement de 10 °C, la température serait de -40 °C, donc sans fonte de glace.
L'épaisseur de la glace dépend de la pluviométrie et non de la variation de la température.
Il n'existe pas de causes objectives et observables de variation des pluies en Antartique. Donc la diminution de l'épaisseur de la glace me semble due à des fluctuations de pluviométrie et non d'une tendence de fond.
Il n'est pas scientifiquement fondé de prolonger indéfiniment une tendence observée ponctuellement.
Sinon l'homme mesurerait 4 mètres de haut vers l'an 3000, la population de l'Allemagne serait nul en l'an 2100 etc. etc. stupidités !
Salutations.

Portrait de Pierre

Il faut distinguer les 2 pôles :
au pôle nord il n'y a pas de terre mais de la glace au dessus de l'Océan. Si la banquise fondait au cours du réchauffement de l'atmosphère au cours du XXI è sicle, le niveau des mers resterait quasi constant : voir l'expérience trivial de la fonte d'un glaçon dans un verre d'eau.

Au pôle sud il existe un continent recouvert de glace. La température est de l'ordre de -50 °C, en cas de réchauffement de 10 °C, la température serait de -40 °C, donc sans fonte de glace.
L'épaisseur de la glace dépend de la pluviométrie et non de la variation de la température.
Il n'existe pas de causes objectives et observables de variation des pluies en Antartique. Donc la diminution de l'épaisseur de la glace me semble due à des fluctuations de pluviométrie et non d'une tendence de fond.
Il n'est pas scientifiquement fondé de prolonger indéfiniment une tendence observée ponctuellement.
Sinon l'homme mesurerait 4 mètres de haut vers l'an 3000, la population de l'Allemagne serait nul en l'an 2100 etc. etc. stupidités !
Salutations.

Portrait de Huberte Favilus

Avec toute les informations que nous recevons concernant le rechauffement climatique de la terre et en lisant cet article, il est evident qu'a long terme nous nous dirigeons vers une catastrophe. Je dois admettre qu'en tant que citoyenne de cette terre, je suis tres inquiete car il me semble qu'il n'y a pas grand chose a faire que d'attendre que l'inevitable se produise. Nous vivons dans un monde sur-pollue et il me semble que malgre les campagnes de sensibilisation, quelques lois pour les entreprises qui polluent, le probleme y est toujours.

Portrait de Yvan Dutil

Moi et Robert Lamontagne avons discuté de ce sujet dans le blogue Astronomie. En gros, le changement climatique du passé sont dûs àa une variation de l'insolation solaire. D'après les données que nous avons, seulement 50% du rechauffement observé pourrait être attribué au Soleil.

"J'ai entendu dire que certains scientifiques ne semblent pas alarmés outre mesure par la fonte de la calotte glacière dans le Pôle Nord. Aux dires de certains, cette dérive fait partie du cycle normal du réchauffement de la planète. D'ailleurs, comment expliquer que la terre ait déjà connu un réchauffement alors que l'espèce humaine n'était même pas dans la volonté de la Nature. Les dinosaures étaient les seuls à payer le prix. Il est dû à quoi alors ce dérèglement? Météorite, selon mes lectures. En est-on certain?
Finalement je me demande quelles sont les probabilités que cette fonte intervenue au cours des 20 dernières années soit due a des variations climatiques naturelles? .""

Portrait de Suzanne Plourde

Même si les études démontrent que la masse de la calotte Groenlandaise et celle de l'Antarctique ne pourra que s'aggraver, je crois que nous devons agir en êtres responsables et intervenir car l'être humain fait partie de l'environnement de la planète. Tout comme nous, la planète évolue, vieillit, se détériore. Une certaine détérioration due à nos activités est normale. Là où il y a un problème, c'est quand nos activités ont un impact trop élevé. Nous devons donc nous questionner sur la nécessité de certaines activités polluantes. Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour que la planète vive le plus longtemps possible ? Devrions-nous réduire nos déplacements qui utilisent du combustible non-renouvelable ? Nos habitudes de consommation ne pourraient-elles pas être révisées afin de limiter les polluants ? Voulons-nous limiter les recherches scientifiques en réduisant l'activité humaine ? Voilà quelques questions auxquelles nous devons réfléchir si nous voulons que la planète vive le plus longtemps possible.

Portrait de Kamal Lounaci (RED 2040)

J'ai entendu dire que certains scientifiques ne semblent pas alarmés outre mesure par la fonte de la calotte glacière dans le Pôle Nord. Aux dires de certains, cette dérive fait partie du cycle normal du réchauffement de la planète. D'ailleurs, comment expliquer que la terre ait déjà connu un réchauffement alors que l'espèce humaine n'était même pas dans la volonté de la Nature. Les dinosaures étaient les seuls à payer le prix. Il est dû à quoi alors ce dérèglement? Météorite, selon mes lectures. En est-on certain?
Finalement je me demande quelles sont les probabilités que cette fonte intervenue au cours des 20 dernières années soit due a des variations climatiques naturelles? .

Portrait de Philippe Mangerel (RED 2040)

Ainsi l'on se rend compte soudain que l'Antarctique fait bel et bien partie de la planète Terre et que les missions nombreuses qui y ont lieu, et qui ressemblent tant à de populaires missions sur Mars, ne peuvent que prouver enciore et encore que c'est le monde entier qui se voit concerné par le réchauffement climatique. Comment a-t-on pu croire qu'alors qu'un des pôles fond, l'autre peut s'agrandir ? Cela semble irréaliste.
À moins qu'il ne s'agisse d'une preuve de plus d'un certain nombrilisme exacerbé des pays qui y organisent des missions, c'est-à-dire les pays les plus riches de la planète. Seuls ceux-ci se confortent dans des recherches qui les déculpabilisent, et usent de la science à leur escient.
Preuve que la science, après tout, et malgré le grand mirage de son objectivité, sert parfois - et peut-être plus souvent qu'à son tour - les desseins propagandistes des pays suffisamment fort financièrement et technologiquement pour la maîtriser.
Faire croire que la glace de l'Antarctique ne fondrait pas, à l'opposé de tout le reste, n'est-ce pas faire croire en dépit du bon sens aux nombreux enfants (en pré-adolescence ou en pleine crise hormono-existentielle) de la Terre que le père Noël existe encore ?
Si l'on élève désormais la science au-dessus de tout autre principe, il semble qu'il y ait tout de même un principe qui la transcende et auquel tous tentent de se rattacher : le mythe scientifique. Celui qui veut que la science remplace tous les dieux du Panthéon, celui qui veut que le science explique et rassure et sauve, celui qui veut que la science ait réponse à tout, celui qui veut que la science élimine toute trace d'ombre, celui qui veut que la science porte une majuscule énorme et ne soit pas - bizarrement - une intervention de l'homme sur la nature mais bien une intervention d'une divinité panthéiste et toute-puissante sur l'homme.
Car après tout, si l'Arctique fond et pas l'Antarctique, quelle sorte de pensée magique est-ce que celle-là ?

Portrait de Marie Élaine Roy (RED2040)

Je commence à percevoir la planète terre dans sa globalité comme une île sur laquelle j'ai abouti et je me sens outrée de ce qui lui arrive. Que faire maintenant pour ne pas perdre l'irremplaçable?

L'humanité est forcée de constater que la terre est une entité à la fois forte et vulnérable. Comme nous, elle a un rythme qui lui est propre, comme nous elle agit, interagit et réagit. De toute évidence, l'activité humaine des cinquante dernières années lui a porté de durs coups. En écoutant Hubert Reeves, astrophysicien et vulgarisateur, j'ai compris que l'effet de serre, principalement causé par la propagation massive du gaz carbonique rejeté dans l'atmosphère par nos véhicules, se compare à une cloche de verre qui laisserait passer les rayons du soleil sans en laisser ressortir la chaleur; tel un four à micro-ondes. Cela me rappelle la chaleur accablante de l'été dernier. Devant ces bouleversements climatiques, ma conscience n'est plus la même. Je suis en quête d'un nouveau rapport avec ma planète, peut-être inspiré des peuples primitifs dont l'approche animiste envers la terre nourricière, leur a permis de vivre en parfaite harmonie avec elle pendant près d'un million d'années.

Portrait de Chantal Savaria (RED 2040)

Très préoccupant que cette question de la fonte des glaciers. À ce sujet, un commentaire pris au hasard à l'émission de Joël Le Bigot (Samedi et rien d'autre), du biologiste et cinéaste Jean Lemire, justement en mission en Antarctique à bord du Sedna IV, faisait image : "Étudier les changements climatiques, c'est une chose, les vivre en est une autre. Tout fond, y compris les trappes de glace qui gardaient la nourriture de l'hiver. Résultat : les légumes sont complètement décongelés..." Un défi majeur que l'équipage a dû surmonter pour la survie de la mission. Je suis maman de deux jeunes enfants et à la vitesse où vont le choses, je me demande bien à quels défis (probablement énormes) eux et les générations suivantes auront à faire face... Cependant, tout comme Mélodie (voir 2006-03-23), je crois que nous devons réagir et AGIR dès maintenant, à notre portée. Et surtout, "réaliser" que l'effort de conscientisation, quoique bel et bien amorcé, ne touche pas qu'une poignée d'individus, mais que nous sommes tous dans le même bateau et donc CONCERNÉS!

Portrait de Patricia Dubois (RED2040)

Oui, le réchauffement de la planète a d'ores et déjà des conséquences désastreuses ! La hausse du niveau de la mer a de quoi faire frémir... Ce sont les villes côtières qui sont en danger, mais aussi et surtout les populations qui y vivent... Pensons aux Pays-Bas, situés sous le niveau de la mer - qui avec leurs moulins assèchent les poudlers. Ils ont de beaux jours devant eux ! Au Bangladesh, régulièrement touché par les inondations. À la Nouvelle-Orléans, pas encore remise de Katrina - et la nouvelle saison des ouragans approche ! Des trésors vont disparaître : Mont Saint-Michel (en France), les îles Fidji, et j'en passe. C'est une tendance irréversible, dit-on. Quand est-ce que les gouvernements vont se réveiller et mettre en place des mesures draconiennes pour sauver notre belle planète... avant qu'il ne soit trop tard ? J'ai peur pour moi, j'ai peur pour nous, j'ai surtout peur pour mes enfants. Quel monde allons-nous leur laisser ?

Portrait de A-M Cinq-Mars

Pardonnez le jeu de mots douteux mais il est pourtant de circonstance : entendre parler du réchauffement de la planète fait… frissonner. Car, qu'il s'agisse de l'Antarctique ou de l'Arctique, le problème reste le même et démontre bien le piètre état dans lequel l'activité humaine a mis la planète. La société industrielle, le déboisement, l'utilisation de combustibles fossiles ont généré plus de gaz à effet de serre que la planète peut en absorber, contribuant à déstabiliser l'équilibre de l'atmosphère et entraînant des conséquences désastreuses. Parmi celles-ci, la fonte accélérée de la calotte glaciaire représente une terrible menace à la fois pour différentes espèces d'animaux (les manchots, les ours polaires et les phoques, notamment) et pour les populations des régions éloignées, qui vivent de la chasse et de la pêche et qui seront poussées à l'exode. Sans parler des répercussions que provoquerait une élévation du niveau des mers (près de sept mètres, d'après les estimations des scientifiques). De quoi rayer de la carte à peu près toutes les villes côtières du globe. Pas grave, direz-vous. On peut s'en sortir. Vite à nos voitures polluantes qui produisent des gaz à effet de serre…

Portrait de Mélodie Lepage (red 2040)

Il est vrai que nous devons nous préoccuper du réchauffement de la planète et de la fonte des glaces mais je crois que de parler d'une possibilité de catastrophe est d'amoindrir la situation actuelle qui, à plus petite échelle, est tout aussi critique. J'ai grandit sur la Côte-Nord où les hautes berges du fleuve St-Laurent disparaissent à vue d'œil ! Les résidences centenaires qui les bordent sont carrément avalées par les ravins causés par les vagues. Et la situation s'aggrave chaque année. Alors pour cet exemple, un parmi des milliers d'autres, nous devons nous préoccuper MAINTENANT des répercussions réelles de la fonte des glaciers.