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Poulets et génétique: Une bonne combinaison!

Isabelle Boutin-Ganache, le 21 mars 2006, 8h54

Le blogue de cette semaine vous parvient de l'autre côté de l'océan Atlantique, au cœur même de Toulouse la ville rose où j'y effectue un stage de bioéthique. Depuis le retour du beau temps, les oiseaux et autres volatiles s'en donnent à cœur joie suscitant craintes et inquiétudes dans toute la France. Le coupable : H5N1 ou le virus de la grippe aviaire.

Originaire d'Asie, ce virus affecte toutes les espèces d'oiseaux, dont les oiseaux d'élevage sensibles aux infections. Virus très pathogène, il peut tuer jusqu'à la totalité des oiseaux infectés et se transmet facilement d'un animal à l'autre.  L'infection se propage rapidement en Asie en raison de l'explosion de la demande de volailles pour la consommation et des mauvaises conditions d'élevage. La grippe aviaire de souche H5N1 est actuellement détectée en Asie, en Europe et en Afrique.

La grande question concernant le virus de la grippe aviaire demeure sa possible transmission à l'humain. Les experts estiment heureusement que ce virus n'est pas facilement transmissible d'oiseau à humain ou encore d'humain à humain (Voir La Presse du 10 mars : La grippe aviaire en 6 questions). Par ailleurs, l'Organisation Mondiale de la Santé confirme 52 cas d'humains infectés par le virus de la grippe aviaire depuis le 28 janvier 2004, dont 39 décès (WHO,www.who.int/csr/disease/avian_influenza/country/cases_table_2005_01_21/en/). Ces personnes ont eu pour la plupart un contact rapproché avec des oiseaux d'élevage malades. Mais les experts canadiens estiment que le H5N1 possède la capacité de muter et de devenir transmissible à l'humain. S'ensuivrait alors un risque de pandémie de grippe aviaire. D'où le grave problème pour la santé publique. Comment prévenir le développement possible de cette pandémie ? C'est là que la génétique intervient.

À la fin de janvier 2006, des chercheurs américains ont réussi à séquencer la totalité du génome du virus H5N1 à l'aide d'outils de génomique. Ce virus possède 2196 gènes (On évalue en ce moment que l'être humain en possède 30 000 – les évaluation changent avec l'avancement des connaissances…). Les résultats furent publiés dans la revue scientifique Science mettant ainsi la séquence à la disposition de l'ensemble de la communauté scientifique. Le séquençage du H5N1 a permis de déterminer son mécanisme de virulence qui provient essentiellement d'une protéine perturbant l'ensemble du processus cellulaire et favorisant la survie du virus (Futura-sciences, 16 mars 2006, www.futura-sciences.com/news-grippe-aviaire-enfin-vaccin-contre-virus-h5...).

La génétique fournit aussi de nouvelles pistes d'étude pour le développement d'un vaccin. Diverses stratégies sont élaborées :
- Première stratégie : Faire croître le virus dans des œufs fécondés vivants. Le virus s'y multiplie, en est extrait, purifié et tué. C'est ce virus mort qui sert ensuite à la production d'un vaccin. Le seul problème : le virus de la grippe aviaire s'attaque aux embryons de poulet dans les œufs. La solution : Enlever les gènes responsables de la virulence du virus chez les oiseaux. Ce virus modifié sera utilisé pour produire le vaccin.
- Deuxième stratégie : Un peu plus futuriste que la première déjà utilisée pour le vaccin de la grippe humaine, elle consiste à se servir de la recombinaison génétique pour un vaccin. Le truc : Insérer des bouts d'ADN inoffensifs de H5N1 dans un banal virus désactivé, celui du rhume. Inoculé chez un receveur humain, ce virus du rhume modifié permet la production d'antigènes efficaces contre le H5N1. Des résultats intéressants ont été obtenus par des équipes scientifiques américaines (Lancet du 11 février 2006(367) et le Journal of virology de février (80)).
- Dernière stratégie : L'injection pure et simple de fragments d'ADN du virus qui, une fois dans le corps, permettent la production d'une protéine induisant des anticorps contre H5N1 (Doctissimo, 2006, www.doctissimo.fr/html/dossiers/grippe-aviaire/9391-vaccin-grippe-aviair...).

Plusieurs pistes de recherche sont donc poursuivies actuellement. Le problème consiste à savoir si les vaccins seront efficaces contre le nouveau virus H5N1 qui a muté pour devenir pathogène chez l'être humain.

Le cas de la grippe aviaire soulève plusieurs questions du domaine de l'éthique, de la santé publique et de la société. Sachant que ce sont les pays occidentaux qui développent actuellement des moyens et des ressources pour se préparer à l'éventualité d'une épidémie de grippe aviaire, comment effectuer une juste distribution des ressources à l'échelle planétaire ?  La bioéthique a-t-elle un rôle à jouer dans la santé publique ? Comment ne pas accroître, en cas d'épidémie, la disparité déjà existante entre le Nord et le Sud ? Toujours en cas d'épidémie, existera-t-il de la discrimination chez la populations touchées ? Qui aura accès aux vaccins en cas de production limitée ? Les citoyens peuvent-ils prendre part à la prise de décision en matière de santé publique ?

Devant ces questions et de nombreuses autres, la parole est à vous !

Au plaisir d'échanger avec vous.

Marianne Dion-Labrie*
Hubert Doucet*
Isabelle Ganache*
Bastien Llamas
Céline Durand*
*Groupe de recherche en bioéthique de l'Université de Montréal

16 commentaires

Portrait de Jean

"Le Sénat Américain a déjà voté un budget de 3,9 milliards de dollars pour acheter des vaccins et des médicaments antiviraux.

Afin de fabriquer un vaccin spécifique contre un virus mutant H5N1 transmissible à l'homme, il faudrait tout d'abord que ce virus de la grippe aviaire transmissible à l'homme existe.

Ce sont les gouvernements qui sont en train de fabriquer un vaccin contre la grippe aviaire, dont l'effet sera précisément de répandre cette pandémie.Cette hypothèse vous semble-t-elle absurde ?
L'accumulation de vaccins par les gouvernements ne peut que profiter aux sociétés pharmaceutiques. On considère que le Tamiflu serait efficace contre la grippe aviaire:L'efficacité et l'innocuité n'ont pas été prouvées. Il faut aussi noter que ce médicament provoque de nombreux effets secondaires.

¨La Société Merck tristement célèbre pour avoir produit le premier vaccin contre l'hépatite B, responsable du déclenchement de l'épidémie de SIDA.¨

Emma Ross, journaliste à l'Associated Press, avait publié des articles sur la manière dont l'OMS avait lancé son "plan de crise pour éradiquer l'épidémie de pneumonie atypique". Vous savez sans doute que l'OMS est l'une des organisations qui dépendent de l'ONU, et qu'elle a été accusée de répandre le SIDA en Afrique, sous couvert de campagnes de vaccination contre l'hépatite B et la poliomyélite. Il existe un certain nombre de faits précis qui étayent cette accusation.

Il est troublant de savoir que les Nations Unies sont très fortement influencées par certains membres de la famille Rockefeller, qui possèdent des intérêts dans les industries pétrochimique et pharmaceutique.Au cours de la seconde guerre mondiale leur "Standard Oil Company" ont soutenu Hitler.Cela a été reconnu devant les tribunaux. Un juge fédéral a décidé que Rockefeller avait commis une "trahison" envers les Etats-Unis. Après la seconde guerre mondiale, selon l'avocat John Loftus, enquêteur officiel sur les crimes nazis.

John D. Rockefeller s'est joint à Prescott Bush, ainsi qu'à la famille royale anglaise, pour financer les initiatives "d'amélioration de la race" qui ont donné naissance aux programmes "eugéniques" d'Adolf Hitler. Au cours de cette même période, la famille Rockefeller a pratiquement monopolisé l'industrie pharmaceutique.

Dr Léonard G. Horowitz

Le terme "iatrogénocide" est dérivé de la combinaison des mots "iatrogénèse", signifiant maladie occasionnée par les médecins, et "génocide", défini comme le meurtre de masse et/ou asservissement du peuple pour l'économie, la politique et/ou l'idéologie.

Portrait de william

Il est vrai que le virus ne peut pas se transmettre entre humain a lheure actuelle mais il le fera un jour et quon le veuille ou non. Pourquoi nest il pas dangereux pour lhomme a lheure actuelle? Par ce quil nest pas specifique du recepteur humain. Peut il le devenir? Oui, car il existe des porteur sains qui ont les 2 recepteurs, celui des oiseaux et celui de lhumain et cest chez ces porteurs sains que pourra soperer la mutation ou la recombinaison car il y aura recombinaison entre le virus mortel pour loiseau et celui qui contamine les hommes chaque annee. Et cest a ce moment que le virus deviendra dangereux.
Peut on prevenir, je ne pense pas mais je ne suis pas specialiste car on ne sait pas sous quelle forme va arriver le virus contagieux et donc tous les vaccins ne seront pas specifiques.
A mon avis une amelioration seait deviter au maximum le contact avec les oiseaux de facons non securitaires. Et donc daider les pays africains a se proteger correctement...mais bon la je delire car ca ne se fera jamais.
Cest quand meme interessant de voir que les gens pensent de plus en plus que la nature se vengent de lhomme par le biais des virus... et que de soccuper un peu de la nature changera quelque chose par rapport au virus. Je sui daccord quil faut soccuper de la nature mais ca ne changera pas le fait quil y aura toujours un predateur de lhomme.

Portrait de Sandra Lafontaine RED2040

Pour l'instant, aucune preuve n'a été rapportée que le virus pouvait se transmettre entre êtres humains. Cette crainte, si médiatisée, serait-elle au cœur de la panique installée présentement ? Il est certain qu'une éventuelle pandémie est très alarmante mais j'ai tout de même l'impression que les médias installent un climat de peur démesuré en « répandant » chaque mort, due à ce virus, dans toutes les tribunes imaginables. Avec toute cette aseptisation que connaissent les populations des pays « développés », le corps humain deviendrait-il plus vulnérable ? Est-ce dans cette manière détournée et terrorisante que nous devons comprendre la fragilité de nos défenses naturelles ?

Portrait de Micheline Therrien

Advenant une épidémie de grippe aviaire, je préfère demeurer en Occident quand je pense ce qui se passe avec le sida. Probablement que le même phénomène se poursuivrait à savoir que certains pays seraient oubliés parce que pauvres. Et si c'était l'argent, le pire fléau de l'humanité ou plutôt la mauvaise répartition des richesses ! Si jamais l'épidémie de la grippe aviaire se répandait à l'échelle mondiale, pourquoi y aurait-il une production limitée du vaccin ? Ne sommes-nous pas prêts à en produire en quantité suffisante pour la contrer à l'échelle planétaire ?

Portrait de Karine Boutin Red2040

Sans vouloir être fataliste,dû à sa mutation, je ne crois pas à l'éventualité d'un vaccin en cas de pandémie. Et même si cela devenait possible, il serait utopique de croire qu'il serait produit en quantité suffisante pour vacciner tous les pays industrialisés,donc encore moins les pays sous-développés. La maladie elle ne fera pas de discrimination. Ce n'est pas juste que $ décide de vie ou de mort, mais c'est de plus en plus comme ça!

Portrait de Julie Racette Cours RED 2040

La problématique de la grippe aviaire semble inquièter la population de façon considérable, malgré le fait que ce n'est pas encore transmissible d'humain à humain. Ce volet n'est peut-être pas assez publicisé de la part de médias. Selon moi, au lieu d'en parler sans cesse de la part des gouvernements et du ministre de la santé, en disant "nous sommes prêts" l'essentiel serait à mon avis de se concentrer sur une solution juste et accessible à tous afin de pouvoir faire face au problème lorsque le moment sera venu. Plusieurs ont étées mentionnées ci-dessus, mais est-ce qu'il y en a une qui a été adoptée à l'unanimité par les dirigeants de la santé? Je crois que la décision leur revient, ensuite, la population pourra en être avisée et les mesures pourront être prises.

Portrait de Julie Lepage - Cours RED 2040

Par définition, la grippe n'est-elle pas toujours d'origine aviaire? Pourquoi nomme-t-on cette grippe "aviaire" plus que n'importe laquelle?

Portrait de Etienne Guay

Scénario apocalyptique du film H5N1

Ce film met en vedette l'humanité dans son incapacité à prevenir et à contrer un virus. Ce virus, bien que difficilement transmissible aux humains à ses débuts a muté et terrasse les hommes un à un. Des continents entiers sont dépeuplés de toute forme de vie animale. C'est l'apocalypse.

Bien entendu, Arnold le gouverneur Californien aidé par ses bazookas et ses muscles en acier réussira à sauver la partie du monde la plus importante: l'Amérique. Happy End.

Tout le monde est content, de plus le film récolte trois oscars.

Je blague un peu sur le fait que la plupart des gens sont mal informés par rapport à ce virus. Depuis quelques semaines, je lis pratiquement tous les articles qui paraissent dans les quotidiens de Montréal et lorsque je compare ce que j'ai lu avec ce que certaines personnes me racontent il y a en effet un certain décalage. Plusieurs utilisent déjà le mot épidémie, pour désigner le fléau H5N1. À ce que je sâche, il ne s'agit même pas encore d'une pandémie. On dirait de toute facon que l'on préfère s'intéresser à ce qu'il adviendra si ce virus se transmet d'humain à d'humain plutôt que de savoir comment diminuer les risques de propagation de tous les virus.

Par exemple, je travaille à temps partiel au département d'hygiène et salubrité d'un hôpital depuis 2 ans et je suis toujours surpris que nous n'ayons pas eu aucune formation en matière de contamination par un virus. La seule chose qu'on a trouvé bon de nous dire en matière de virus c'est d'utiliser tel ou tel autre produit pour laver les chambres de patients sans même faire mention de l'équipement que nous devrions porter pour protéger notre santé.

Je crois que des postes d'infos devraient être placés dans le hall d'entrée de tous les hôpitaux du Québec en permanence pour informer le public sur certains comportements à risque en matière de contamination virale. Parce qu'en ce moment, je sens que les gens, en particulier en ce qui a trait au H5N1, sont mal-informés et demi-informés et s'en remmettent au plan imaginé par le Ministre Couillard et son équipe. Bien que j'ai confiance en cet homme, il est utopique de penser qu'il pourra tout sauver, surtout si la population n'est pas sensibilisée et préparée à une possible pandémie.

Portrait de Suzanne Cyrenne -28 mars 2006

Il faudrait peut-être rappeler aux compagnies pharmaceutiques qui hésitent de produire un vaccin pour prévenir plutôt que guérir parce qu'il n'est pas assez payant, que si nous mourrons tous de cette maladie, nous ne pourrons guère acheter la panoplie de médicaments qu'il leur reste encore à produire pour continuer à remplir les coffres. De plus, qu'il s'agisse du sida ou de la grippe aviaire, c'est notre société qui n'a pas respecté les règles de base qui étaient là pour nous protéger. Il faut maintenant payer le prix, et prix il y aura à chaque fois que nous ferons fi de ces règles. Plus nous vivrons en harmonie avec notre planète, plus elle sera là pour assurer notre survie, c'est l'avidité humaine qui nous tue. Espérons que cette même avidité ne fera pas entrave aux efforts pour contrer les ravages de cette nouvelle pandémie.

Portrait de Bastien Llamas

En réponse à Ariane, on ne soigne pas une grippe (pas plus qu'un rhume d'ailleurs). Il faut laisser notre corps combattre le virus, et l'aider en atténuant les symptômes (fièvre, courbatures et douleurs musculaires, toux, mal de gorge, écoulement nasal). La prise d'antibiotiques n'est pas efficace contre un virus, mais elle peut être recommandée si le rhume ou la grippe s'accompagne d'une infection bactérienne opportuniste (sinusite, otite, laryngite, pneumonie...). Enfin les plus jeunes et les ainés sont particulièrement exposés car leur système immunitaire n'est pas forcément assez robuste pour faire face à une agression virale.

Pour répondre à Laurence, lorsque le virus sera pathogène pour l'homme il se transmettra de la même façon que les autres virus du rhume ou de la grippe : contacts avec les mains (mais il faut ensuite se toucher la bouche, le nez ou les yeux), projections suite à un éternuement ou à la toux. Le virus de la grippe change tous les ans, et il suit des cycles d'épidémies aggravées (10 ans environ). Il est sous la surveillance des milliers d'épidémiologistes d'année en année, et le fameux H5N1 a ceci de particulier qu'il est le premier vraiment pathogène dont l'arrivée est prévue, annoncée et (presque) planifiée.

Enfin pout tout le monde, et ceci n'engage que moi. Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais il faut un délai de trois a quatre semaines entre l'injection d'un vaccin et la mise en place de réponses immunitaires adéquates dans l'organisme. En clair, un vaccin est préventif et permet de se préparer à faire face efficacement à une infection. Comme l'immunologie suit des lois qui ne changeront pas malgré l'urgence d'une campagne de vaccination en cas de pandémie, je me demande pourquoi les pouvoirs publics continuent de nous bercer d'illusions et nient de façon ridicule qu'il vaut mieux prévenir que guérir.

Portrait de Laurence Blais-Pelletier

Ne m'y connaissant pas particulièrement en science, je n'ai face à ce sujet, que des questions... Par exemple, tout le tollé qui se fait dans les médias à propos de la grippe aviaire a-t-il vraiment sa raison d'être ? Je me demandais aussi, malgré le fait que vous dites que la contamination d'humain à humain est difficile et rare, se fait-elle de la même façon qu'une grippe ordinaire ?

Portrait de Ariane Montesano

En lisant votre blogue, j'ai été surprise de constater que le vaccin contre le virus H5N1 n'existait pas encore! Le ministre Couillard l'a pourtant inclus dans son plan d'action contre la grippe aviaire, on discute de sa disponibilité, on se demande si la répartition sera équitable.
Bien que la création d'un vaccin semble imminente, celui-ce ne peut pas exister sans un virus à combattre. Ledit virus, si je me fis à vos propos, est encore en mutation. N'est-ce pas très optimiste de croire que le vaccin verra le jour avant la pandémie? De plus les compagnies pharmaceutiques voudront-elles produire en quantité suffisante un vaccin qui prévient la transmission du virus ou opter pour la commercialisation d'un médicament qui guérit la maladie? Qu'est-ce qui est le plus rentable, prévenir ou guérir?

Portrait de Sophie Ah kam

Devrions-nous nous préparer au pire? La pandémie de la grippe aviaire sera-t-elle aussi virulente et contagieuse que la grippe espagnole de 1918? Sommes-nous prêts? Depuis trois semaines, le ministre de la santé ne cesse de se préparer au pire. "Mieux vaut prévenir que guérir", affirme le ministre Couillard. Même un communiqué diffusé aux nouvelles rassure la population québécoise. On parle d'un plan déjà mis sur pied pour mieux gérer cette éventuelle attaque. Le ministre affirme qu'il n'y aura pas assez de vaccins pour tout le monde, mais avec le plan préparé, c'est la population atteinte qui seront prioritaire.

Portrait de Alexandre Soulières

Selon le plan québécois de lutte à une pandémie d'influenza du gouvernement du Québec, une telle pandémie s'échelonnerait sur une période de 8 semaines et toucherait environ 35% de la population du Québec. Est-ce que vous êtes en mesure de m'informer sur les critères que le ministère utilisent pour faire des projections du genre ?

Également, pensez-vous que ce plan est réalisable advenant cette pandémie?

Merci beaucoup et félicitations pour la rigueur de vos propos! C'est également très informatif.

Portrait de Dominique Bernier

Je ne peux probablement pas me mesurer aux connaissances bioéthiques de mes hôtes mais je m'aventurerai néanmoins vers une réflexion sur ce dit génome H5N1.

Les scénarios-catastrophes paraissent souvent les moins probables, mais les pandémies passées et la science du risque ont montré qu'il fallait non seulement envisager le pire, mais surpondérer certains facteurs de risque. Le manque de vaccins, la faible réactivité ou la monothérapie pour un virus qui aurait la réputation de muter facilement en sont quelques-uns; mais il y a aussi les facteurs contextuels, à savoir les facteurs politiques, psycho-religieux et socio-environnementaux sur lesquels on ne peut agir ni immédiatement, ni facilement. Et que dire de la vitesse de régression de la biodiversité et des habitats naturels, qui n'a pas d'équivalent dans le passé de l'humanité ?

Sans vouloir être à ce point fataliste, je relance tout de même la question... Peut-on réellement savoir à quel point l'être humain saura se départir de ce fléau on ne peut plus à l'ordre du jour ???

Portrait de Louiselle Lechasseur - 2006-03-25  14:50

Concernant les oiseaux et autres volatiles, je dirais qu'il est dans leur nature de voler et qu'il est à souhaiter qu'ils puissent le faire librement. Il ne faudrait surtout pas que nos craintes des maladies nous amènent à rejeter le blâme sur les animaux. Ce ne sont pas eux qui polluent la terre et qui ont toujours la manie de vouloir aller contre la nature des choses, mais c'est bien nous, les humains. Et les mauvais traitements que nous infligeons à la terre et aux animaux se retournent contre nous.

Quand je dis que nous faisons ça, je sais bien que la plupart parmi nous aimeraient bien faire, sauf que nous laissons trop faire.

Soucions-nous de la planète, du monde, des animaux et des choses et il y a des chances que les problèmes soient moins nombreux.