Claude Allègre est un géochimiste renommé, ancien ministre français de l’éducation nationale, et l’auteur d’une douzaine de livres. Tant comme chercheur que comme homme politique, il est connu pour son originalité et son franc-parler. La conférence sur les défis du XXI siècle qu’il a donnée au cœur des sciences de l’UQAM n’aura déçu ni ses admirateurs, ni ses détracteurs. Il a fait un état relativement optimiste des grands problèmes de l’environnement avant de nous exhorter à faire face aux défis que nous lancent les changements globaux tant annoncés.

Ces changements concernent surtout la population, le climat, l’eau, et l’énergie.

La population mondiale augmente encore aujourd’hui. Toutefois les modèles démographiques suggèrent que la population mondiale va se stabiliser au cours de la première moitié du XXI siècle. En même temps, la répartition géographique de cette population va changer, avec augmentation très forte de la population en Afrique, stabilité en Europe, déclin dans certains pays, principalement la Russie. La distribution des ages va aussi beaucoup changer, avec une population plus vieille. Comment les sociétés s’adapteront-elles ?

Claude Allègre ne pense pas qu’il faille tant s’inquiéter du réchauffement global. Par contre, il craint que ce réchauffement s’accompagne d’une augmentation des événements extrêmes (ouragans, canicules, etc.).

Le problème des ressources en eau est posé depuis très longtemps. Chaque jour, des milliers de morts sont dues à l’insuffisance de ces ressources disponibles et la mauvaise qualité de l’eau. Aujourd’hui déjà, les ressources sont inégalement distribuées entre pays riches et pauvres. Certaines régions peuvent être touchées à la fois par des inondations à répétition et une baisse de la nappe phréatique et de leurs ressources en eau. Autre exemple de la mauvaise gestion de notre environnement! Les effets climatiques et démographiques ne vont qu’amplifier l’inégalité des ressources en eau au cours du prochain demi siècle.

Personne ne sait avec certitude quelles sont les réserves mondiales de pétrole ni quand la production va commencer à décroître. Sur ce point aussi, Claude Allègre semble optimiste, mais cet optimisme est fondé à la fois sur l’espoir de voir une utilisation efficace des ressources énergétiques et le développement de l’énergie nucléaire et de nouvelles sources. Même si les ressources en pétrole et gaz vont durer quelques dizaines d’années, il faut bien entendu préparer l’après pétrole.

Il n’y a plus aujourd’hui d’espace vierge sur Terre. Il n’y a plus de territoires nouveaux à découvrir et coloniser. Nous ne coloniserons pas les autres planètes. Les changements à venir sont inévitables, mais c’est leur variabilité dont il faut le plus s’inquiéter. C’est aussi le risque de voir les inégalités s’amplifier ! Ces défis, Claude Allègre croit que l’humanité entière peut les affronter mais que cela demandera surtout une redécouverte des enjeux collectifs, et plus de solidarité à l’échelle de toute la planète.

On peut débattre à l’infini sur chacun des points que Claude Allègre a soulevés dans sa conférence. Mais on doit reconnaître la nécessite de l’optimisme et de la volonté pour affronter plutôt que de subir les changements à venir. On ne peut pas être sourd à son appel à plus solidarité pour faire face aux défis du XXI siècle.