Publicité

Autre action

Blogue

Le climat en 2006 et le réchauffement à venir

Jean-Claude Mareschal, le 16 octobre 2006, 15h59

James Hansen est un des climatologues les plus renommés au monde. Comme directeur de l’institut Goddard de la NASA, dés 1988 il avait témoigné devant une commission du congrès des Etats-Unis et attiré l’attention du public sur le lien entre les émissions anthropogéniques de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Depuis plus de 20 ans, il poursuit ses travaux sur les changements climatiques et tente d’attirer l’attention du public et du gouvernement sur la nécessité de contrer les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement en cours. A différentes reprises, les administrateurs de la NASA et le gouvernement des Etats-Unis ont tenté sans succès de l’intimider pour qu’il change le contenu de certains rapports et de ses témoignages publics. James Hansen vient de publier dans les compte-rendus de l’académie des sciences des EU un papier où il dresse un bilan alarmant sur l’état actuel du climat de notre planète.

Cet article ne contient rien de très nouveau mais en compilant des données connues depuis longtemps, il permet de mesurer a quel point la situation présente est inquiétante. Le taux de réchauffement des trente dernières années (0.2degre/10ans) est probablement sans précèdent dans l’histoire. Ce taux est celui qui avait été prédit des les années 1980 comme réponse à l’effet des gaz à effet de serre par les modèles climatiques globaux.

Différentes méthodes permettent de déterminer les climats passés. Ces méthodes sont souvent basées sur les variations de la composition isotopique de l’oxygène. Les atomes d’oxygènes viennent avec différentes masses atomiques : l’isotope 16 est le plus abondant, mais il existe aussi des isotopes 17 et 18. La répartition de ces différents isotopes dans l’atmosphère et les océans dépend de la température (c.a.d. du climat). Il est ainsi possible de mesurer dans les sédiments marins et dans les glaces qui se sont accumulées au Groenland et dans l’antarctique les variations de la composition isotopique de l’oxygène et d’en déduire les climats passés. La résolution temporelle de ces données diminue à mesure que l’on remonte dans le temps, c.a.d. que les températures ainsi calculées représentent des valeurs moyennes pour des périodes de plus en plus longues.

Les températures moyennes de la dernière décade sont les plus élevées depuis le retrait des glaciers il y a 10,000 ans. En fait, il faut remonter à 120,000 ans pour trouver des températures comparables à celles d’aujourd’hui, et à 400,000 ans pour trouver des températures supérieures (de moins d’un degré) à celles d’aujourd’hui. Si le réchauffement présent continue au même taux, nous dépasserons ces températures avant la fin du siècle. Bien entendu, cette comparaison doit être faite avec une grande prudence car les climats anciens représentent des moyennes sur un millier et non quelques dizaines d’années.

Lorsque les températures étaient de 2 ou 3 degrés supérieures à celles d’aujourd’hui, il y a deux millions d’années, le niveau des mers était 25m supérieur au niveau présent. Si les températures continuent à monter comme prévu par les modèles, nous atteindrons ce seuil avant la fin du siècle. La remontée du niveau des mers ne serait pas instantanée. Mais les conséquences d’une remontée d’un mètre par siècle seront dramatiques.

On peut se demander ce qui a pris à Claude Allègre de se lancer dans un mauvais combat et de prétendre qu’il ne se passe rien et qu’il n’y a pas de réchauffement. Heureusement les climatologues français lui ont rappelé qu’il ne comprenait pas grand-chose à ce dont il parlait.

L'article de James Hansen est accessible directement a la National Academy of Science

6 commentaires

Portrait de argus

Quand j'entends à la radio des climatologues avancer que le réchauffement climatique est maintenant irréfutable en se basant sur des séries de données de 50 ans, j'ai soudain des doutes sur les qualités scientifiques de nos chercheurs actuels !
50 ans ! c'est rien du tout.
la remarque de Fulmar ci-dessus est juste.
Il me semble en effet qu'on est totalement en dehors d'un débat scientifique

Portrait de Fulmar

Très mauvais billet, qui ne fait qu'alarmer les bonnes gens. Il ne faut pas remonter à 120.000 ans pour trouver des températures aussi fortes qu'actuellement, arrêtons le délire. L'optimum médieval, ça remonte à même pas 800 ans ! A l'époque, les vikings cultivaient la terre verte du Groenland...

Quant au passage sur Allègre, mis à part être limite, il montre que vous n'avez tout simplement rien compris au débat actuel, puisque Allègre reconnait le changement climatique, mais critique la théorie du Global Warming (qui l'attribue principalement à l'homme).

D'ailleurs, il n'y a pas de consensus sur le GW dans le milieu des climatologues. Mais ça, qui s'y intéresse vraiment à ce débat ? D'ailleurs, dans ce débat, qui s'intéresse aux faits scientifiques réels ?

Portrait de PATROGH

NON AU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE CE N'EST PAS POSSIBLE avoriaz beaucup de neige

Portrait de PARIMARI

moi je ne crois pas au rechauffement climatique car vous avez vu le froid polaire qui est arrivé non croyer moi ce n'est pas possible peut etre en ESPAGNE

Portrait de Frédéric Bruls

Bonjour,
La Belgique a connu son automne le plus chaud depuis le début des mesures officielles en 1833, à savoir 13.9 °, soit rien moins que... 3.5° au dessus de la normale. Mieux encore, tous les automnes les plus chauds, (cela est valable aussi pour les autres saisons) se situent dans les vingt dernières années. Enfin, depuis 1989, la Belgique connaît une année sur deux des moyennes annuelles thermiques =< 11° (normale 9.8°), ce qui se rencontre une fois tous les trente à ...cent ans! 2006 sera d'ailleurs la plus chaude, avec 11.32°. Il semblerait qu’à peu de choses près, les mêmes anomalies de température aient été constatées et enregistrées dans une grande partie de L’Europe. Sans crainte de trop extrapoler, et malgré la caractère toujours chaotique de notre climat, nous ne pouvons tout de même pas nier cette évidence : la terre se réchauffe, les conséquences seront nombreuses et variées, tantôt positives (un peu), tantôt négatives (beaucoup). Ce qui me frappe aujourd'hui, plus que tout autre chose, est que nous assistons pour la première fois dans l'histoire humaine (du moins celle connue des hommes et relatée dans les livres) à un renversement de la donne. Un environnement qui change rapidement face à une humanité qui semble comme percluse, incapable de réagir, prenant même un malin plaisir, du moins en donne-t-elle l'impression, à jouir de son propre pouvoir de destruction!
Le problème du réchauffement climatique est le plus sournois de tous les dangers. En effet, cet ennemi avance masqué. La variabilité naturelle du climat nous empêche de voir distinctement les changements latents et profonds qui frappent notre planète et lorsque nous les verrons (je parle du vulgum pecus, pas des scientifiques dont les moyens d'investigation leur permettent d’ores et déjà de les distinguer), il sera trop tard pour en limiter l'amplitude. De plus, la notion même de réchauffement instille, dans l’esprit des gens, une valeur intrinsèquement positive. En effet, l’homme est un singe tropical qui a migré vers des continents glacés, et il n’est pas imbécile de penser que nous n’avons pas gardé du froid que des bons souvenirs… Nous disons froid, et nous pensons mortalité, faim, maladie. Nous disons chaleur, et nous viennent à l’esprit des images d’été, farniente, abondance, plaisir…Ceci augmente encore la difficulté mentale d’appréhender la problématique des changements globaux dans sa véritable complexité. Ainsi, malgré le réchauffement désormais avéré, nous aurons encore des vagues de froid, des hivers comme 1963 seront toujours possibles, mais ils deviendront de plus en plus rares (à titre d'information, l'hiver 2006, que l'on a présenté dans certains médias comme exceptionnellement froid, fut tout de même, en Belgique du moins, 4.5° plus chaud que 63). A l'inverse, les vagues de chaleur seront plus longues, plus fréquentes et plus intenses.
Enfin, je dirai volontiers qu'il ne faut pas se laisser leurrer par des intuitions ou des impressions générées par des phénomènes passagers, aussi remarquables soient-ils, mais se fier aux statistiques patiemment élaborées. Ce n'est pas le record de chaleur de cet automne qui constitue en soi une présomption de réchauffement, mais bel et bien la longue, très longue série d'années chaudes qui caractérisent notre époque actuelle, et ce, partout dans le monde.

Portrait de Algy

On peut se demander si ces différents rapports ne vont pas rester une fois de plus lettre morte. À vrai dire, ce que l'on peut reprocher à bon nombre d’hommes politiques, ce n’est pas seulement leur inertie ou incurie devant ce qui s’annonce comme la plus grande catastrophe mondiale écologique et humanitaire à venir, c’est carrément leur refus de reconnaître que les changements climatiques sont bel et bien des faits et non quelque hypothèse fumeuse ou élucubrations d’écolos rabat-joie. Si les économistes s'en mêlent , cela va t'il donner plus de poids et d'échos auprès des décideurs de ce monde ?

Algy
http://cosmauxpolis.blogspo...