Au sortir des repas pantagruéliques du temps des fêtes, les États-Unis nous réservent une belle surprise : la viande et le lait issus d’animaux clonés à partir de vaches, porcs et chèvres adultes sont propres à la consommation humaine. Ah bon?

Je ne sais pas pour vous, mais comme d’habitude je me suis laissé emporter par le raz-de-marée de bonne chère et de bon vin à l’occasion de Noël. Mon meilleur ami de cette fin d’année 2006 s’appellant Pepto-Bismol, j’aurais pu débattre sur la futilité de manger comme quatre quand certains revendiquent une simplicité volontaire… Mais non! J’ai simplement envie de souligner ce communiqué de la FDA (Food and Drug Administration), l’autorité sanitaire aux États-Unis, diffusé le 28 décembre 2006.

Ainsi donc La FDA déclare que la viande et le lait issus de clones de vaches, porcs et chèvres adultes sont aussi bons pour la consommation que la nourriture issue d’animaux nés et élevés de façon conventionnelle (pour les brebis il faudra attendre, les données disponibles ne leur permettent pas encore de conclure). Le communiqué précise d’entrée de jeu qu’un comité indépendant d’experts scientifiques a donné son accord quant aux méthodes utilisées par la FDA pour évaluer les données et aux conclusions tirées.

«Sur la base de l'analyse de centaines d'études et de rapports sur la santé et la composition alimentaire des clones et de leur descendance, il a été déterminé que la viande et le lait d'animaux clonés et de leur descendance sont aussi propres à la consommation humaine que la nourriture que nous mangeons tous les jours» a annoncé Stephen Sundlof, directeur du centre de médecine vétérinaire de la FDA. Il a ajouté que «le clonage n’est pas plus à risque pour la santé animale que les méthodes de reproduction assistée utilisées actuellement dans l’agriculture aux États-Unis». De son côté Barbara Glenn, directrice de l'organisation des industries biotechnologiques, dit qu’«un clone n'est pas un animal créé génétiquement. Aucun gène n'a été ajouté, altéré ou supprimé. Il s'agit simplement d'un jumeau génétique d'un animal qui provient de nos meilleures fermes ou ranchs». (Un animal cloné est une copie génétique d’un animal donneur, comme deux jumeaux identiques mais nés à des temps différents).

Bon! Je n’ai pas vraiment l’envie ni l’énergie de lire et critiquer le rapport. Libre à vous de vous lancer dans cette lecture, je m’y attellerai moi-même un peu plus tard. Ce que je me demande simplement, c’est comment la FDA va s’en sortir face aux consommateurs. Est-ce que l’information fournie sera claire, transparente, et au final rassurante? Ne fait-on pas face à un nouveau scandale dû à la peur de la nouveauté? A priori tout ceci débute bien mal car les associations de consommateurs affûtent déjà leurs armes, tant aux États-Unis que dans le reste du monde. Les vox pops et autres sondages vite faits montrent plutôt une indécision de la part de monsieur et madame tout le monde : Certains ne voient rien qui puisse nuire à leurs habitudes alimentaires quand d’autres ne comprennent pas vraiment ce qui se passe et préfèrent donc s’abstenir (le bon vieux principe de précaution…). Ceci dit, je n’ai pas encore vu de gens scandalisés, et un rapide tour de la question parmi ma famille et mes amis me montre que les gens se méfient sans vraiment refuser le principe… Manger du Starbuck II (le fameux clone du taureau reproducteur Starbuck, fruit du travail d'une équipe québécoise en 2000) ou ses descendants, où est la différence me direz-vous?

En ce temps de dinde élevée aux hormones et nourrie à la farine de maïs transgénique, la FDA vient à mon avis de lancer une bombe dans le panier des consommateurs. D’autant plus qu’aucun étiquetage spécial n’est prévu pour le moment, ce que greenpeace et consorts se sont empressés de dénoncer… En attendant, je vous encourage à vous faire une idée par vous-mêmes en lisant le rapport (en anglais, désolé) avant de vous laisser embarquer dans la polémique. La meilleure information est à la source!

Bonne lecture, je suis sûr qu’on va s’en reparler!

Et tous mes vœux pour 2007! J’ai dans l’idée que nous aurons plein de choses à nous dire au cours cette nouvelle année…

Bastien Llamas