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Science et fantaisie

Mario Tessier, le 3 octobre 2007, 17h21

Dans un billet récent, l’écrivain de science-fiction L.E. Modesitt Jr. faisait remarquer que la popularité de la fantasy en littérature de genre dépendait sans doute d’une vision du monde magique chez les lecteurs.

En effet, depuis plus d’une vingtaine d’années, les ventes de la fantasy, un genre basé sur l’utilisation de la magie et du surnaturel, dépassent celles de la science-fiction, un genre dans lequel elle a été incorporée pendant longtemps. Si les œuvres de SF demeurent encore nombreuses à être publiées, elles sont maintenant dépassées en quantité par les quêtes magiques et les romans en série mettant en scène elfes et princes en devenir. Les éditeurs recherchent avidement les œuvres de qualité en science-fiction alors qu’ils peuvent trouver facilement des trilogies plutôt décentes, et quelquefois excellentes, de fantasy.

À quoi attribuer cette tendance alors que dans les années 1960 la science et la SF étaient à l’honneur ? Modesitt croie que ce renversement de situation est du au fait que nous vivons maintenant dans un monde où la technologie est considérée comme magique. Dans une société où l’éducation scientifique est minimale, les gens ignorent souvent comment fonctionne les gadgets de leur vie quotidienne. Nous nous servons tous de l’Internet mais combien d’entre nous sommes capables d’expliquer la commutation par paquets, à la base du protocole IP. La télévision, les iPod, les téléphones cellulaires sont autant de boites noires qu’il nous est interdit d’ouvrir (sous peine d’annuler leurs garanties, bien entendu) et dont nous ne pouvons saisir les mécanismes puisqu’ils nous sont invisibles. En fait, le nouveau design industriel qui associe esthétisme et minimalisme fonctionnel font de ces merveilles de complexité technologique des mensonges de commodité. Nous pouvons nous servir de la technologie qui nous est offerte par les grandes compagnies mais il devient de plus en plus difficile de la comprendre, et donc de la modifier pour assouvir nos besoins personnels.

Les grandes avancées technologiques ont eu lieu à la fin du XIXe siècle et au début du XXe lorsque les outils de la révolution industrielle se sont répandus et que les individus ont pu s’en servir pour modifier les machines disponibles. Ainsi, mon grand-père entretenait ses automobiles lui-même et ne se présentait au garage que pour des troubles majeurs de mécanique. Aujourd’hui, avec tous les senseurs électroniques connectés au démarreur, il est devenu difficile pour le propriétaire de la voiture de diagnostiquer ou de changer des pièces lui-même. J’ai connu l’époque où l’on ouvrait soi-même les casiers de radio et de télévision afin de changer la lampe (eh oui, des tubes à vide) au réparateur du coin. Aujourd’hui, toute cette électronique est sur circuit intégré et il faut changer tout le circuit si un défaut se présente.

Avec mes premiers ordinateurs, je programmais moi-même mes logiciels en BASIC et je tripatouillais régulièrement le DOS et les paramètres de Windows 3.1. Aujourd’hui, avec les bases de registres ultra-compliquées des nouvelles versions de Windows, il est devenu impossible de contrôler la propre sécurité de son système, quoiqu’en disent les ingénieurs de Microsoft. Nous sommes à leur merci et à celle des hackers qui, eux, ont mis du temps considérable à comprendre la chose.

Lorsque nous étions jeunes, nous bâtissions nos propres amplificateurs pour les systèmes de son, nos parents nous offraient des kits de science, avec cristaux et microscope, ou des ensembles de chimie. Aujourd’hui ces mini-laboratoires sont interdits à cause des substances chimiques considérées comme dangereuses, sans compter les dangers potentiels de terrorisme ! (Autrement dit, si la technologie est entre les mains des particuliers, DANGER !, alors que l’on considère normal que ce soit les grandes corporations qui décident de l’orientation technologique de la société toute entière.)

Lorsque les machines étaient plus simples, il était plus facile pour un plus grand nombre de les comprendre, de les entretenir et de les modifier au besoin. Mais, paradoxalement, la sophistication plus grande de nos outils, associée avec un design fonctionnaliste, nous sépare de leur réalité technologique. Le iPod ou la manette de télécommande sont, à cet égard, l’équivalent de la baguette magique d’Harry Potter.

C’est d’ailleurs pourquoi le steampunk est à la mode en science-fiction. Parce que les artefacts technologiques de l’époque victorienne sont compréhensibles pour nous. Machines à la vapeur, pistons et leviers, acier et cuivre, valves et roues dentées... malgré l’absence de design industriel et le manque d’ergonomie, ce sont des machines reconnaissables comme telles, et non pas des bouts de plastique colorés !

Certains intervenants du milieu de l’édition me disent que le phénomène de la fantasy a fait son temps et que la SF devrait revenir en force bientôt. Je l’espère. Le but premier de la scientifiction, telle que popularisée par Hugo Gernsback dans les années 1920, était d’intéresser les jeunes lecteurs aux sciences. Ils en ont bien besoin.

10 commentaires

Portrait de Stephane Dumas

L'attitude anti-science que vous mentionner est malheureusement une réalité. Alors que les premières générations d'auteurs passaient un message social à travers leur critiques, les auteurs tel que Crichton et cie utilisent la science pour outil pour creer des situations catastrophiques.

Est-ce un défoulement de gens qui ne comprennait rien dans leur cours de chimie au secondaire ?

Je crois que c'est en partie à cause que les gens ne voient pas les retombés de la science. Ou est la socité de loisir tant promise ?

On nous a fait accepter les ordinateurs en nous miroitant cette société de loisir. Hors, on travaille plus qu'avant. Mais ce n'est pas la science, ni le scientifique qui en est la cause. Ce sont les compagnies qui veulent en tirer profit. On doit absolument détacher le coté capitaliste de la technologie du coté scientifique.

On nous fait accepter les produits OGM et autres sous prétexte que ça va permettre de nourrir plus de monde. Hors, les surplus de nouritures sont souvent détruit pour éviter une baisse des prix.

Je crois que c'est cette hypocrisie qui est réflété dans les histoires à saveur anti-science. On s'attaque à ce qui est le plus visible.

C'est important d'éduquer les gens à faire la différence.

Personne ne blâme l'imprimeur, ou Gutenberg, lorsque l'on recoit nos factures. Ce n'est pas de sa faute si on se sert de son papier pour envoyer des mauvaises nouvelles.

Est-ce que la science fiction va survivre ? J'espère que oui. Mais sous quelle forme ?

Je dois avouer que je m'ennuie de ne rien avoir de nouveau en science-fiction. À l'exception de Galactica qui s'est terminé l'an dernier, on a rien. Sauf peut-être pour la nouvelle série du Dr. Who qui est très bien réalisé.

D'accord, les histoires du Dr Who tirent d'avantage sur le fantastique, mais elles ont plus de chance d'attirer les jeunes vers la science qu'une série telle que Galactica. C'est le coté exploration et les solutions pacifiques du Dr Who que j'aime dans cette série.

Je terminerai que cette citation de Carl Sagan: "L'on dit quelque fois des scientifiques, qu'ils ne sont pas romantiques, que leur passion à trouver comment les choses fonctionnent vol la beauté et le mystère. Mais la romance d'un coucher de soleil n'est point affecté par un petit peu de connaissance."

sd.

Portrait de Anonymous

Bonjour Pascal,

C'est effectivement la bonne question ! Question qui est à l'origine de mon billet ainsi qu'à l'origine de la science-fiction elle-même.

La science-fiction a toujours comporté plusieurs sous-genres, dont le space-opera et les fantaisies d'E.R. Burrough avec les aventures de John Carter sur Barsoom. Mais toutes ces expériences de world-building (que l'on peut considérer après tout comme des gedankenexperiment) ont donné naissance aux nombreux mondes de fantasy qui inondent aujourd'hui la littérature de genre.

Pourtant, à l'origine même de la SF, Hugo Gernsback qui éditait Amazing Stories dans les années 1920, insistait sur le fait que cette littérature pouvait amener les jeunes à s'intéresser à la science. C'est d'ailleurs de cette manière que j'ai été amené à la science. De même, plusieurs scientifiques ont également avoué les mêmes lectures coupables.

Le problème actuel de la SF, que beaucoup considèrent moribonde, est qu'elle a beaucoup de difficulté à imaginer le monde de demain. À mon avis, ce n'est pas tellement l'aspect technique de la chose qui présente problème, bien qu'il soit réel avec l'avancement rapide de la science, mais dépend plutôt de la réalisation que les changements sociaux sont bien plus importants que la puissance de la technologie.

Ta question demeure : la SF peut elle être un moteur de changement social ou simplement un miroir des peurs et des espoirs du temps ? J'ai l'impression que la SF fut justement ce moteur jusque dans les années de crise dans les années 1970. Mais depuis, les dystopies des années 1970 et le cyberpunk des années 1980 ont mis de l'avant des attitudes plutôt négatives envers la science ; celle-ci est alors montrée comme une arme des puissants pour asservir les plus faibles et non plus comme un outil de maîtrise du monde pour les individus. (Les romans de Michael Crichton sont de parfaits exemples de cette attitude anti-technologique).

Pourtant, depuis les années 1990, on a vu un regain d'intérêt envers la hard SF, qui met l'accent sur le contenu scientifique, et de bons écrivains ont renouvelé le genre (Benford, Egan, Vinge, Brin). Même le nouveau space-opera s'en est trouvé bonifié. Comme littérature, elle est certainement plus stimulante que les clones de Tolkien qui encombrent inutilement les rayonnages des librairies. (Je m'excuse d'avance auprès des amateurs de fantasy de cette injuste généralisation).

Des chiffres récents ont montré que les magazines américains de SF perdent leurs lecteurs. Leur circulation est en chute libre. (http://www.warrenellis.com/...). Notons toutefois que cela est vrai pour les revues de fiction en général. Mais, et c'est vrai depuis toujours, la revue la plus lue demeure Analog, l'ancienne Astounding Stories, qui publie des histoires de hard sf. Soulignons qu'Asimov's SF et le Magazine of F&SF publient de meilleures histoires du point de vue littéraire. Mais la prépondérance d'Analog montre, à mon avis, qu'il y a encore beaucoup de gens qui considèrent la réflexion sur la science et la technologie comme importante.

Je ne peux pas réellement apporter de réponse à ta question, seulement l'espoir que la SF est encore pertinente au XXIe siècle et que le regain qu'elle a connu dernièrement, pourra se traduire en vocations scientifiques ou en attitudes positives envers la science. Ce que la fantasy ne fera certainement pas.

Pour ma part, par exemple, je connais un jeune scientifique, étudiant en bioéthique, qui s'intéresse à la SF justement parce qu'elle s'interroge sur les mêmes questions sur lesquelles il travaille. Le corpus des oeuvres SF constitue donc un réservoir d'idées pour qui travaille dans le domaine de l'IA, de la robotique ou de l'exobiologie.

Ta question mérite que l'on s'y attarde et je consacrerai d'autres billets aux attitudes envers la science et la SF. J'ai l'habitude de dire, lorsque je vais dans des congrès et conférences, que les auteurs de science-fiction sont les canaris dans les mines de la science. Quand ils cessent de chanter, il y a problème à l'horizon. Espérons qu'ils continueront longtemps à chanter pour nous !

Portrait de pascal

Fascinant, avec le recul, de voir comment cette discussion a évolué. Ca a commencé par un billet de Mario qui s'interrogeait, voire s'inquiétait, de la montée en puissance de la fantasy face à la science-fiction, et on est passé progressivement à des échanges sur le recul de la culture scientifique dans la culture populaire et son inadéquation avec l'omniprésente technologie.

J'en comprend que les deux évolutions sont certainement liées, l'évolution la plus visible (la fantasy) étant révélatrice de l'évolution la plus souterraine (la perception de la science). Mais à votre avis, quel est l'avenir de la science-fiction, si elle en a un? Pourrait-elle être la locomotive d'un changement social amenant à davantage d'intérêt pour la science, ou sera-t-elle plutôt à la remorque?

Portrait de Stephane Dumas

Pour reprendre l'example de la radio à lampe vs. l'ordinateur... Si on se remets dans le contexte, quelle proportion des gens en 1950 pouvaient facilement construire et réparer une radio à lampe ? Si maintenant on se déplace en 2007, quelle proportion de gens peuvent faire l'entretien d'un ordinateur ?

La technologie nous aurait-elle dépassé ? Elle évolue très vite. Au début du siècle, une personne pouvait facilement faire le tour d'un domaine scientifique alors qu'aujourd'hui se sont des spécialités que seul quelques personnes comprennent.

Dans un tel contexte, on peut comprendre que M. tout-le-monde s'y perdre. Mais ne devrions-nous pas, nous les scientifiques, être capable de leur expliquer ? Ils devraient y avoir plus de scientifiques dans les débats publiques.

C'est difficile de changer les habitudes. Les pseudo-sciences sont des domaines visqueux et moux qu'il est difficile de contourner. On a beau expliquer que l'astrologie ne fonctionne pas, il y aura tout le temps quelqu'un pour y croire.

Qu'a-t'on a offrir aux gens en échange ? Pour plusieurs, il n'y a pas de différence entre l'astro-physique et l'astrologie... ils n'y comprennent rien. Toutefois, l'astrologue, lui, va leur simplifier la vie et leur raconter n'importe quoi.

Alors que l'astro-physicien, lui, n'a que la réalité à leur offrir.

sd.

Portrait de Anonymous

Bonjour Jean-Louis,

Paradoxe sans aucun doute. En effet, dans une étude faite par la National Science Fondation, réalisée sur les attitudes et la compréhension du grand public vis-à-vis la science, 1 personne sur 10 seulement se dit attentive à la science. Plus précisément, aux États-Unis, 10% du public se montrait attentif aux découvertes de la science et 47% intéressé. Au Canada, il s'agissait de 11% du public qui se montrait attentif et de 40% pour le public intéressé. http://www.nsf.gov/statisti...

On trouvera des indicateurs pour 2006 ici, mais en général kes choses n'ont guère variées ((Source : Science and Engineering Indicator 2006, http://www.nsf.gov/statisti...).

Plus de 50% des Américains questionnés répondaient que l'affirmation "It takes the Earth one year to go around the Sun" était fausse ! Environ 70% des Américains de comprennent pas la nature de la méthode scientifique.

Et ne parlons pas des chiffres d'alphabétisation qui montre un nombre alarmant de gens à peine capable de déchiffrer un journal, et encore moins capable d'évaluer la pertinence d'une information.

À ce titre la connaissance générale de la science parmi le public perd au jeu des statistiques même si elle s'améliore tout de même un peu au fil des années.

(Plusieurs astronomes amateurs faisant partie de mon club d'astronomie affirmaient croire en l'astrologie, même s'ils ne s'en vantaient pas ouvertement. Cela démontre la merveilleuse adaptabilité des « meme » et de la religion en général. Mais c'est inévitablement la science qui y perdait dans cette cohabitation).

Ce qui me semble plus grave, c'est que le quidam moyen perd de plus en plus le contact avec la maîtrise de la technologie. Même si la plupart des gens utilisent un ordinateur, il sont sans doute incapables d'en changer les pièces, alors qu'on le faisait régulièrement avec les radios à tube. Notre technologie multiple, variée et envahissante, devient de plus en plus difficile à connaître, de même que pour les scientifiques, qui doivent se spécialiser pour avancer dans leurs recherches.

Et ce qui est vraiment paradoxal, c'est que le design industriel, qui me fascine de plus en plus, justement pour ses rapports avec la science-fiction, ne m'apparaît pas entièrement innocent dans cet état de choses. Malgré leur beauté et leur fonctionnalité, ces outils faits de plastique (que Mailer décrit récemment comme une invention proprement diabolique !) ressemble plus à de la magie qu'à de la technologie. Sans rendre les gens ignorants, ce genre de design nous enlève trop souvent la possibilité d'ouvrir la patente et de jouer avec. Le monde de demain appartiendra de plus en plus aux hackers et de moins à moins à l'usager lambda.

Portrait de Jean-Louis Trudel

Le paradoxe, c'est qu'il y a quelque chose comme 13-14% des travailleurs canadiens qui sont des scientifiques ou des ingénieurs, ou qui travaillent en proche association avec ces derniers. (Voir ce <a href="http://www.statcan.ca/engli...">document</a>, si j'arrive à insérer le lien).

Du coup, je ne suis pas entièrement convaincu par l'argument voulant que nous vivons dans un pays peuplé de gens qui ne comprennent pas les technologies qui les entourent. A mon avis, il y a d'autres facteurs qui jouent, que j'ai exposés ailleurs.

Portrait de Anonymous

Bonjour Stéphane,

Il y a peut-être un peu d'espoir du côté du cinéma même si dernièrement c'est plutôt le désert ! En effet, _Rendez-vous with Rama_ est en pré-production et annoncé pour 2009 (Source : http://www.imdb.com/title/t...).

Et il faut visionner le court-métrage fait par un étudiant en cinéma en 2003. Sur YouTube à : http://www.youtube.com/watc...
Vraiment impressionnant ! De plus, il y a plus de sense of wonder dans ce petit bijou de 4 minutes que dans un ratage comme Sunshine.

Portrait de stephane dumas

Les ingénieurs et scientifiques de l'époque de Mercury, Gemini et Apollo étaient les enfants de Buck Rodgers, Flash Gordon et de toute la panoplie de comics de science-fiction.

Alors que nous sommes la générations de Superman, Batman, Wonder woman qui sont des super héros plus proche du fantastique que de la science-fiction.

Les années 50 et 60 sont également marqué par des séries TV tel que Twilight Zone, The Outer Limits ainsi que de Quatermass.

Aujourd'hui on a des tonnes de soap, des séries fantastique (Buffy, Angels, Heroes).

D'accord on a eu le retour de Star Trek, mais qui a été accompagné par The X-File et toutes les autres séries fantastiques.

On a mis des millions pour produire les 12hrs de Lord of the Rings. Mais on est Fondation, Rendez-vous avec Rama et les autres ?

Doit-on en conclure que les gens préfèrent la fanstastique à la science-fiction, les mondes féériques aux mondes scientifiques ?

Je crois que la science a eu une très mauvaise publicité depuis les dernières années par des gens qui n'y comprennent rien du tout.

Est-ce que le goût pour la fanstastique ne serait justement pas une conséquence d'une civilisation accèes sur une technologie que personne ne comprends ?

"Toute technologie suffisament avancée est indissociable de la magie", 3e loi d'Arthur C. Clarke

Portrait de Anonymous

Bonjour Stéphane,

L'attrait du steampunk, simili-littérature à la Jules Verne, devenu aussi une esthétique, est sans doute ce qui approche le plus d'un sursaut de la SF pure et dure. La technologie qui y est exploitée a l'air d'une technologie, les machines sont de vraies machines et non plus des objets de plastique dont on ignore parfois comment les utiliser. Mais ce n'est sans doute qu'une mode. De plus, c'est surtout dans la culture des hackers que cette esthétique s'est développée, en réaction contre le désign super-minimaliste des iPod et autres iMachins.

C'est bien dommage que les jeunes ne soient pas poussés par le milieu scolaire dans la science car ils adorent utiliser les nouvelles technologies. On n'a qu'à les voir adopter courriel, mp3 et téléphonie mobile. Malheureusement, cet intérêt pour la techno s'émousse rapidement lorsqu'il s'agit de science proprement dite. Comme tu le dis, c'est parce qu'elle est minimisée par rapport à d'autres activités insignifiantes. Les médias ne sont pas innocents dans cet état de choses. Parce qu'en définitive, la science c'est le pouvoir, que les autorités en place découragent souvent la prise en main de cet instrument. Le contrôle de la chimie d'amateur en est un exemple.

Après la mise en orbite de Sputnik par les Soviétiques, le gouvernement américain avait mis la science à l'honneur dans le système d'enseignement. Et c'est justement parce que tous ces enfants, devenus grands, sont devenus ingénieurs, techniciens et scientifiques, que les États-Unis sont devenus un si grande puissance aujourd'hui. Si on laisse retomber la jeunesse dans la médiocrité en minimisant les sciences, notamment avec le créationnisme, on en pâtira plus tard. Et c'est peut-être ce qui est en train de se passer.

Portrait de stephane dumas

La science-fiction a toujours fait appelle à notre imagination pour situer les histoires dans un future loin ou proche. Et la technologie était omniprésente dans toutes les histoires. Mais aujourd'hui, nous vivons dans une société de haute-technologie et la SF ne peut rivaliser avec ça. Pas du moins dans sa forme "classique".

L'autre coté de la SF que j'adore et la capacité d'adresser des problèmes sociaux dans un autre contexte. De nous faire réfléchir sur notre propre société.

Le style de science-fiction d'Asimov ou de Clarke n'est plus un attrait pour les jeunes du 21e siècle. Les jeunes veulent des solutions rapide, sans efforts. Ils ne sont plus émerveillés par les choses de l'univers. Ils sont élevés dans une société cynique qui ne prends plus rien au sérieux et qui a perdu son expris critique. Les gens gobent tout ce que les médias et internet leur disent.

C'est quand même amusant car certaines histoires de SF prédisaient une tel société.

La "science" est une discipline très jeune si on regarde l'Histoire de l'humanité. Bien que l'on labelle des gens comme Newton et Galilée de "scientifiques", ils ne l'étaient pas. C'étaient des philosophe de la nature. Le terme scientifique date du 19e siècle et le "concept" de Science et encore plus jeune. Car historiquement science était un synomyme de connaissance. Mais ce terme a été spécialisé pour décrire le domaine qui englobe la physique, les math et l'ingénierie.

Notre coté romantique aimerait bien retourner à l'époque des Maxwell, Pointcaré, Einstein, Bohr et Feynman car nous avons l'impression que c'était le summum. Nous idolatrons cette époque. Mais la science qui a été produite par ses gens est maintenant NOTRE technologie.

La société a changé. Le profit domaine tout ce que nous faisons. Il est très difficile de faire de la science pure car pour bien des gens c'est une perte de temps et ça "coute cher". Combien de PhD sont engagé pour finalement devenir des spécialiste de formulaires et de gestion. Je comprends les jeunes de fuire ce genre de "carrière". Qui voudrait passer 6-7 ans de sa vie dans un doctorat en science pour finalement faire de la bureaucratie.

La science fait parti de la culture humaine tout autant que les arts et les sports. Mais tout ce que les journaux publie sont de simples textes de temps à autre. Jamais de cahier "science" mais on retrouver tout le temps la colonne astrologie. On pourrait avoir des articles qui explique la chimie des savons. Pourquoi un savon est utile pour laver quelque chose?

Et c'est dommage que plusieurs activité à caractères scientifiques sont maintenant considérés dangereux pour les jeunes qui ne peuvent plus en profiter. Par example, dans les expo-science moultes montages sont maintenant interdit à causes des assurances. Ce qui force les jeunes à faire des projets souvent moins interessant pour eux. Mais avec un encadrement approprié ça ne serait plus un problème. Je me souvient que durant mon secondaire, on avait un club de chimie. On y faisait des expériences "controllés" et jamais on a eu d'accident.

Oui, il faudrait un retour de la bonne vieille science-fiction centrée sur la science et technologie pour profiter d'un regain d'interêt chez les jeunes. Mais est-ce que ça fonctionnerait dans la société du 21e ?