Les scientifiques à la télé
Télé-Québec diffuse tous les lundis à 20 heures, depuis le début du mois de janvier 2008, un nouveau magazine scientifique. L’émission hebdomadaire Le code Chastenay vulgarise les découvertes scientifiques récentes et présente des chercheurs québécois, amateurs et professionnels. Elle se veut une occasion de redonner un caractère humain à la recherche scientifique.
L'animation a été confiée à l'astronome Pierre Chastenay, porte-parole du Planétarium de Montréal. Il est entouré des journalistes et chroniqueurs Pascal Forget, Noémi Mercier, Binh An Vu Van et Véronique Morin. Ils font tous un excellent travail, avec assurance et humour, et possèdent une belle présence télévisuelle. Dès le premier épisode, on pouvait d’ailleurs remarquer la facture professionnelle de l’émission. Et signalons en passant l’infatigable travail de vulgarisation qu’effectue depuis plusieurs années Pierre Chastenay dans différents média ainsi que Pascal Forget, über-nerd et technophile convaincu.
Chaque épisode du Code Chastenay comprend deux reportages originaux sur des recherches scientifiques québécoises, suivis de discussions avec les reporters; d’un court reportage consacré à ce nouveau courant que l’on appelle « science citoyenne »; d’une entrevue « La science s’interroge » avec un intervenant du monde scientifique; ainsi que de deux chroniques intitulée « Fausses vérités » et « Planète science ». Toutes sortes de sujets sont au programme : nanorobotique, papier électronique, maison intelligente, épigénétique, etc.
J’ai particulièrement apprécié les segments sur les scientifiques amateurs, lesquels apportent d’ailleurs, eux aussi, leur pierre à l’édifice de la science, en collaborant avec des chercheurs professionnels. Ainsi, on nous a présenté l’astronome amateur Gilbert Saint-Onge, du Club d'astronomie de Dorval, qui a pu observer la nébuleuse planétaire entourant l’étoile RY Tauri à l’aide du télescope de 8 mètres d’ouverture de Gemini Nord, situé sur le Mauna Kea à Hawaii, en 2005. Vous pouvez prendre connaissance du projet d’observation que Gilbert Saint-Onge a proposé au Conseil national de recherches Canada lors du concours pour une heure de temps d'imagerie sur Gemini et TCFH pour les astronomes amateur(e)s au Canada. Gilbert a mis le résultat de ses observations personnelles sur Internet. Pour ceux qui voudraient en savoir davantage, il expose les grandes lignes de son projet RY Tauri au télescope GEMINI-N à et il a rédigé un texte sur la « Découverte d'un Jet supersonique près de l'objet stellaire jeune RY Tauri ».
Le reportage sur François Quintal, un collectionneur de fossiles, et membre de la Société de paléontologie du Québec, était également révélateur des compétences élevées que peuvent acquérir certains amateurs dans la poursuite de leur hobby scientifique. Ainsi, dans l’épisode du 25 février 2008, on nous montrait la découverte du paléontologue amateur : un spécimen de fossile vieux de 445 millions d’années, datant de l’extinction massive de l’Ordovicien-Silurien.
Pour ceux qui voudraient rencontrer le chasseur de fossiles, notons qu’il donne bientôt une conférence intitulée : « L’origine et l’évolution des échinodermes ». L’exposé se déroule au pavillon des Sciences de la terre et de l'atmosphère de l’UQAM, au local PK 6265, de 19 h 30 à 22 h, le 16 avril 2008.
Et qui sait ? Pas besoin d’être nécessairement un aspirant de Star Académie pour passer à la télé ! Peut-être que vous aussi, grâce à votre passe-temps scientifique, vous aurez votre 15 minutes de gloire !
5 commentaires
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par Francois
il y a 3 années
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En proportion, il n'y a pas plus de science a la télé qu'il y a 20 ans: il y a simplement plus de canaux. Plus de canaux, plus d'émissions, donc un peu de science là-dedans. Mais vraiment pas beaucoup, et pas plus. Nova existait deja à PBS, National Geographic aussi. C'est vrai que si on compare avec la littérature,on n'est pas si pire, mais vous mettez la barre très très bas... :-) |
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par Anonymous
il y a 3 années
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Bonjour Yvan, J'opine du chef. Effectivement, Télé-Québec arrive à faire une émission intéressante avec peu de moyens. Et contrairement à Découverte, que j'aime par ailleurs beaucoup, c'est du matériel local, donc beaucoup plus intéressant que des traductions de documentaires de la BBC, même si ces derniers sont extrêmement bien faits. J'ajouterai que s'il est vrai qu'il y a fort peu de science à la télé, c'est également vrai dans d'autres domaines comme la littérature par exemple, où l'offre s'est rétrécie comme peau de chagrin au fil des ans. Certes, on nous sert des magazines "culturels", mais qui ne sont souvent que des shows de plogue. Les vraies émissions de littérature ont disparues. Au contraire, en ce qui concerne les émissions à caractère scientifique, il me semble que nous sommes de mieux en mieux servis depuis une vingtaine d'années. Il y a bien sûr Découverte mais également d'autres documentaires à Radio-Canada et Télé-Québec, le canal Z passe plusieurs séries intéressantes concernant la science et la technologie (par exemple, Comment c'est fait et les Nerdz), sans compter les merveilleux documentaires de la série Nova à PBS. Bref, la science n'occupera jamais la place des sports à la télé. Mais je pense qu'elle peut se trouver un niche qui ne l'abâtardira pas sans nécessité, dans un média qui s'est souvent révélé trop simplificateur. En tous les cas, espérons que le Code Chastenay puisse continuer longtemps. Mario |
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par Yvan Dutil
il y a 3 années
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Ce que est le plus épatant avec cette émission, c'est le contraste avec Découverte à Radio-Canada. Avec un petit budget, Télé-Québec arrive à produire une émission intéressante d'actualité avec des scientifique d'ici. Découverte avec un budget énorme achête à 75% des documentaires produit par PBS et BBC. |
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par Anonymous
il y a 3 années
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La variété des invités, la facilité avec laquelle l'émission a trouvé des gens qui ont des choses fascinantes à raconter, le fait qu'il y ait autant d'interlocuteurs originaux, inédits, qui passent bien à la télé, et qu'il doit y en avoir beaucoup d'autres qui ont été écartés parce qu'il fallait bien faire une sélection- nous rappelle une fois de plus, si besoin était, combien la science est sous-représentée à la télé. Comment se fait-il que 5 ans ont pu s'écouler sans émission de science à Télé-Québec? Et celle-ci n'est là que pendant une demi-saisons seulement, puisqu'elle n'a commencé qu'en janvier. Aurons-nous droit à une saison complète l'an prochain? Si oui, devrons-nous nous satisfaire du fait qu'il n'y ait qu'une seule émission? |


Effectivement, comparer la quantité d'émissions scientifiques avec la quantité d'émissions littéraires, c'est mettre la battre un peu trop pas, mais il y a autre chose qui mérite considération. C'est qu'il faudrait faire une distinction entre émissions "sur la science" et émissions "sur la techno". Ce sont 2 volets qu'on a tendance à unir, mais qui en réalité sont toujours à l'avantage de la techno.
Dès les années 1920, les journaux avaient des chroniques sur la radio, sur le "comment ça marche" : comment monter soi-même une radio, une antenne, comment produire une émission, etc. Dans les années 1990, lors de la vague Internet, les quotidiens nord-américains et européens avaient presque tous des chroniques informatique ou Internet, mais pas nécessairement un espace dévolu à la science. Côté magazines, en 2008, le Québec réussit à faire vivre 3 magazines d'informatique (Direction informatique, Atout Micro, Québec Micro). Soit autant que le nombre de magazines dévolus à L'ENSEMBLE de la science (astronomie, zoologie, génétique, etc.!!!).
La raison: peut-être la clientèle -plein de jeunes gens férus de nouvelles bebelles- mais aussi et surtout, la pub.
Idem à la télé. Incidemment, est-ce que vous vous souvenez du mandat grâce auquel le Canal Z a réussi à obtenir sa licence du CRTC, il y a une dizaine d'années? Non, ce n'est pas "une chaîne de télé sur la science". C'est: "science, technologie et paranormal". :-)