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Discutez avec notre expert Cyrille Barrette !

Agence Science-Presse, le 13 mars 2008, 11h35

Comment résister au bombardement d’information, aux vendeurs et aux charlatans? Qui croire et ne pas croire? La science et surtout la méthode scientifique peuvent-elles nous aider à mieux penser? Quand cultiver son esprit critique devient une question d’hygiène mentale.

Voilà les questions que soulevait le spécialiste du comportement et de l'écologie des mammifères, vulgarisateur et essayiste reconnu Cyrille Barrette, dans le cadre d’une conférence « Éloge de l'esprit critique » présentée ce soir au Cœur des sciences de l'UQÀM. Venez poursuivre cette discussion avec M. Barrette en cliquant sur le bouton "Ajouter un commentaire" ci-haut. Il répondra à vos questions et réagira à vos commentaires sur ce blogue jusqu’au lundi 17 mars ! Bienvenue !

21 commentaires

Portrait de mauricemaltais

Bonjour

Parfois le sceptitisme seul c'est un moyen de refuser de croire à une déocouverte. En médecine depuis toujours il s'écoule plusieurs années avant qu'on emploie une découverte. La preuve en médecine ce sont surtout les autres qui peuvent donner des preuves. Celui qui a découvert qu'un simple antibiotique pouvait combattre un ulcère d'estomac même après que le chercheur c'est injecté la bactérie qui provoque l'ulcère puis par la suite a pris un antibiotique, on a attendu 10 ans avvant de s'en servir.

Les journalistes devraient combattre ces faux septiques.

Portrait de mauricemaltais

bonjour

Quand j'écrivais que beaucoup de sciences sont en partie pseudo, je ne pensais qu'on aurait une preuve si convaincante. On lit actuellement qu'il existe des pseudos journeaux scientifiques édités par un grand éditeur scientifique mais payés entièrement pas les compagnies pharmaceutiques.

Maurice

Portrait de mauricemaltais

Bonjour

Je suis d'accord quand on dit que dans les librairies on trouve beaucoup de livres de pseudo science. Sauf que des sciences comme l'astronomie peuvent être en partie considérées comme des pseudo- sciences.

On refute encore aujourd'hui une découverte faite par Velikovsky en n'en parlant presque jamais . Il avait dit que Vénus était une ancienne comète. Et on a découvert que Vénus avait une queue. Donc la possibilité est grande que Vélikovscky avait raison. Quand on ne veut pas mettre les pendules à l'heure on se situe dans une pseudo science.

Maurice

Portrait de THYS

Monsieur le Professeur, cher Monsieur BARETTE,
Je découvre avec le plus vif intérêt certains de vos écrits, notamment à propos de l'esprit critique.

Puis-je me permettre de vous demander votre avis à propos d’une question que je me pose depuis
près d’un demi siècle ?

Ancien croyant (protestant) jusqu'à l’âge de 24 ans, athée depuis, (j’en aurai bientôt 70), et donc d’un point de vue laïque, je m'intéresse aux observations relatives à l'origine psychologique et culturelle de la foi, à partir par exemple des observations du psychologue religieux Antoine VERGOTE, sj, qui, dans « Psychologie
religieuse », constate qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément.

Je m'intéresse aussi aux travaux des neurophysiologistes qui, en explorant par IRM fonctionnelle
notamment les manifestations et le substrat neuronal de la sensibilité religieuse, pourraient expliquer sa fréquente persistance, apparemment par plasticité neuronale, même chez d’éminents scientifiques
et autres intellectuels, pourtant au courant d’alternatives non aliénantes.

Alors que, selon SAVER et RABIN, « le substrat neural de la prédominance d’une pensée ou d’un
affect est l’ensemble du cerveau », certains neurophysiologistes américains, tels que RAMACHANDRAN, ou canadiens, tels que Michael PERSINGER ou Mario BEAUREGARD
trahissent, à mes yeux, leur objectif de conforter leur propre croyance en recherchant l’ « antenne », le « récepteur » que « Dieu » aurait placé dans le lobe temporal pour recevoir sa « révélation » ... !

Ils me semblent inconscients de la connotation déterministe d’un tel point de vue, et du fait qu’ils
occultent en outre l'influence du milieu culturel dans lequel ils ont eux-mêmes baigné ...

Patrick JEAN-BAPTISTE, dans "La biologie de dieu" est plus discret quant à ses convictions : il
reconnaît quand même que les manifestations religieuses résultant d'altérations cérébrales (épilepsie du lobe temporal, par exemple) dépendent du contexte culturel.

Estimez-vous que l'éducation religieuse précoce, forcément affective puisque fondée sur la confiance et l'exemple des parents, et confortée par un milieu culturel unilatéral, laisse des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel, puis rationnel ?

Cela explique-t-il que l'esprit critique ultérieur, quels que soient l'intelligence et le niveau intellectuel, en soit fréquemment influencé, à des degrés divers certes, du moins dès qu'il est question de religion ?

Je souhaiterais enfin vous demander si des observations neurophysiologiques et endocrinologiques, plus récentes que celles en ma possession, vont, ou non, dans le sens d'une imprégnation du cerveau limbique (hippocampe, cortex préfrontal, …), et donc du néocortex.

Votre réponse me serait précieuse. Il m'arrive en effet de donner une conférence dans des cercles de libres penseurs sur le sujet (présomptueux !) :
« Approche psycho-neuro-physio-génético-éducative de la foi », et je cherche évidemment à
m'entourer d'avis compétents.

Je vous remercie déjà de votre obligeance.

Cordialement,

Michel THYS à Waterloo, en Belgique.

.

Portrait de patrice

m barrette que pensez vous de la pnl

Portrait de Nicolas

À quand votre prochain billet ou vos prochaines conférences Monsieur Barrette ?

Portrait de Cyrille Barrette

Logan,
Ta suggestion est intéressante en principe, mais comme tu dois critiquer mon livre pour un cours, je ne suis pas sûr que ce soit approprié de discuter avec moi, à moins que tous les participants au cours puissent le faire. Je te suggérerais plutôt de proposer au professeur une rencontre de discussion de toute la classe, soit avant ou après la remise des travaux. C'est une option pour laquelle je serais disponible.
Bonne réflexion.

Pascal,
Je ne crois pas qu'il faille remettre aux bibliothécaires toute la responsabilité de l'éducation à l'esprit critique, mais ils ont tout de même leur rôle à jouer pour distinguer clairement la réalité de la fiction, la vérité du mensonge et les écrits qui tentent d'être crédibles et sérieux par rapport à ceux qui racontent n'importe quoi.

David,
Les 4 convictions que la science elle-même ne peut pas démontrer et qui constituent ce que j'appelle son crédo sont: 1. La réalité existe indépendemment de nos sens et de notre esprit. 2. Nous sommes capables de cpmprendre cette réalité. 3. Il n'existe rien d'autre que la matière et ses manifestations comme l'énergie et les forces, autrement dit le surnaturel n'existe pas. 4. La nature obéit à des lois et elle ne les viole pas; autrement dit, la magie et le miracle n'existent pas. Si on n'accepte pas ces 4 prémisses, on ne peut pas faire de la science.

Portrait de David

Bonjour,

Vous répondez à la questions d'Aurélie en lui disant "les croyances non fondées les plus répandues chez les scientifiques sont probablement les 4 qui constituent ce que j'appelle le "crédo" de la science."

J'aimerais connaître ces 4 croyances.

Merci

Portrait de Pascal

Sur les bibliothécaires: que recommandez-vous de faire, face à une bibliothèque qui achète le dernier livre d'un gourou New Age, qui a davantage de livres d'astrologie que d'astronomie? Protester? Lui recommander les livres de Cyrille Barrette? :-)

Portrait de Logan

Mr.Barette
étant donné le fait que je suis supposé effectuer une critique sur votre livre pour l'un de mes cours universitaires,j'aurai aimé pouvoir profiter de cette rare et précieuse occasion que l'on pourrait avoir de dialoguer avec l'auteur du livre qu'on lis,pour connaitre qu'elles seraient les points sur lequels vous vous atarderiez si vous aviez tout comme moi,à critiquez votre livre.
merci de votre precieuse aide et pour votre livre.

Portrait de Cyrille Barrette

Yvon,
Quelle belle surprise! Merci pour tes bons commentaires. Juste de voir ton nom me rappelle des souvenirs d'enfance à St-Grégoire.

Portrait de Yvon Paré

Bonjour Cyrille
J'aime beaucoup te lire , je ne suis pas un scientifique mais ta façon de voir répond tellement à mon questionnement . Merci pour ce que tu transmet .

D'un ancien compagnon d'école à St-Grégoire.

Portrait de Cyrille Barrette

François, Je ne connais pas la description de tâches des bibliothécaires et sans vouloir jeter le blâme sur qui que ce soit, je m'inquiète tout de même de l'hygiène mentale d'une société actuelle où l'astrologie est aussi populaire et l'astronomie presqu'aussi méconnue qu'au Moyen-Âge.

Portrait de François

Vousmentionnez les bibliothécaires: malheureusement, je crois qu'ils font leurs choix sur les demandes du public. Supposons que 10 fois plus de lecteurs demandent des livres sur l'astrologie que sur l'astronomie, est-ce que c'est dans la définition de tâche des bibliothécaires de refuser l'astrologie?

Portrait de Cyrille Barrette

À Pascal: À mon avis, il ne s'agit pas de tenter de convaincre l'autre, mais d'exprimer clairement ses propres convictions. Par exemple, en montrant qu'il est légitime d'exiger des preuves, c'est-à-dire des raisons objectives de croire, comme on le ferait pour quelqu'un qui prétend revenir du sommet de l'Éverest.
À Aurélie: Les croyances non fondées les plus répandues chez les scientifiques sont probablement les 4 qui constituent ce que j'appelle le "crédo" de la science. De plus, plusieurs scientifiques, sans être théistes (croire en un Dieu personnel) sont déistes (croire en une puissance supérieure surnaturelle).
À Logan: Oui, la pensée que j'exprime à la page 43 de Mystère sans magie est une utopie, mais certaines utopies sont comme des phares: utiles pour indiquer le chemin et éviter le pire.
À Josée: Je pense que mon petit-fils de 2 ans et demi ne connaît pas encore la légende du Père Noël, mais je crois qu'il sera utile de la lui enseigner, entre autres pour qu'il apprenne sur un sujet banal et sans conséquence que tout n'est pas vrai, qu'il ne faut pas tout prendre au premier dernier et que certaines affirmations sont des métaphores. C'est un début d'exercice d'esprit critique. Pour ce qui est des citoyens qui n'ont pas accès au discours des spécialistes, c'est justement à cela que sert la vulgarisation et la participation aux émissions de télé, par exemple. Enfin les bibliothécaires des écoles ou des librairies et bibliothèques publiques auraient un grand rôle à jouer pour faire la promotion des écrits utiles et formateurs pour l'esprit critique et la liberté de pensée, mais malheureusement l'argent est maître là aussi.

Portrait de Logan

Bonjour Mr.Barette,vous dîtes dans votre livres "Mystère sans magie"p.43 "la science,la religion et la politique se porteraient beaucoup mieux et serviraient beaucoup mieux l'humanité si chacune excellait sur son propre terrain et, tous en se respectant mutuellement, évitait les chevauchements illégitimes avec les autres".
Cette pensé ne serait-elle pas utopique? car de nos jours, il existe belle et bien un pouvoir politique au sein même de la communauté scientifique exercé par les comités d'éthiques, si ceux ci jouent un rôle important, il n'en reste pas moins que leurs descisions restent le reflet d'une pensé populaire fortement influencé par l'orientation religieuse de la majorité.
j'aimerai prendre pour exemple les nouveaux péchés de la religion catholique tel que Les expériences et manipulations génétiques, constitutives de « violations des droits fondamentaux de la nature humaine ».

Portrait de Josée

Finalement, je me demadais... vous avez mentionné que M Larrivée avait mesuré l'espce occupé par les livres de pseudosciences ou autres dans les bibliothèques. Dix fois plus comparativement aux autres livres !! Comment expliquer que ces livres atterrissent en si grand nombre dans nos biliothèques ? La demande ? Mais les bibliothécaires n'ont-ils pas un rôle à jouer dans le choix et par la bande... dans l'éducation des usagés ?

Portrait de Aurélie

Je me demande quelles seraient, selon vous, les croyances non fondées les plus répandues...chez les scientifiques ?

Portrait de Josée

N'est-ce pas là malheureusement un discours de gens éduqués ? Qu'en est-il des citoyens qui n'ont pas accès pour diverses raisons à vos discours, à différentes sources d'informations, etc.?

Portrait de Josée

Bonjour M. Barrette !
J'ai assisté à votre conférence hier ! J'ai beaucoup apprécié votre longue démonstration sur le scepticisme. Je l'ai trouvée... rafraîchissante ! Je me demande : on est effectivement bombardé d'informations (les journaux, les chaînes de nouvelles en continu, et j'en passe !), on travaille de nombreuses heures, on essaie de passer du temps avec nos enfants... J'aimerais bien "douter" mais parfois, je vous avoue que c'est plus facile de recevoir l'information, d'être crédule... Est-ce que je souffre de paresse intellectuelle ? Vous disiez qu'il faut être exigeant mais suffit-il aussi d'avoir le temps ? Auriez-vous quelques petits trucs à partager avec moi ? Et, je me demandais, comme ça, tout bonnement, est-ce que votre petit-fils croit au Père Noel ;-)!

Portrait de Pascal

Résister aux charlatans, c'est une chose. Mais comment en parler avec des amis ou des proches qui sont convaincus, sans les froisser, sans avoir l'air du rabat-joie?