Espérant réduire les risques de réactions immunitaires potentiellement mortelles liées à des transfusions de sang multiples et ainsi sauver des vies, des chercheurs québécois ont mis au point une nouvelle technique de génotypage automatisé à haut débit.

Cette nouvelle technique pourrait éventuellement remplacer les tests de sérologie utilisés depuis une centaine d’années. Héma-Québec s’apprête à créer un registre de 22 000 donneurs afin de faciliter la transfusion sécuritaire pour les patients du Québec. Cette percée technologique est importante. « La mise à profit de l’expertise du Centre de pharmacogénomique Génome Québec et Institut de Cardiologie de Montréal, par les chercheurs d’Héma-Québec, maximise les retombées des investissements en génomique et donne naissance à des applications concrètes qui permettront directement d’améliorer la santé des Québécois » affirme Paul L’Archevêque, DG général de Génome Québec.

Les tests standard de sérologie visent à détecter les protéines de surface et les hydrates de carbone (antigènes des globules rouges) tandis que le génotypage du sang permet de détecter les gènes qui déterminent ces antigènes. On peut donc déterminer les 4 groupes sanguins principaux A, B, AB et O. Par contre, il existe 25 autres groupes sanguins qui sont déterminé par plus de 200 antigènes. Le test sérologique peut facilement détecter le profile ABO du donneur ou receveur et des tests similaires pourraient identifier les autres types d’antigènes. Par contre, les réactifs sont dispendieux et souvent introuvables. Le génotypage offre donc une bonne alternative. En séquençant 31 gènes qui déterminent les antigènes de surface, les hématologues pourront classer le sang parmi les 29 groupes sanguins existants.

La transfusion sanguine est essentielle dans le traitement de nombreuses maladies (leucémies, anémies, cancer). Par contre, dans certains cas, notamment celui de patients transfusés fréquemment, l’organisme peut réagir contre le sang du donneur et produire des anticorps qui compliquent les transfusions subséquentes. Au Québec, il y a 5 000 transfusions faites chaque année à des patients difficiles à transfuser. Selon l’Agence de santé publique du Canada, 1 transfusion sur 12 000 provoquerait une réaction immunitaire immédiate grave qui provoquerait 1 fois sur 600 000 la mort du patient. Il y aurait aussi des réactions mineures 1 fois sur 5000 transfusions.

http://www.hema-quebec.qc.ca/francais/centredepresse/coms2007/20071218.htm

Sabrina Vinet-Étudiante