Le débat sur le clonage humain démontre que l'éthique diffère d'une culture à l'autre. D'un côté, l'emipirisme anglo-saxon, le refus de toute interdiction a priori, issu d'un droit basé sur un débat contradictoire, et d'une culture influencée par les philosophies de Hume au XVIIIe siècle et de Stuart Mill au XIXe siècle ; de l'autre les Latins, notamment les français, attachés à une vision d'intérêt général, à un impératif supérieur du bien public dont la culture est influencée par le philosophe Kant, et du droit issu du droit réglementaire romain. LA tradition protestante s'oppose à la tradition catholique ! Réconcilier ces deux points de vue apparaît bien difficile.
Cependant, le 11 octobre 1997 à Strasbourg, les dirigeants des quarante et un Etats membres du Conseil de l'Europe se sont prononcés pour l'élaboration d'un protocole additionnel à la Convention européenne sur la bioéthique, appelant à l'interdiction de "toutes applications des techniques de clonage qui visent à produire des êtres humains génétiquement identiques". Le 12 janvier 1988, près de la moitié des Etats membres du Conseil de l'Europe ont finalement signé ce protocole, faisant de celui-ci le premier véritable instrument juridique international contraignant contre le clonage humain. Le texte exclut toute dérogation à l'interdiction de créer des êtres humains génétiquement semblables à un autre, vivant ou mort, et quelle que soit la technique. Il prévoit de lourdes sanctions pénales en cas d'infractions constatées dans les pays européens, lesquelles seront accompagnées d'une interdiction d'exercer pour les chercheurs et les particiens, et de la suppression des licences pour les laboratoires ou cliniques concernées. De même, des poursuites pourront être engagées contre des laboratoires ou des citoyens qui ouvriraient des cliniques en dehors de l'Europe.
Instrument juridique international contraignant ce texte vise donc à protéger les êtres humains contre toute application abusive des progrès biologiques et médicaux. C'est ainsi que pour éviter la commercialisation du génome humain, certains scientifiques et politiques souhaitent qu'il devienne patrimoine commun de l'humanité (et qu'on arrête avec cette volonté de vouloir breveté le génome ce qui pourrait servir des intérêts opposés). "C'est un domaine de la connaissance qui ne peut faire objet de monopoles", déclarait en 1991 le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé. L'UNESCO prépare une Convention dans ce sens.