« Ce traitement est ciblé sur la tumeur, il permettrait d’administrer des doses de médicament beaucoup plus faibles que lors d’une chimiothérapie » déclare le Professeur Sylvain Martel, directeur du laboratoire de Nanorobotique de l’école polytechnique de Montréal. Et il ajoute : « On réduit la toxicité et les effets secondaires chez le patient, on peut traiter plus de patients et réduire le temps d’hospitalisation ».

Ce traitement « miracle » fait intervenir un complexe composé de bactéries magnétotactiques et de nanoparticules chargées d’agents thérapeutiques, comme la doxorubicine utilisée en chimiothérapie. Mais c’est quoi cette bibitte ? Ces bactéries, de souche MC1, possèdent un magnétosome qui leur sert de boussole interne pour s’orienter dans le champ magnétique terrestre. Les chercheurs utilisent un appareil d’imagerie par résonance magnétique nucléaire dont la force du champ magnétique est bien supérieure à celle du champ terrestre, pour contrôler le trajet des bactéries dans les vaisseaux sanguins du corps humain et les acheminer à leur destination.

Au départ, l’équipe du Dr Martel a essayé de déplacer des nanoparticules métalliques dans les vaisseaux sanguins mais sans parvenir à maîtriser leur direction. C’est en utilisant des bactéries magnétotactiques qu’elle a contourné ce problème. Les bactéries ont une taille d’environ deux micromètre, elles peuvent donc aller même dans les capillaires les plus petits. Elles se déplacent grâce à leurs flagelles qui sont comme des petits bras à la surface de leur paroi et leur trajectoire est soumise aux variations du champ magnétique de l’appareil à résonnance magnétique utilisé par les chercheurs. « La biologie vient au secours de la physique », selon Sylvain Martel. Ces bactéries sont non pathogènes et ne se multiplient pas dans le corps. À la surface de leur paroi, on attache des anticorps eux-mêmes liés à des nanoparticules contenant des agents thérapeutiques. Le facteur limitant est que cette souche bactérienne ne vit que quelques minutes à la chaleur du corps humain. Elle nécessite donc d’être protégée à l’intérieur d’une capsule qui joue le rôle d’un transporteur (en cours de brevet) jusqu’au point cible où sont alors relarguées les bactéries. « Comme un bateau amènerait des plongeurs là où il ne peut pas aller », explique le Dr Martel. Ce complexe bactérie-nanoparticules-médicament permettrait de soigner des tumeurs localisées uniquement.

Bien sûr, on peut s’inquiéter du devenir de ces nanoparticules dans notre corps. Des tests sur les souris montrent que de telles nanoparticules ne déclenchent pas une réaction du système immunitaire et que la grande majorité d’entre-elles sont éliminées par le système urinaire.

À quand les tests sur les humains ? « Dans moins de cinq ans », répond Sylvain Martel.

Si vous voulez en savoir plus sur ces travaux de recherche, une ancienne émission de Découverte pourra compléter mon blogue, en voici le lien :

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia%3D/Medianet/2007/CBFT/Decouverte200712021830_4.asx">http://">http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia%3D/Medianet/2007/CBFT/Decouverte200712021830_4.asx

Et aussi le site du laboratoire de Nanorobotique de l’école polytechnique de Montréal du Professeur Sylvain Martel :

http://wiki.polymtl.ca/nano/fr/index.php/Laboratoire_de_NanoRobotique