Discutez avec nos experts ! - Émilien Pelletier, écotoxicologue
Vous aimeriez avoir des précisions sur les conséquences actuelles ou futures du déversement pétrolier dans le golfe du Mexique? Vous avez des commentaires? Des idées à partager? Venez en discuter avec notre expert, qui vous répondra pendant toute la prochaine semaine.
L’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, le 20 avril dernier, est à l'origine d'une marée noire qui serait la plus importante aux États-Unis depuis la catastrophe de l’Exxon Valdez en 1989. Située au départ dans le golfe du Mexique - en territoire américain, elle repose maintenant à 1600 mètres de fond. Les trois fuites localisées à ce jour sont extrêmement difficiles à colmater, et le déversement continue, menaçant les écosystèmes et l’économie locale.
Dix jours après la catastrophe, les premières boulettes de pétrole sont retrouvées sur les plages les plus proches. Vingt jours après l'accident, la résolution du problème semble encore hors de portée. Devant les interrogations soulevées par la situation, nous avons invité Émilien Pelletier, chercheur en océanographie et directeur de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie moléculaire en milieux côtiers à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER).
Au fil des années, les travaux de son équipe ont notamment porté sur le traitement des nappes de pétrole en mer et la bioremédiation des sols et sédiments, contaminés par les résidus pétroliers et les rejets industriels. Ses travaux en cours portent entre autres sur les mécanismes cellulaires et moléculaires qui expliquent la toxicité des contaminants anthropiques sur les espèces marines des milieux côtiers.
Cliquez ici pour visionner la dernière entrevue d'Émilien Pelletier au Téléjournal de Radio-Canada.
La parole est à vous!
16 commentaires
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par Émilien Pelletier
il y a 2 années
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La zone d'interdiction de pêche et de récolte est très grande en ce moment et est en bonne partie préventive. Dès la fin du déversement, les autorités responsables de la qualité sanitaire des produits alimentaires et de leur mise en marché vont devoir évaluer la véritable ampleur de la contamination des produits marins. Pour les poissons, la période de quarantaine peut être assez courte (quelques jours à quelques semaines) car les poissons ont une bonne capacité de dépuration naturelle (enzymes P450) mais les crustacés et les bivalves sont beaucoup plus vulnérables et les zones exposées pourraient être fermées pour des mois. |
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par Pascal Lapointe
il y a 2 années
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Pourquoi est-il si difficile de calculer la quantité de pétrole qui s'est échappée? Et si les estimations les plus pessimistes sont exactes, où se trouve le pétrole qu'on ne voit pas? Je peux comprendre que dans les premiers jours, on n'avait que des images de la fuite, ce qui ne facilitait pas les estimations. Mais à présent que l'on peut mesurer l'étendue du pétrole à la surface de l'eau, et l'élargissement de la nappe jour après jour, pourquoi n'est-ce pas une simple question de calcul et de géométrie? De plus, avec ce qu'on sait du pétrole depuis des décennies, ne devrait-on pas être capable d'estimer la proportion qui reste cachée entre deux eaux? |
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par Émilien Pelletier
il y a 2 années
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En général, les compagnies responsables de déversements n'aiment pas dévoiler les quantités précises de pétrole déversé. Il a fallu des années à Exxon pour révéler le volume exact du pétrole perdu par l'Exxon Valdez alors que cette donnée était certainement connue depuis le début de l'accident. Ici l’estimation est plus difficile car on ne connait pas la taille du réservoir souterrain, ni le débit précis du pétrole qui sort du tuyau brisé par 3 endroits. Ce débit va probablement varié avec la réduction progressive de la pression dans le réservoir et aussi avec la présence du gaz naturel qui forme des hydrates au contact de l’eau de mer. On peut supposer que BP connait assez bien la quantité déversée quotidiennement mais ne tient pas à le révéler publiquement à cause des poursuites et des procès qui suivront très certainement. |
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par Nathalie Guimond
il y a 2 années
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Est-ce ce que selon vous, les mesures prises à ce jour pour contrer les conséquences de cet accident sont les plus efficaces? Y aurait-il quelque chose d'important - qui aurait échappé aux spécialistes et aux autorités, qui pourrait aider à limiter les dégâts? Merci! |
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par Émilien Pelletier
il y a 2 années
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Je crois que les mesures prises pour contenir la nappe de pétrole dans une zone restreinte et pour empêcher la nappe de toucher les zones sensibles sont considérables et relativement efficaces malgré l’ampleur du déversement. Il y a évidemment des mesures controversées comme l’utilisation massive des dispersants ou encore le brûlage mais il reste que relativement peu de dommages ont été observés sur la côte et en particulier dans les zones de marais et de nidification des oiseaux jusqu’à maintenant. La situation peut changer rapidement. Il n’y a pas de méthode miracle contre les déversements de pétrole et de façon étonnante les principaux moyens déployés actuellement sont les mêmes que ceux utilisés il y a 30 ou 40 ans. Il y aurait place pour une grande innovation technologique |
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par Martine Klepper
il y a 2 années
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Bonjour, |
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par Émilien Pelletier
il y a 2 années
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Ce sont des questions très difficiles compte tenu du peu d'information scientifique qui circule. Il va falloir des mois voire des années pour évaluer l’étendue des dommages environnementaux surtout à la faune marine. L’utilisation des dispersants chimiques est décriée par de nombreux biologistes marins car toutes les données scientifiques montrent que le pétrole dispersé est très nocif pour les jeunes stades de la vie marine (les œufs, les larves, les alvins,…) ainsi que pour les invertébrés et les poissons qui nagent dans les premiers mètres de la colonne d’eau. Le temps de récupération de la zone affectée actuellement dépend de l’ampleur des dégâts, d’une part, et des conditions océanographiques (courants, mélanges, température), d’autre part. Les dommages ne sont toutefois pas irrémédiables et tôt au tard l’écosystème marin va se rétablir . |
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par François Desmeules
il y a 2 années
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Bonjour, qui vérifie que les poissions et fruits de mers contaminés ne sont pas pêchés, légalement ou illégalement... ? |
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par Émilien Pelletier
il y a 2 années
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Aux États-Unis, la police de la mer est assurée par la Garde côtière qui a de vastes responsabilités en termes de sécurité de la navigation, de surveillance des zones interdites de navigation et de tout le trafic maritime. On peut supposer que le contrôle de la zone interdite à la pêche dans le golfe est aussi sous la responsabilité de la Garde côtière. |
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par Sandrine Hébert
il y a 2 années
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Mais quels engins peuvent décendre à une profondeur comme ça ! C'est un peu ça le probleme, non? |
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par Émilien Pelletier
il y a 2 années
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La pression dans la zone du puits en folie est d'environ 150 fois la pression atmosphérique. Aucun plongeur ne peut descendre à une telle profondeur. La compagnie BP utilise des robots qui sont dirigés de la surface et qui peuvent se déplacer librement et aussi accomplir des tâches assez complexes comme utiliser des outils et surtout examiner la nature du problème. Il leur faut assez un éclairage puissant et des caméras qui résistent à la pression. Il existe de part le monde quelques sous-marins habités capables de descendre à une telle profondeur et même beaucoup plus. Il faut penser à l’Alvin qui a plongé sur l’épave du Titanic il y a quelques années. |
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par Sandrine Hébert
il y a 2 années
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bonjour, j'ai lu que c'était efficace de ramasser du pétrole sur l'eau avec des cheveux. Est-ce cette stratégie est déja appliquée dans le Golfe du Mexique ? merci |
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par Émilien Pelletier
il y a 2 années
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Je ne connais aucune étude scientifique à propos de l'efficacité des cheveux à capturer le pétrole. A première vue c'est plutôt étonnant comme matière absorbante pour le pétrole. Les cheveux se mouillent facilement ce qui devrait entraîner le boudin et le pétrole absorbé vers le fond, ce qui est évidemment pas souhaitable. Il y a beaucoup d'autres matériaux éprouvés et disponibles en abondance comme la tourbe. Les matières absorbantes sont utilisées seulement sur de petites surfaces avec du pétrole fraîchement déversé pour un maximum d’efficacité. Le problème de la gestion des déchets après usage reste présent pour tout absorbant. |
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par Émilien Pelletier
il y a 2 années
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Je ne crois pas que l'approche de jeter des pierres ou du sable serait efficace. D'abord à cause de la très grande profondeur et de la difficulté de déposer les matériaux au bon endroit, ensuite parce que la pression dans le puits est très forte et que le pétrole trouverait toujours le moyen de percoler à travers ces matériaux. Enfin notons que BP n'a certainbement pas renoncer à exploiter ce puits et donc la méthode de colmatage actuel doit permettre de remettre ce puits en opération un jour ou l'autre. Il leur faut colmater les fuites au mieux dans l'immédiat et forer un puits de secours pour récupérer le pétrole ensuite. |
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par André Cotte
il y a 2 années
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J'ai entendu que BP aurait pu colmater rapidement le puit en y laissant tomber des tonnes de roches. Mais en le faisant, ils compromettaient la future exploitation du puit. Cette méthode de colmater est-elle valable et a-t-elle été utilisée ailleurs? |
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Bonjour, bien que les organismes présentant une valeur commerciale sont interdits de pêche ou de récolte suite au déversement, est-ce qu'on sait pendant combien de temps ils demeureront contaminés ou plutôt après combien de temps il sera possible de les commercialiser à nouveau? Les E-U ont maintenant des normes très sévères quant à la qualité des produits marins et cela influence beaucoup l'importation au Canada. Mais est-ce que les produits mexicains sont soumis aux même normes?
Quels types de toxines (ou contaminants) peuvent se retrouver dans les organismes suite à un déversement et à partir de quand elles deviennent létales?
Dans un autre ordre d'idée, que pensez-vous des projets de forage pétrolier présentement à l'étude dans le golfe du Saint-Laurent?