Hier, le 12 juillet, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, et la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, ont annoncé un appui financier important pour le consortium Ouranos.

En tout, 14,4 M$ seront injectés pour la recherche en science du climat. Le projet fait partie intégrante de la récente Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation . Dès son annonce le 28 juin dernier, certains ont interprété ce plan d'action comme un hypocrite levier industriel, axé sur la pure commercialisation et la recherche à toutes fins pratiques. Étonnement, le communiqué de presse d'hier est plus annonciateur de recherche à caractère fondamental et, surtout, vise une problématique beaucoup plus sociale que commerciale.

Des montants de 900 000 $ et de 1,5 M$ sont octroyés au consortium Ouranos et au Centre ESCER pour le soutien aux chercheurs dans le cadre du Plan d'action 2006-2012 sur les changements climatiques du gouvernement du Québec . Ce plan est financé par le Fonds vert et est administré par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Quant au financement de base de 12 M$ pour le consortium Ouranos, il provient du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation dans la foulée de la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation dont une mise à jour à été rendue publique le 28 juin dernier.

Le consortium Ouranos a été créé en 2001 avec l'objectif d'aider la société à faire face aux changements climatiques. Sa mission consiste à acquérir et à développer des connaissances sur les répercussions socioéconomiques et environnementales de ces changements. Les connaissances développées par le consortium servent à informer les décideurs sur l'évolution du climat et à les conseiller en vue de cibler, d’évaluer et de mettre en œuvre des stratégies d'adaptation locales et régionales. Grâce au Plan d’action, le Québec prend résolument le leadership du développement durable en Amérique du Nord en se donnant les moyens de réduire ses émissions de gaz à effet de serre sous le niveau de 1990. Ainsi, le Québec se situe parmi les chefs de file internationaux de la lutte contre les changements climatiques et prend le virage dans la direction d’une économie verte et prospère.

Définitivement, cette mise en œuvre de la Stratégie québécoise sur la recherche et l'innovation fait preuve de beaucoup plus d'ouverture face à la recherche fondamentale et à l'implication sociale de nos scientifiques. Elle contourne passablement l'horizon à caractère purement commercial négativement attendu par certains. Comme quoi notre gouvernement n'aurait pas que des billets verts en tête lorsqu'il politise et administre la science !

Jean-Raphaël Champagne