Les nations recensent leurs populations depuis au moins 5000 ans. Les canadiens se prêtent à cet exercice aux 5 ans, c'est obligatoire. L'année prochaine, 1 foyer sur 5 recevra le formulaire de rencensement, soit plus de foyers que les années précédentes, mais avec une différence énorme aux yeux de la communauté scientifique: le long formulaire, qui était auparavent obligatoire, est maintenant remplacé par l'Enquête nationale auprès des ménages, qui elle est optionnelle. Depuis que ce changement a été annoncé, plusieurs voix se sont fait entendre pour dénoncer cette initiative du gouvernement Harper, la plupart s'entendant pour rappeler qu'un sondage optionnel n'offre pas du tout la même qualité d'information que si c'était obligatoire. L'étude est automatiquement biaisée.

Conséquence, le directeur de Statistique Canada, Munir Sheikh, a rendu sa démission:

«La raison pour laquelle j'ai démissionné est à cause de certains reportages publiés dans les médias, à l'effet que Statistique Canada ne faisait pas que mettre en oeuvre la décision du gouvernement, mais qu'elle avait recommandé qu'ils soient faits», a cependant précisé le statisticien.

«L'optique qu'il y avait cette perception que Statistique Canada appuyait une décision que la plupart des statisticiens n'appuieraient pas... Ça semait un doute sur l'intégrité de l'Agence et comme tête dirigeante, je n'aurais pas pu survivre dans ce travail.»

De son côté, le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a plaidé que son gouvernement trouvait inapproprié d'obliger les Canadiens à dévoiler des informations privées et personnelles, sous peine d'amendes ou d'emprisonnement. Lors qu'on lui a demandé si des Canadiens avaient déjà été condamnés pour cette offense, il n'a que répété ses arguments. La réponse est non, jamais un Canadien n'a été emprisonné ou payé une amende pour avoir négliger son devoir de citoyen.

Une histoire qui n'a pas fini de faire couler l'encre.

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