On dit que lorsque deux personnes s’entendent bien, elles ont les atomes crochus. C’est pourquoi en cette semaine de la Saint-Valentin on peut se demander si l’amour est une question de chimie. En fait, les scientifiques ont identifié plusieurs molécules qui joueraient un rôle dans les relations amoureuses. Mais quelles sont-elles?

L’androstenol

Saviez vous que nous avons des points communs avec le cochon? L'androstenol, est l’attirant sexuel (phéromone) du cochon. La phéromone est présente dans l’haleine du mâle qui l’utilise pour attirer la femelle. Quand les scientifiques ont découvert que l'androstenol est une des composantes de la sueur des hommes ils se sont demandés si la molécule pouvait aussi agir comme phéromone et était capable d'attirer les femmes. Plusieurs études ont été faites pour vérifier cette hypothèse avec des résultats plus ou moins concluants. Une est souvent citée par ceux qui croient aux effets de l'androstenol. La phéromone a été appliquée sur des sièges de cinéma et les femmes ont choisi massivement ces sièges par rapport à ceux sans la phéromone. Vous voulez vérifier cela par vos même? Tapez, "androstenol", sur Google et vous allez trouver toute une panoplie de produits vous promettant l’amour à la première odeur.

La phényléthylamine

Certaines personnes ont le besoin de se sentir constamment en amour, un état psychologique qui a soulevé l’intérêt des chercheurs. Des scientifiques de l’Université de New York ont découvert que le cerveau de ces personnes contenait de grandes quantités de phényléthylamine, une molécule de la famille des amphétamines. Comme les amphétamines agissent comme des stimulants et produisent un effet d’euphorie on voit pourquoi la phényléthylamine correspond bien à ce l’on imagine être une molécule de l’amour. De plus on trouve aussi la phényléthylamine dans le chocolat et celui n’est-il pas le cadeau des amoureux? Ce pourrait-il que l’on offre du chocolat à la Saint-Valentin pour augmenter le sentiment d’amour chez notre partenaire? Et lorsque celui-ci nous quitte est-ce que nous nous rabattons sur le chocolat pour retrouver ce sentiment qui nous transporterait dans un autre monde? Tout cela a l'air bien plausible mais il y a un problème avec cette théorie. La phényléthylamine est bien produite par le cerveau où elle semble être associée à la passion amoureuse. Elle est aussi présente dans le chocolat mais la phényléthylamine du chocolat ne peut pas pénétrer dans le cerveau. Elle est bloquée par la barrière sang-cerveau. Mais il y a un moyen de résoudre le problème. Un précurseur de la phényléthylamine, la phénylalanine peut pénétrer dans le cerveau et former la molécule désirée. À la Saint-Valentin au lieu d’offrir du chocolat, offrez un produit riche en phénylalanine...des peanuts; c’est moins cher et plus efficace!

L’ocytocine

Après la passion engendrée par la phényléthylamine vient le stage de la tendresse qui est l'apanage des relations durables. Là encore une molécule semble jouer un rôle déterminant. L'ocytocine, joliment surnommée "molécule de câlinage" est présente chez tous les mammifères, y compris chez les humains, et joue un rôle primordial dans le comportement. Quand l'ocytocine est injecté dans le cerveau de souris on remarque une diminution de l'agressivité et une augmentation de la sociabilité. Chez la femelle l'ocytocine favorise l'attachement qu'elle développe avec ses petits. Ceci est également observé chez l'humain. Chez la femme la période qui suit l'accouchement, qui est normalement associé à un grand sentiment de tendresse, correspond à des maximums d'ocytocine chez la mère. Par contre chez l'homme, ces maximums se retrouvent juste après l'acte sexuel. Sans commentaires!

La dopamine

Cette molécule est un neurotransmetteur qui est associée chez les utilisateurs de drogues à la sensation de plaisir et de dépendance. Des études de laboratoire suggèrent qu'elle pourrait aussi être un facteur dans les sentiments de fidélité. Plus de 95% des mammifères sont polygames. Une des exceptions est un petit rongeur, le campagnol des prairies, où le mâle forme un attachement durable avec sa partenaire. Les chercheurs ont déterminé que dès le premier accouplement le cerveau du mâle produit de larges quantités de dopamine. Par contre lorsque le mâle est injecté avec un composé qui bloque les effets de la dopamine il change complètement d'attitude. Il oublie sa compagne et cherche à s'accoupler avec toutes les femelles du voisinage. Une bonne excuse pour l'homme pris en flagrant délit…"Ce n'est pas ma faute, je suis déficient en dopamine"!

- Le site de l' Organisation pour la science et la société de l'Université McGill