Dans les années 1960, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides, la mécanisation, l’amélioration de l’irrigation et le développement de nouvelles variétés céréalière permit une véritable révolution dans le monde agricole. C’est ce qu’on appela la révolution verte.

Ainsi, à partir du 20e siècle, on vit de moins en moins de grandes famines meurtrières, même si le problème de la malnutrition reste. Avec l’amélioration des conditions de santé et d’hygiène (grâce entre autres aux vaccins et aux antibiotiques), la plus grande efficacité de l’agriculture aura contribué à l’augmentation de l’espérance de vie… et de la population. Pour atteindre le chiffre mirobolant de 9 milliards d’êtres humains en 2050… Ironiquement, on se demande aujourd’hui comment nourrir ces 2 milliards de bouches de plus !

Et sur quoi la révolution verte s’appuie-t-elle, croyez-vous? Je vous le donne en mille.

Le pétrole.

Engrais, pesticides, mécanisation … rien de cela n’aurait été possible sans l’accès à une ressource facile à extraire, qu’on pensait quasi-illimitée… L’agriculture moderne repose essentiellement sur cette ressource : pour le transport des marchandises, pour l’emballage, pour faire rouler serres et poulaillers... Et comme on l’a vu plus tôt, les réserves de pétroles ne sont pas infinies. Quant à la production de biocarburant pour remplacer ce pétrole, ce n’est certainement pas l’idée du siècle… Faire pousser du maïs… pour produire de l’éthanol… pour cultiver du maïs pour notre consommation ? Bonjour l’efficacité !

Alors que la population et le niveau de vie moyen augmentent, les habitudes de la planète changent aussi. On mange ainsi de plus en plus de viande. Cette viande requiert eau, espace, et surtout, grains pour la nourrir. Une pression sur les terres agricoles qui s’ajoute à celle de l’urbanisation croissante.

Alors... quel sera l’avenir de l’agriculture traditionnelle?

Catherine Couturier .

Ajout: Dans un récent billet, Andrew Revkin (qui a déjà mis en doute la pertinence d'une seconde révolution verte) parle du rôle des OGM dans l'adaptation que devra subir l'agriculture si nous voulons nourrir 9 milliards d'humains.

Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.