Les revers de la vente de tests génétiques directement aux clients, sans réglementation ni encadrement.

Décider de subir un test génétique n’est pas une décision à prendre à la légère. Nous ne sommes pourtant qu’à un clic de lever le voile sur notre identité génétique puisqu’à l’heure actuelle, plusieurs entreprises offrent déjà ce service par l’entremise d’Internet. Aucune prescription médicale nécessaire. Encore mieux, l’entreprise Pathway Genomics, a même tenté de vendre, en vain, une trousse de test génétique en pharmacie.

Préoccupée par les conséquences de laisser l’industrie s’épanouir seule et sans encadrement sur la santé publique, la Food and Drug Administration (FDA) entreprenait récemment quelques actions pour réglementer la situation. La FDA a réuni un comité d’experts sur la question, lesquels ont recommandé que certains tests génétiques ne soient accessibles que par l’entremise d’une prescription médicale.

Il est vrai que plusieurs histoires à propos des résultats de tests génétiques vendus directement aux clients font frémir. Prenons le cas des tests de paternité. Le New Scientist faisait récemment enquête sur la fiabilité des résultats de cette catégorie de tests génétiques. Ils ont envoyé plusieurs échantillons à la firme biotechnologique Health Genetic Center. Le laboratoire de cette entreprise torontoise détecte le matériel génétique fœtal contenu à même le sang maternel pour établir la paternité du futur enfant. Lors de l’enquête, non seulement plusieurs erreurs d’analyse génétique ont été repérées, mais la compagnie a même trouvé un père à un fœtus à partir d’un échantillon sanguin provenant d’une femme qui n’avait jamais été enceinte.

Alors que les autorités américaines vont de l’avant pour encadrer la vente de tests génétiques directement au client, au Canada, aucune législation n’encadre l’emploi de ces derniers. En attendant, la prudence est de mise pour les consommateurs canadiens.

Véronique

Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.