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Entre deux maux, il faut savoir choisir le moindre

Equipe schiste, le 1 avril 2011, 15h14

Les ressources naturelles se font rares, la population mondiale ne va pas en diminuant, le pétrole et le charbon polluent atmosphère, rivières et océans et l’énergie nucléaire a du plomb dans l’aile. Alors maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

Comme la majorité des citoyens de la Terre, je suis inquiet. Inquiet pour notre planète, notre eau, notre air, nos arbres, nos enfants.
Une autre centrale nucléaire est hors de contrôle et les autorités nous endorment avec des chiffres que personne ne comprend. L’Océan, quant à lui, n'a pas besoin de chiffres pour comprendre qu'une soupe toxique et hautement radioactive se déverse dans ses eaux qui portent la vie depuis la nuit des temps. Mais tout va bien, ne nous affolons pas.

On se retrouve tout de même avec une île de 120 millions d’habitants exposés au pire poison que la science actuelle connaisse, le Plutonium, issu du MOX s’échappant du réacteur numéro 3 de la centrale nucléaire désormais tristement célèbre de Fukushima et une mégalopole de 30 millions d’habitants à qui l’on déconseille de boire de l’eau du robinet. Par conséquent, ses habitants n’osent plus se doucher — je vous laisse imaginer l’horreur de la situation — et pourtant, l’énergie nucléaire est considérée par NewScientist comme étant la plus sécuritaire qui soit. J’ai bien envie de demander à ces toges blanches s’ils ont pris en compte les bébés mutants et tous les cancers «Made in» Tchernobyl qui ont suivi la dernière catastrophe du genre.

Pendant ce temps, au Québec, notre voix, celle des habitants de cette Terre, a été entendue et la rapport du BAPE rassure ; l’industrie ne fera pas ce qu’elle veut mais ce qu’il faut faire pour respecter la Terre et ses habitants, c’est à dire nous, du moins, on ose l’espèrer.

Je vous propose donc maintenant le quiz suivant :

  • Mes réserves mondiales sont énormes.
  • Je représente près du quart de la consommation énergétique mondiale.
  • Je suis disponible sur tous les continents.
  • Je nécessite peu de traitements, on peut presque me consommer sous ma forme primaire.
  • Je suis le combustible fossile le moins polluant, — sachez d'ailleurs que si ma combustion était parfaite et totale, il n'y aurait que des rejets d'eau et de dioxyde de carbone —.
  • Je suis très facilement transportable par gazoduc.
  • M. Raymond Savoie, président de Gastern Montréal, a dit que mon potentiel énorme peut répondre aux besoins du Québec et des Maritimes pour deux ou trois générations.
  • Malgré tout cela, on me boude. Qui suis-je ?

Guillaume B.

Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.

9 commentaires

Portrait de vlevee

Bonjour,

J'aimerais considérer l'expression « répondre aux besoins du Québec ».
De quels besoins parlons-nous?
Des besoins en méthane pour les québécois? Quels sont-ils réellement?
Est-ce qu'il ne s'agit pas plutôt des besoins de Gastern Montréal (et autres compagnies) de se développer?
Et si on mettait dans la balance, d'un côté les besoins en eau potable, en écosystèmes sains, en terres cultivables, et de l'autre les besoins en méthane et les besoins de développement de l'industrie des gaz de schiste? Quel plateau pèserait le plus lourd?

@ Guillaume: Écrire un tel billet n'était effectivement pas simple. J'en ai bien aimé la lecture même si je ne suis pas vraiment d'accord avec le contenu.

Valérie

Portrait de Equipe schiste

Merci, Valérie !

C'est une très bonne question !
J'essaierai d'y répondre après la fin de session ;)

Portrait de Meloche

Les gaz de schiste...

Ou comment se faire du capital de sympathie sur le dos d'une tragédie. Si les gaz de schistes ne risquent pas de nous sauter au visage comme c'est le cas pour le nucléaire, les méfaits environnementaux causés par l'injection dans le sol de tonnes de produits chimiques nécessaires à leur extractions et les risques associés à la contamination de la nappe phréatique(comme on l'observe chez nos voisins du sud) en valent-ils la chandelle?
Dois-je vous rappeler que les besoins en eau potable ne cesse d'augmenter et que c'est plus que 2 ou 3 générations qui auront besoin de ce précieux liquide encore abondant au Québec et ayant une valeur bien plus grande pour le vivant que n'importe lequel des combustibles fossiles . La nécessité de préserver cette richesse prime face à la manne économique que pourrait représenter l'exploitation des gaz de schiste par quelques compagnies qui se sauveront ensuite avec les profits nous laissant avec les dommages collatéraux.

Sachant que les réserves en énergie solaire sont inépuisables tant que celui-ci brillera, sachant que la combustion d'hydrogène ne produit que de la vapeur d'eau comme rejet, sachant qu'il est maintenant possible de fabriquer du pétrole à l'aide d'algues tout en recyclant le CO2, donnez-moi une raison valable de risquer la contamination de nos terres et de notre eau autre que "c'est moins pire que le nucléaire"? D'ailleurs ce débat commence à constituer une perte d'énergie considérable. Le peuple n'en veut pas, point. Consacrons maintenant nos efforts aux développement d'énergies alternatives durables et non-dommageables à l'environnement!

Portrait de Equipe schiste

Merci énormément de contribuer à ce débat — même s'il constitue une perte d'énergie — et de donner l'heure juste à ce sujet.

C'est tout un défit que d'écrire en faveur de cette exploitation destructrice, qui vole non seulement les terres des gens vivant à proximité des puits — car qui dit nappe phréatique polluée dit perte de la valeur immobilière des propriétés et très souvent déménagement forcé sans aucune indemnité méritant d'être ici mentionnée — mais aussi ; pollution sonore, de l'air, des cours d'eau avoisinants et parfois même d'une partie de la faune. Et c'est nous, le peuple — comme toujours —, et nos descendants qui en font les frais.

Si j'étais Japonais, je me ferais harakiri.

Car voilà, je n'ai pas eu le choix d'écrire en faveur des gaz de schiste. Que nenni.
Si vous lisez bien le "À propos" de ces billets de blogue, vous verrez qu'ils sont écrits dans le cadre d'un cours de l'Université de Montréal, et ce que l'histoire ne dit pas, c'est que nous n'avons pas choisi d'être pour ou contre le sujet qui nous a été confié. ; )

Sachez également que nous avons cinq billets à écrire sur le sujet.
Ça fait beaucoup, cinq, et dans mon cas, je suis un peu à cours d'idée — ce qui va de soit vu qu'aucun argument digne de ce nom ne peut défendre pareil ineptie —.

Voilà. Merci donc pour vos commentaires et bonne lecture !

Guillaume Vincent B.

Portrait de Meloche

Merci Guillaume de remettre l'article en perspective et de prendre position contre un billet que tu as toi-même signé. Saches toute fois que je crois fermement qu'on a toujours le choix de nos actes et que bien qu'étant une valeur malmenée, l’intégrité est plus importante que jamais. On choisit le camp dont on défend les idées et les générations futures nous en tiendrons rigueur ou non, selon le camps qui emportera la joute.

Pour ma part, ce genre de billet viens profondément ternir l'idée même que je m'étais fait de ce site (ASP). L'idée qu'un site sur les sciences puisse être envahis par un vulgaire lobby comme le sont nos gouvernements, m'est insupportable et mine grandement sa crédibilité à mes yeux. Je sais, ce n'est pas un phénomène nouveau, mais j'aime penser qu'un article scientifique devrait être le plus objectif possible.

Je n'écris pas d'articles ou de billets scientifiques, je puis donc me permettre de prendre parti contre toute exploitation d'hydrocarbures dans le couloir du St-Laurent, incluant le fameux projets "Old Harry". Encore une fois l’appât du gain risque de mettre en périls le joyaux que représente le Golf du St-Laurent.

Sur une note un peu plus positive, nos cousins français semblent sur le point d'interdire l'exploitation des gaz de schiste(http://info.france2.fr/planete/gaz-de-schiste-vers-l-interdiction--68296493.html). Les élus français sont encore à l'écoute des électeurs contrairement aux nôtres. Serait-ce parce que les citoyens français sont encore capable de mobilisation générale? Ça ne semble plus être le cas ici. Je crains qu'une bonne part de nord-américains soit atteint d’indifférence. On se contente pour l'instant d'un pseudo moratoire...

Portrait de Equipe schiste

Bonjour, Meloche !
Avant tout, merci d'avoir pris le temps de lire mon commentaire et de commenter à nouveau, c'est très apprécié.

J'aimerais que vous sachiez que même si cet exercice m'a profondément embêté, j'en ressors gagnant.
J'ai profondément ragé lorsque j'ai su que je devais écrire en faveur des gaz de schiste mais le discours que je peux tenir aujourd'hui contre cette exploitation est de loin plus documenté qu'il ne l'était avant ce cours.

Je reste sur mes positions ; je suis foncièrement contre l'exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, toutefois je suis allé là où je n'aurais jamais mis les pieds autrement, j'ai écouté et lu ce que "l'ennemi" avait à dire ; bref, j'ai étudié les deux côtés de la médaille — j'encourage d'ailleurs tout le monde à en faire autant lors de pareils débats — et je peux maintenant discuter du sujet de façon plus éclairée.

C'est une très bonne nouvelle en ce qui concerne la France, espérons que nos gouvernements se réveillent à leur tour.

Portrait de pascal

@Meloche : n'oubliez pas que « l'objectivité », c'est un mythe (c'est ce qu'on enseigne dans les écoles de journalisme). C'est la raison pour laquelle le rôle du journaliste est d’examiner tous les côtés de la médaille. Cela ne veut pas dire pour autant que dès qu'on se demande si le gaz de schiste, ou le nucléaire, peuvent présenter des avantages, on est « envahi » par les lobbys.

A titre d’exemple : imaginez que vous viviez dans une région du globe où le seul choix est entre le charbon et le gaz de schiste. Lequel choisiriez-vous? Ou encore: imaginez que le nord-est des États-Unis mette fin à toute exploitation du gaz de schiste. Ils devront donc produire leur énergie autrement, ce qui voudra dire davantage de centrales au charbon ou davantage de centrales nucléaires. Serons-nous gagnants?

L'éolien et le solaire, dans l'état actuel des technologies, sont beaucoup moins efficaces que le charbon, le pétrole et le gaz. Donc, facture d'électricité mensuelle accrue pour tout le monde si on se convertit à 100% à l'éolien et au solaire (pour l'instant). En général, les électeurs n'aiment pas ça...

Plus largement: sommes-nous prêts, nous, Occidentaux, à réduire notre hyper-consommation, à être moins énergivores, moins gaspilleurs, à nous engager dans un vrai « développement durable »? Si non, nous n’avons probablement pas, pour l'instant, les moyens de dire non à la fois au nucléaire, au charbon, au pétrole et au gaz naturel.

Je crois que c'est le rôle du journalisme scientifique que d'analyser ces aspects de la réalité. Qu'en dites-vous?

Portrait de lucas

Très bien dit Meloche,

Merci de me voler les mots de la bouche !

Je suis content de savoir qu'une personne autre que moi pense ainsi.

Malheureusement, les décisions sont prises par les riches qui veulent être plus riche, donc rien a foutre des générations futurs... "Je veux mon cash maintenent pour mon égoïste de vie, je suis plus important que les millions de vivants qui me précéderont".

Ca fait longtemps qu'il y a d'autres altérnative au pétrol et à tout ce qui est combustible. Vous savez pourquoi ce n'est pas encore utilisé!!!!

Portrait de Isabelle Burgun

Quand on écrit, comme journaliste j'entends, il faut peser le pour et le contre. Ce n'est pas à celui qui écrit d'affirmer "j'ai raison", il doit présenter des arguments négatifs et positifs (oui, aussi !) afin que chacun se forge sa propre opinion. On ne se fait pas une opinion en se contentant d'écouter les arguments d'un seul parti. C'est pour ça que j'ai trouvé l'exercice de Guillaume intéressant, même si j'aurais aimé qu'il soit plus étoffé.

Et, l'objectivité reste toute relative. Il n'est pas rare de déceler par le choix des mots ou le lead, une certaine orientation de l'article et de son auteur ;-)

Si vous vous intéressez aux questions énergétiques - particulièrement dans le débat électoral en cours, je vous invite à écouter notre récente émission :
http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2011/04/05/pourriez-voter-pour-...