La population planétaire connaît une croissance sans précédant dans l’Histoire. Conséquemment, les pressions qui sont exercées sur l’environnement sont sans relâche, c’est-à-dire une utilisation accrue des ressources naturelles, une production accélérée et une urbanisation amplifiée. Il en résulte donc davantage de pollution dont une grande partie provient de nos déchets. On l’a souvent dit : 9 milliards d’êtres humains c’est non seulement 2 milliards de consommateurs de plus (avec des besoins à combler), mais c’est aussi 2 milliards de pollueurs supplémentaires. Ça regarde mal pour les dépotoirs du monde.

Le cas du plastique Les sources de pollution sont immensément diversifiées. L’air, l’eau, le sol, la faune, la flore : tout en subit les conséquences. Mais il existe une source qui est particulièrement difficile à éliminer puisqu’elle est une partie intégrante de notre quotidien depuis de nombreuses années. Chaises, plats, bouteilles, sacs, tapis, électroménagers…tout est fait de plastique!

De par sa versatilité, le plastique se retrouve partout et sert à tout, mais son côté pratique n’en est pas moins désastreux. En effet, le plastique est fait à base de pétrole qui, on le sait, est une ressource non renouvelable, extraite et transformée à l’aide de processus extrêmement énergivores et surtout très polluants. Au Québec seulement, et ce, annuellement, près de deux milliards de sacs en plastique sont utilisés. Ces sacs vont servir, en moyenne, 20 minutes chacun et prendront au moins 100 ans avant de se dégrader. http://www.mddep.gouv.qc.ca/jeunesse/sais_tu_que/2005/0505-sacs-plastiques.htm Regardons les conséquences de plus près : source énorme de déchets, le plastique s’accumule dans les dépotoirs et se retrouve partout sur la planète. Cela met évidemment en danger les populations d’animaux marins et terrestres qui se coincent dedans, en avalent ou boivent et vivent dans les eaux contaminées résultantes de l’incinération du plastique. Par ailleurs, la destruction des plastiques par incinération est une cause importante de pollution de l’eau, mais aussi de l’air et du sol. http://lifewithoutplastic.com/fr/les-plastiques/pourquoi-le-plastique-est-un-probleme.html La mer Méditerranée, par exemple, est littéralement envahie par des déchets plastiques. Également, dans des pays dont la croissance démographique a récemment explosé, les dépotoirs sont complètement submergés par les déchets. L’Inde, pour ne citer que cet exemple, génère environ 320 millions de tonnes de déchets agricoles et 4,4 millions de tonnes de déchets dangereux chaque année. Énorme! http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2010/12/30/004-mediterranee-pollution-plastique.shtml http://ec.europa.eu/environment/news/efe/24/article_4120_fr.htm

D’autres plastifiants toxiques (comme le bisphénol A, l’antimoine ou les phtalates) peuvent s’infiltrer dans la nourriture ou les liquides que l’on conserve dans des contenants et des bouteilles de plastique, présentant ainsi un risque tout particulièrement élevé chez les enfants qui absorbent ces produits chimiques. En effet, leur système immunitaire et leurs différents organes en développement sont encore plus vulnérables que ceux des adultes, ce qui ne signifie pas pour autant que les plastifiants ne sont pas également toxiques pour une personne d’âge adulte. http://lifewithoutplastic.com/fr/les-plastiques/pourquoi-le-plastique-est-un-probleme.html La Société canadienne du cancer affirme d’ailleurs que : «Plusieurs composants chimiques sont utilisés pour la fabrication des matières plastiques, et certains d’entre eux peuvent causer le cancer. Il n’est pas impossible que ces substances chimiques puissent « fuir » à l’extérieur du contenant et s’infiltrer dans les aliments qui s’y trouvent». Plus inquiétant encore : « Les contenants de plastique vides qui sont vendus pour ranger des produits alimentaires ne font pas l’objet d’analyses de la part de Santé Canada et il n’existe aucune réglementation quant aux substances utilisées pour leur fabrication ». http://www.cancer.ca/canada-wide/about%20cancer/cancer%20myths/microwaves%20and%20plastic%20containers.aspx?sc_lang=fr-CA Comme quoi le plastique se retrouve réellement partout et qu’il est d’autant plus difficile à éliminer dans le cas où il n’est pas réglementé. Plutôt aberrant.

Enfouissement ou incinération? Qu’on enfouisse les déchets ou qu’on les incinère est tout aussi nocif pour l’environnement l’un que l’autre. L’incinération est considérablement dommageable au niveau de l’effet de serre, de même que l’enfouissement qui génère des émanations de gaz suite à la décomposition des déchets organiques. Ces émanations contiennent principalement du méthane, soit 21 fois supérieur au CO2 en matière d’effet de serre. Sans parler de l’eau contenue dans les déchets organiques qui s’écoule, entraînant avec elle les composés minéraux, organiques et chimiques de tous les détritus de la décharge et qui contaminent les nappes phréatiques et les rivières, ni des animaux nuisibles comme les oiseaux et les rats qui sont attirés par les déchets et qui transportent des maladies là où ils vont. http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2835

Dans le cas du plastique, l’enfouissement est inutile puisque ce dernier met près de 100 ans à se dégrader et l’incinération n’est pas sans conséquences néfastes non plus. Il devient alors primordial d’interdire d’une part les sacs de plastique et de recycler de façon systématique, et d’autre part d’éviter de consommer des produits qui en sont composé, ce qui n’est pas évident, nous l’avons vu, lorsque le plastique est absolument partout. Pour les déchets en général, il devient également primordial de valoriser -que dis-je?- d’obliger les citoyens à faire du compostage et aux municipalités de transformer toutes les installations d’enfouissement en centre de gazéification afin de produire de l’énergie à partir des gaz produits par la fermentation des déchets. Le problème qui se pose dès lors est d’abord la difficulté de faire du compostage en milieu urbain (pas de terrain…) et ensuite d’assumer les sommes faramineuses qui seraient demandées aux municipalités pour la conversion de telles installations. On estime à 1 milliard de dollars la somme nécessaire pour éliminer l'enfouissement des déchets au profit du compostage et de la gazéification rien que dans la Communauté métropolitaine de Montréal. http://www.cyberpresse.ca/environnement/pollution/200812/05/01-807558-vers-la-fin-de-lenfouissement-des-dechets-a-montreal.php Imaginez maintenant la somme déployée à l’ensemble du territoire québécois…

Des promesses On cherche depuis un moment déjà à remplacer le plastique par d’autres substances synthétiques qui auraient les mêmes propriétés malléables et versatiles. En effet, on parle de plastique fait à partir de plantes, d’algues ou de canne à sucre comme des avancées technologiques qui règleront ce problème majeur. http://www.ushuaia.com/info-planete/actu-en-continu/technologie/un-plastique-biodegradable-a-base-de-plantes-5764838.html , http://www.planetebleue.info/2011/02/un-plastique-100-naturel-a-base-dalgues/ , http://www.yelomart.com/alimentation-sante/un-plastique-issu-a-95-de-canne-a-sucre Je ne veux pas être pessimiste, mais cela fait déjà plusieurs années qu’on en parle et nous avons toujours notre bon vieux plastique à base de pétrole… J’ose espérer que les percées technologiques qu’on nous promet seront réellement encouragées avant qu’il ne soit trop tard. Pour l’instant, je crains que ce ne soit utopique de penser que l’on puisse à la fois éliminer le plastique actuellement jeté dans nos dépotoirs et commercialiser l’utilisation systématique d’un remplaçant au plastique qui soit biodégradable.

C’est en somme un défi de taille qui s’ajoute malheureusement à la très longue liste des défis auxquels il faut déjà faire face dans les années à venir afin de franchir le cap de 2050 avec une planète qu’on espère n’être pas trop dégradée et encore habitable.

Shanie S. Parent