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L’industrie devra ronger son frein

Equipe schiste, le 13 avril 2011, 16h51

Après avoir laissé à la filière gazière libre cours à l’exploration des shales de plusieurs régions françaises, le gouvernement français a décrété l’interdiction de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, qui touchent ceux de schiste en attentant l’émission d’un rapport du Conseil général de l’environnement, de l’énergie et des technologies.

L’industrie devra ronger son frein
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L’industrie devra ronger son frein

L’an dernier, le gouvernement français avait accordé des permis aux entreprises gazières Total, GDF-Suez et Schuepbach pour explorer les gisements de schiste, d’ailleurs sans s’«abaisser» à consulter les habitants de plusieurs régions touchées, comme Montélimar et l’Ardèche. Est-ce à dire qu’un politicien s’est ému en regardant le reportage Gasland? Dieu seul le sait, mais tout ça pour dire qu’aujourd’hui, le gouvernement français, réveillé à l’ampleur potentielle des conséquences environnementales de ses politiques dans ce domaine, mais aussi à la pression de députés, envisage de se rattraper.

En effet, le président du groupe UMP, Christian Jacob a déposé une proposition de loi pour non seulement interdire l’exploration de tout gisement d’hydrocarbures, mais aussi annuler les permis de recherches déjà accordés. Le texte s’accorde par ailleurs avec l’article 5 de la Charte de l’Environnement auquel monsieur Jacob se réfère dans sa déclaration.

Cette suspension de permis s’inscrit dans une volonté d’attendre les conclusions qui émaneront du rapport du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET); les conclusions seront émises en juin, bien qu’on attende les premières propositions pour le 15 avril. Ce qu’on sait, c’est que ce rapport traitera en gros des manières de rendre l’exploitation moins dommageable pour l’environnement et moins dérangeant pour les habitants, et comparera la gestion de différents gouvernements, entre autres, celui des États-Unis, dans ce dossier.

On saura donc bientôt si les avantages de l’exploitation des gaz de schiste vaudront la peine que les habitants et l’environnement en subissent les impacts. Cela dit, sera-ce suffisant pour convaincre la population de la capacité du gouvernement de tenir en laisse les ambitions des lobbys gaziers?

Guillaume Truesdell-L'Heureux

Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.