Lorsqu’une personne apprend qu’elle est atteinte d’une maladie grave comme la leucémie, elle devrait pouvoir mettre toutes les chances de son côté. Cependant, ce n’est pas toujours le cas; surtout pour les Canadiens d’origine chinoise. S’ils ont besoin d’une greffe de cellules souches, il leur sera beaucoup plus difficile de trouver un donneur compatible.

En effet, plus de 80 % des 270 000 donneurs qui figurent sur le registre du Réseau de cellules souches du Canada sont d’origine caucasienne. Lorsqu’un patient a besoin d’une greffe, il a plus de chances de trouver un donneur compatible dans sa famille. Cependant, si on ne trouve pas de donneur dans la famille du malade, les meilleures chances résident au sein de sa communauté ethnique. Or, seulement 3,5 % des donneurs sont d’origine chinoise. Cela veut dire seulement 10 % de chances de trouver un donneur compatible comparativement à 80 % pour les Canadiens d’origine caucasienne. Dans le cas d’une greffe de cellules souches, il faut que les marqueurs génétiques tissulaires soient suffisamment semblables à ceux du malade. Les différentes communautés ethniques possèdent des marqueurs que l’on ne retrouve pas nécessairement chez les Caucasiens.

Un appel à la mobilisation

Si le pourcentage de donneurs chez la communauté chinoise est faible, il l’est encore plus parmi les autres communautés comme les Autochtones, les Noirs et les Latino-Américains pour ne citer que ceux-ci. Par ailleurs, les personnes appartenant à ces groupes ethniques ignorent ce besoin criant de donneurs. Depuis quelques années, plusieurs campagnes de sensibilisation sont menées par le réseau UniVie (un réseau de moelle et de cellules souches administré par la Société canadienne du sang) afin de convaincre les différentes communautés culturelles à s’impliquer davantage. Le réseau veut aussi briser le mythe du don de cellules souches ou de moelle osseuse qui a la réputation d’être douloureux. Hailu Mulatu, coordonnateur de la gestion des donneurs d’UniVie affirme : «De nos jours, les cellules peuvent être prélevées dans le sang du donneur et même si on a besoin de moelle osseuse, ce n’est pas si terrible que la plupart des gens le croient. Cela se compare à une chute sur la glace ou en skateboard. »

Donner ses cellules souches comme donner du sang

Donner du sang fait partie des habitudes d’un grand nombre de Canadiens. Pourtant, le don de cellules souches ou de moelle osseuse reste un phénomène d’exception, car 270 000 donneurs pour une population de 35 millions de Canadiens, c’est encore «bien peu» déclare John Bromley porte-parole du réseau UniVie.

Sophie T.

Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.