En premier lieu, cela semble un peu bizarre, mais, selon une étude parue le 9 février 2011 dans la revue stem cells , des chercheurs australiens auraient trouvé un moyen de prévenir, voire restaurer la perte d’audition chez les enfants atteints de surdité neurosensorielle. Lors des premiers stades de cette affection, une greffe de cellules souches dérivées de la muqueuse olfactive dans l’oreille pourrait les aider à conserver le sens de l’ouïe.

La surdité neurosensorielle ou surdité de perception survient durant l’enfance. Souvent d’origine génétique, elle est causée par la perte des cellules ciliées (des cellules sensorielles) situées sur la cochlée. (un organe de l’oreille interne) Cette perte d’audition entraîne également des problèmes d’élocution et de langage chez les enfants qui en sont atteints.

Les chercheurs du Sydney’s Garvan Institute of Medical Research ont injecté des cellules souches nasales dans la cochlée de souris qui présentaient des symptômes de perte d’audition semblables à ceux des enfants atteints de surdité neurosensorielle. Afin de réduire l’étendue des pertes d’audition, l’équipe de chercheurs a utilisé un type de cellules souches adultes apparenté aux cellules souches mésenchymateuses. Reconnues pour leurs propriétés réparatrices, ces cellules libèrent des substances chimiques qui protègent un grand nombre de cellules en les gardant en santé.

Un mois plus tard, les chercheurs ont comparé les souris qui avaient reçu une greffe à des souris qui avaient reçu une injection de placebo. Le niveau d’audition chez les souris traitées s’est révélé bien supérieur à celui des souris qui n’avaient pas été traitées.

Par ailleurs, cette équipe de chercheurs avait déjà publié une autre étude qui démontrait que l'utilisation de cellules souches pourrait rétablir les pertes d'auditon causées par l'exposition au bruit excessif. En ce qui concerne l'étude sur la surdité neurosensorielle, ils ont mis 5 ans pour parvenir à ce résultat. Ils entrevoient la possibilité de traiter les personnes atteintes d’ici une dizaine d’années.

Sophie T. Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.