Rien ne semble plus fragile et délicat qu’une toile tissée par ces petites bêtes à huit pattes. Par contre, on ne pourrait pas plus se tromper sur la force de ce matériel.

À grosseur égale, la soie d’araignée est cinq fois plus résistante que l’acier et plus élastique que le Kevlar, un matériel utilisé pour la confection de gilets pare-balles. Ces caractéristiques surprenantes sont connues depuis des siècles. Par contre, les araignées ne sont pas dociles comme les vers à soie. Leur tempérament territorial et carnivore rend la production de soie assistée par l’homme une la tâche impossible.

Alors comment produire ce matériel sans la collaboration de ces bestioles ? Et bien, par l’implantation de leurs gènes dans une autre espèce. Dans ce cas-ci, il s’agit des plants de tabac. Le plant devient alors une usine de production. Avec ce changement génétique, le plant de tabac produit des protéines de soie d’araignée qui sont ensuite extraits.

Ce sont des chercheurs canadiens qui ont réussi à introduire des gènes d’arachnides dans les plants de tabac mâles stériles pour produire de petite quantité de soie. Tout ceci, tout comme bien des OGM, est encore expérimental.

Cependant, si tout est conforme et approuvé, le secteur agricole pourrait également bénéficier de cette production de soie. Il est question ici de la création de biofibres de pointe. Un nouveau type de textile pourrait donc voir le jour et comporter des caractéristiques surprenantes. Un tissu d’une extrême légèreté, souple, mince et bien sûr d’une solidité remarquable. Nous ne pouvons qu’imaginer les possibilités.

Agna-Claudine Mercier-Angulo

Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.