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Où cueillir les morilles?

Accros de la forêt, le 31 mai 2011, 9h34

C’est enfin le temps des morilles! Mais comment faire pour en trouver? Voici une capsule de l’Association pour la commercialisation des champignons forestiers qui vous aidera à récolter ces petits délices de nos forêts.

Les morilles sont sorties depuis le 15 mai au Lac-Saint-Jean
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Les morilles sont sorties depuis le 15 mai au Lac-Saint-Jean Une cueilleuse du Cégep de Saint-Félicien vient de trouver sa première morille.

La morille conique est présente sur tout le territoire du Québec, autant dans la forêt feuillue que dans la forêt boréale. Contrairement aux morilles de feu qui sont associées aux peuplements de bois résineux, principalement le pin gris, les morilles coniques peuvent se retrouver dans tous les types de bois feuillus, les pelouses ou les plates-bandes de fleurs, et ce dans tous les types de sol, autant en sol argileux que sableux, à la condition que ces sols soient bien drainés.

Nous avons effectué nos meilleures cueillettes sur des terrains sableux sous des cerisiers de Pennsylvanie en fleurs; un peu de temps, une personne pouvait en ramasser plusieurs kg, mais ceci ne s’est produit une seule année (en 2000) et par la suite plus rien. À cet endroit, l’humus avait été enlevé et la couche de matière organique était très mince.

En terrain sableux, le sol se réchauffe plus rapidement qu’en terrain argileux où la récolte s’effectue de 7 à 10 jours plus tard; dans cet habitat, sous les peupliers faux-trembles et les saules, nous avons effectué également de bonnes récoltes et les fructifications étaient de plus grande taille (2 à 4 fois plus lourdes). Nous avons également récolté des morilles coniques sous des peupliers baumier, mais ce n’est pas sous ces arbres que nous avons effectué nos meilleures cueillettes.

Nous avons pu voir des morilles fructifier sur plusieurs pelouses et dans des plates-bandes de fleurs. À Ottawa, on a construit un boulevard, et, les années suivantes, des morilles ont fructifié dans le terre-plein séparent les voies de circulation. À Authier en Abitibi, nous en avons trouvé dans le concassé d’un ancien stationnement de la voirie. À Béarn au Témiscamingue, nous en avons trouvé dans le gravier pierreux du talus d’un pont où s’était implanté une petite colonie de cerisiers de Pennsylvanie.

Le plus difficile, c’est de trouver sa première morille et de se faire l’oeil. Les chances sont bonnes pour qu’on en écrase plusieurs avant d’en apercevoir une. Sauf exception, les talles de morilles s’établissent pour plusieurs années au même endroit et fructifient année après année, surtout s’il s’agit d’un sol organique épais et bien drainé. Lorsqu’on connaît plusieurs talles, on s’aperçoit que certaines fructifient plusieurs jours avant les autres; elles deviennent alors les talles témoins signalant le début de la cueillette. Celle-ci s’effectue généralement en trois temps sur une période de 10 jours. Une morille conique va peser entre 15 et 30 grammes; il en faut plusieurs pour 1 kg.

L’ennemi numéro un des morilles, c’est la chaleur. En début de fructification, si la température monte à 30 °C pendant deux jours, les primordiums meurent et les morilles en développement se dessèchent et meurent. La saison est terminée et on se dit à l’an prochain. Si les morilles poussent sur une pelouse, on peut sauver la mise en les arrosant. Par temps chaud, on constate également que les morilles en croissance sont froides, car elles évaporent beaucoup d’eau pour maintenir leur température et se refroidir.

Faites-nous part de vos cueillettes et surtout des habitats où vous les aurez trouvées.

Bonne cueillette!

Fernand Miron, biologiste
Anita Royer, technicienne

4 commentaires

Portrait de Isabelle Burgun

J'ai vu ça aux Journées horticoles du Jardin de Montréal... à ce qu'il paraît même les spécialistes ne les trouvent pas à moins d'avoir le nez dessus. Ils connaissent les arbres sous lesquels il y en a mais ils doivent se mettre à plat ventre pour en trouver... mais c'est tellement bon que cela vaut la peine !

Portrait de Accros de la forêt

En effet, ce n'est pas facile à trouver, mais parfois on peut tomber sur une talle incroyable! Pour trouver beaucoup de morille, ça prend une vie... Les talles intéressantes reviennent d'année en année, et, à la longue, on se bâtit un patrimoine mycologique qu'on peut léguer à ses enfants... C'est ce qui se fait dans plusieurs pays du monde. Un belle talle de morille, c'est comme un trésor à préserver. On les cueillent et on ne dit pas où on les a trouvées.

Portrait de nadia

Aucune cueillette à mon actif... mais l'aventure semble des plus amusante. Je suis tout de même étonnée de voir le terrain que vous parcourez à la recherche de ce champignon qui semble bien fragile. Une véritable passion !

Portrait de Accros de la forêt

Oui, c'est une passion, mais surtout un vrai délice! Les différents endroits dont on parle dans le texte ont été compilés par plusieurs cueilleurs, ce qui explique l'étendue du territoire couvert.

Ceux qui en trouvent beaucoup peuvent aussi faire beaucoup d'argent. Chaque année des milliers de cueilleurs vont récolter les morilles dans les feux de forêt dans l'ouest canadien. Le gros feu du lac Smoky qui a brulé en 2010 au Québec pourrait réservé de belles surprises pour les cueilleurs. La prochaine chronique portera justement sur la morille de feu... à lire la semaine prochaine.