Actualité en microbiologie
Retour en force de la rougeole au Québec
Devant l’éclosion marquée de rougeole (maladie évitable par la vaccination) qui sévit maintenant au Québec, je soumets a votre attention un Communiqué du Service des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, concertant toute les fausses croyances liées au vaccin et qui dénonce les conséquences graves du discours anti-vaccination qui fait un lien entre le vaccin RRO (rougeole, rubéole, oreillons) et l’autisme!
- La rougeole est une maladie très contagieuse causée par un virus qui se transmet facilement par voie aérienne
- La rougeole se manifeste par une forte fièvre, un écoulement nasal et de la toux. Des rougeurs au visage et sur le corps, y compris à la paume des mains et des pieds, surviennent par la suite
- La personne est contagieuse de 4 jours avant jusqu’à 4 jours après l’apparition des rougeurs
Pour plus de détail visiter le site du Ministère de la Santé et des Services sociaux
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La vaccination: le débat est clos
Bruce Tapiéro M.D., chef du service des maladies infectieuses, CHU Sainte-Justine et professeur agrégé de pédiatrie, Université de Montréal
Cosignataires et membres du service des maladies infectieuses du CHU Sainte-Justine : Cybèle Bergeron, M.D.; Denis Blais, inf. B.Sc; Chantal Buteau, M.D.; Sandra Caron, inf. B.Sc; Jean-François Chicoine, M.D.; Anne-Marie Demers, M.D.; Pierre Gaudreault, M.D.; Céline Laferrière, M.D.; Valérie Lamarre, M.D.; Marc H. Lebel, M.D.; Philippe Ovetchkine, M.D.; Céline Rousseau, M.D.; Maude Saint-Jean, M.D.
À titre de pédiatres et de spécialistes des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, il est de notre devoir de nous prononcer sur la question de la vaccination, relancée par les médias, à la suite de la sortie du film « Silence, on vaccine » produit par l’ONF. D’un point de vue médical, le film propose une vision mensongère et dangereuse de la vaccination. Ce documentaire malhonnête, clairement antivaccinal, ne repose sur aucune réalité scientifique. Il n’utilise et n’exploite que des tragédies familiales, jouant ainsi sur les émotions pour faire accepter, sans démonstration aucune, un lien de causalité direct entre le vaccin et la survenue de conditions neurologiques sérieuses. Cette approche alarmiste, et la publicité qui lui est faite, pourrait entraîner des conséquences néfastes pour la santé de nos enfants.
Il faut d’abord se rappeler que la vaccination est la plus grande avancée scientifique du 20e siècle; grâce à cette pratique absolument révolutionnaire, de nombreuses maladies infantiles et mortelles sont disparues. Notre expérience sur le terrain le confirme : la diphtérie, la poliomyélite, le tétanos et la variole ont disparu de notre pratique quotidienne depuis de nombreuses années. De nos jours, grâce à la mise au point de nouveaux vaccins, nous sommes les témoins privilégiés de la disparition de la plupart des méningites, septicémies, coqueluches graves, rougeoles et varicelles compliquées qui se retrouvent malheureusement que chez des enfants non vaccinés.
Les effets secondaires causés par les vaccins sont bien connus et très bien documentés. Les réactions adverses sévères sont beaucoup plus rares et beaucoup moins graves que celles reliées à la maladie naturelle. Semer la peur en leur endroit, ou les voir où ils ne sont pas, peut avoir des conséquences extrêmement graves. À titre d’exemple, la Grande-Bretagne vit actuellement une épidémie de rougeole suite à un mouvement antivaccinal créé par un groupe d’individus qui véhiculent des croyances sans fondements scientifiques. Conséquence : de nombreux enfants ont été hospitalisés et certains d’entre eux sont morts faute d’avoir été vaccinés contre cette maladie. La Suède et le Japon ont connu une expérience similaire avec la coqueluche. Dans l’ancienne Union soviétique, la baisse de la couverture vaccinale contre la diphtérie a entraîné 160 000 cas et 4 000 décès entre 1990 et 2001. L’histoire ancienne ainsi que l’actualité plus récente montrent clairement que les vaccins demeurent toujours le meilleur moyen de prévention pour combattre les maladies infectieuses. Parents, familles, professionnels de la santé et journalistes ont tous un rôle à jouer et ne peuvent être complaisants devant une production cinématographique qui sème la confusion sur l’efficacité ainsi que sur la sécurité vaccinale, ne tenant pas compte de centaines d’études scientifiques reconnues internationalement qui ont confirmé systématiquement l’absence de lien entre l’immunisation et diverses entités cliniques dont la cause est encore inconnue (troubles envahissants du développement, lésions cérébrales, diabète, sclérose en plaque, cancer, syndrome de fatigue chronique, etc..)
Aucun lien entre l’autisme et la vaccination
Cette affaire est désormais transparente. Les connaissances médicales actuelles, sans cesse réactualisées par la surveillance clinique et la recherche quotidienne de pointe, rejettent absolument l’idée que le vaccin RRO (Rougeole-Rubéole-Oreillons) puisse causer l’autisme. Des études portant sur des centaines de milliers d’enfants, tant au Québec, au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni qu’au Danemark, ont clairement établi que l’autisme n’était pas plus fréquent chez les enfants vaccinés par le RRO que chez ceux qui ne l’avaient pas reçu.
L’autisme est habituellement diagnostiqué entre 18 et 30 mois. Puisque les enfants reçoivent le vaccin RRO à 12 et 18 mois, certains croient, à tort, que le vaccin peut causer l’autisme. Toutes les données publiées et non publiées au sujet du vaccin RRO et de l’autisme ont pourtant été examinées de manière indépendante par des comités d’experts de l’Institute of Medecine, de la National Academy of Science des États-Unis et de l’American Academy of Pediatrics. Ces groupes ont conclu « qu’il n’existe aucune donnée scientifique pour appuyer la théorie selon laquelle le vaccin RRO provoque l’autisme, des troubles envahissants du développement ou une maladie inflammatoire de l’intestin » Il est navrant qu’aucune des ces évidences scientifiques n’aient été évoquées dans le film, ne laissant la place qu’à un message alarmiste utilisant des tragédies familiales.
Le thimérosal, un dérivé du mercure
La question de la toxicité potentielle d’un dérivé du mercure contenu dans certains vaccins (et dans d’autres médicaments) est l’objet d’une rumeur soutenue sur les blogues antivaccinaux ou alter vaccinaux de la dernière décennie. À l’origine, aux États Unis, le vaccin de l’hépatite B contenait du thimérosal, un composé organique du mercure utilisé pour une excellente raison : comme agent de conservation. En matière d’effets toxiques, cet éthyl-mercure n’a jamais été relié, et d’aucune espèce de façon, aux effets reconnus du méthyl-mercure contenu dans nos défunts thermomètres ou qui contamine nos poissons. Dans « Silence, on vaccine » aucune nuance n’est faite à cet égard. De fait, aucune donnée n’indique que la présence de thimérosal dans les vaccins ait ultimement provoqué des lésions cérébrales chez les enfants. De grandes études n’ont démontré aucune différence neurologique entre les enfants qui recevaient des vaccins qui contenaient du thimérosal et ceux qui recevaient des vaccins sans thimérosal. Depuis mars 2001, tous les vaccins utilisés pour la vaccination systématique des enfants au Canada et aux États-Unis sont produits sans thimérosal. Ce produit est toujours utilisé dans certains vaccins comme le vaccin contre l’influenza (grippe). Au Canada, le Comité consultatif national d’immunisation (CCNI), a statué qu’il n’y avait aucune raison sur le plan de l’innocuité pour éviter d’utiliser des produits qui contiennent du thimerosal chez les enfants et les adultes, y compris les femmes enceintes. Le fait de retirer le thimérosal des vaccins visait à maintenir la confiance du public; cette confiance à l’égard des vaccins et la participation aux campagnes de vaccination sont essentielles à l’efficacité des programmes d’immunisation
La vaccination est sécuritaire
Les vaccins rencontrent les standards les plus élevés de sécurité. Ils sont parmi les outils les plus sécuritaires de la médecine moderne. Pour être disponible au Canada, le produit doit rencontrer des critères d’innocuité élevés qui sont évalués par les autorités fédérales. De plus, chaque lot de vaccins fait l’objet d’une évaluation avant sa distribution. Le programme canadien de surveillance active de l’immunisation (IMPACT), qui couvre plus de 90% des lits d’hospitalisation pédiatrique tertiaire au pays, sous la responsabilité de la Société canadienne de pédiatrie, constitue depuis 17 ans un réseau de surveillance active des effets secondaires suivant la vaccination. Malgré le dépistage systématique de chaque hospitalisation pédiatrique pour troubles neurologiques aigus (plus de 1500 cas par année), aucune survenue d’encéphalopathie susceptible d’avoir été causée par un vaccin n’a pu être mise en évidence
Tous ne sont pas égaux face aux connaissances scientifiques et à leur interprétation, c’est pourquoi les parents et la population en général doivent continuer à faire confiance aux professionnels de la santé qui sont au cœur de l’action et en mesure de transmettre des réponses justes et franches basées sur des données scientifiques les plus récentes et leurs expériences cliniques. Il faut rejeter collectivement la sempiternelle théorie du complot regroupant tous les acteurs des systèmes académique, scientifique et économique.
Cessons de semer la peur et la confusion quant à la vaccination de nos enfants. Et nous limiterons ainsi le nombre de victimes.
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Malheureusement, il existera toujours des individus se faisant "chevalier de la vertu" et "défenseur de la société" pour véhiculer doute et suspicion sur la vaccination. Cependant, ils ont trop souvent une formation scientifique et médicale clairement déficiente pour réellement comprendre ces enjeux de santé publique. Même en l’absence de connaissances nécessaires – outre les informations ramassées par ici et par là sur internet – ils se prononcent haut et fort sur des questions qui dépassent de loin leurs champs d’expertise et mettent en danger la santé de la population. Armés de toutes sortes de théorie, rapport d’enquête et études – parfois publier dans des revues respectables – ils se présentent comme des acteurs de la question – alors qu'ils n'en sont rien – et maintiennent un sentiment de crainte injustifié et trompeur dans la population.
Devant ce constat, il est primordial pour les citoyens de distinguer les VRAIS professionnels de la santé publique. Comme souligné dans ce communiqué, tous ne sont pas égaux face aux connaissances scientifiques et à leur interprétation et il faut rejeter collectivement toutes ces théories du complot. Bien évidemment, tout ceci me vaudra d’être taxé d’arrogance et de faire la promotion de la science dominante. Toutefois, je crois que la population doit savoir que ceux qui s’invitent dans les débats de santé publique n’y ont pas toujours leur place et que les citoyens doivent user de sens critique pour distinguer ces acteurs improvisés!
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Patrick D. Paquette, microbiologiste, B.Sc., RMCCM
4 commentaires
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par Stéphanie Sirard, microbiologiste
il y a 45 semaines
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D’abord, j’aimerais compléter l’intervention de M. Paquette à propos de la grippe H1N1. Il ne s’agissait pas là d’enrichir les compagnies pharmaceutiques en faisant de la grippe H1N1 une source de revenus sur le dos des citoyens, mais plutôt de les protéger contre une éventuelle pandémie. Ne sachant pas quelles conséquences aurait cette épidémie (contagiosité, mortalité…), les autorités ont dû prendre des décisions dans le but premier de protéger la population et d’éviter la catastrophe. Considérant que la pandémie de grippe espagnole de 1918 a touché entre 20 et 40 % de la population, faisant au-delà de 50 millions de victimes (soit plus de morts que la Première Guerre Mondiale…) et considérant aussi que le virus de l’époque affectait particulièrement les jeunes de 15-34 ans – ce qui a diminué l’espérance de vie de plus de 10 ans, aux États-Unis (1)-, tout comme c’était le cas avec le virus actuel, vacciner la population s’avérait une sage décision… Si on enchaîne avec l’histoire de la sélection naturelle. Hum, quelle belle sélection que de voir 40 % de la population mondiale décimée en peu de temps ! 50 millions de morts, c’est plus que la population du Canada, imaginez ce que ça représente ! La peste, 34 millions de morts … Combien de vies ont pu être sauvées grâce à la vaccination ? De combien d’années l’espérance de vie a-t-elle pu augmenter? Et l’histoire de la vaccination remonte à bien plus de 20 ans ! Déjà, en 1881 Pasteur créait le vaccin contre la rage, en 1921 le vaccin BCG (contre la tuberculose) voyait le jour, celui de la diphtérie et du tétanos en 1923-24, la fièvre jaune en 1927 et la poliomyélite en 1954. Combien de maladies évitées! L’OMS a annoncé, en 1976 l’éradication de la variole. Grâce à la vaccination, on estime entre 2 et 3 millions de décès évités, et ce, chaque année (2)! Le mercure, parlons-en ! En fait, les vaccins peuvent contenir du thiomersal (ou thimérosal). «Le thiomersal ne contient pas de méthyle-mercure, un composé d’origine naturelle dont les effets toxiques sur l’être humain ont été bien étudiés. Il contient du mercure sous une forme différente (l’éthyle-mercure, que l’organisme n’accumule pas et qu’il métabolise et élimine bien plus vite que le méthyle-mercure (3))». Et à 5 µg par dose de vaccin, vous risquez d’être davantage exposés au mercure contenu dans les poissons ! Bref, la vaccination a fait ses preuves en tant que moyen efficace de prévention de plusieurs maladies et a permis d’augmenter l’espérance de vie, tout en sauvant plusieurs centaines de milliers de personnes chaque année. Bien sûr, certains continueront d’avoir peur de la vaccination et persisteront à croire en des charlatans et c’est malheureusement à cause d’eux que des maladies qui étaient auparavant bien contrôlées, réapparaissent … comme la rougeole, tiens! 1- Tumpey et al., 2005. Characterization of the Reconstructed 1918 Spanish Influenza Pandemic Virus, Science, 310 : 77. |
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par Patrick D. Paquette, microbiol.
il y a 45 semaines
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Premièrement, l’influenza H1N1 n’a pas été inventée! Au Canada, durant la saison grippale 2010-2011 qui tire à sa fin, 33% des cas de grippe étaient dus au virus pandémique H1N1. « Et je ne peux pas dire non plus que ça doit être bien pour notre système immunitaire et notre capacité d'adaptation! » Qu’en savez-vous? Quels sont les différences selon vous entre une immunisation active produite par un vaccin et celle du à un agent pathogène? Dans les deux cas le corps s’adapte à son environnement et développant sa capacité à ce défendre. Par contre avec un vaccin, il n’est pas nécessaire d’être exposé à l’agent infectieux. Peut-être auriez-vous aimé développer votre système immunitaire de façon totalement naturelle en contractant successivement rougeole, rubéole, poliomyélite, oreillon, diphtérie, coqueluche, tétanos et j’en passe… mais dans un tel cas, cette conversation n‘aurait probablement jamais eu lieu… « Nous avons tout de même survécus plus de 100 000 ans sans vaccin, pourquoi MAINTENENT depuis ~20 ans nous avons besoin de cela pour survivre? » C’est ce que l’on appelle l’évolution! Vous aurez certainement remarqué que depuis 100 000 ans, nous avons maintenant de l’électricité, nous n’avons plus recours à des shamans pour exorciser ceux qui font des crises d’épilepsie, il n’y a plus d’épidémie de peste et le choléra est pratiquement disparu, l’espérance et la qualité de vie se sont significativement accrues, le taux de mortalité infantile n’a jamais été aussi bas, etc. Je vous rassure toutefois, je ne veux pas dire que nous vivons dans un monde parfait auréolé que de succès. Il reste beaucoup de travail à faire, principalement dans les pays sous-développés qui sont encore au pris avec des problèmes socio-sanitaires majeurs. Cependant, laisser sous-entendre que "l’ancien temps" était très bien et acceptable pour la population, traduit une profonde méconnaissance de l’histoire de la santé publique et de la pratique médicale, dans lequel cas je vous suggère de réviser vos cours d’histoire. Finalement pour ce qui est de la "sélection naturelle", l’espèce humaine s’y est soustraite il y a bien longtemps et la vaccination n’y est pour rien, sans compter que la mémoire immunitaire n’a rien d’héréditaire. Je sais bien tous ont le droit de s’exprimer librement, mais je vous inviterais quand même la prochaine fois à réfléchir davantage avant de poster un commentaire... |
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par Patrick D. Paquette, microbiol.
il y a 46 semaines
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Le site web de l’Agence de la santé publique du Canada traite aussi de la sécurité des vaccins et de la réalité et de la fiction concernant la vaccination. |
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Oui plusieurs vaccins sont une très grande et belle avancées, tout ce qui atrait aux maladies mortelles et infantiles, et maintenent...
Je ne peux plus dire cela, maintenent qu'on invente des maladies seulement pour l'éconnomie comme le H1N1...
Et je ne peux pas dire non plus que ca doit être bien pour notre système immunitaire et notre capacité d'adaptation!
Un peu de mercure dans le sang n'a jamais fait de mal a personne?
Nous avons tout de même survécus plus de 100 000 ans sans vaccin, pourquoi MAINTENENT depuis ~20 ans nous avons besoin de cela pour survivre?
Selon moi, tout a toujours été question d'adaptation naturelle, vous avez déjà entendu parler de selection naturelle? Bien je crois que nous détournons cette sélection, quelle sera l'impacte à long terme? La selection a toujours fonctionné et maintenent certain gène survivre dans l'évolution et ne devrait pas...