Détourner l’eau de pluie du réseau d’égout pluvial de la ville, et ainsi recréer un écosystème, c’est le défi relevé par une firme en environnement de Laval. À l’occasion du festival 24 heures de science, le public a découvert les infrastructures vertes de ce mini-laboratoire axé sur le développement durable.

«Notre approche est de faire un inventaire des éléments naturels et de les mettre au cœur de nos projets architecturaux», explique Michel Rousseau, architecte paysagiste et associé principal du Groupe Rousseau Lefebvre. Cette philosophie est mise en pratique depuis un an. Une façon de montrer aux collectivités et aux promoteurs comment gérer leurs eaux de ruissellement en milieu urbain de façon esthétique.

Par temps pluvieux, l’eau ruisselle du toit. Elle est récupérée par une gouttière aux lignes urbaines et glisse ensuite à travers un réseau de câbles d’acier et de canaux de transport jusqu’à deux bassins d’évapotranspiration et d’infiltration végétalisés.

«C’est un laboratoire des pratiques de gestion optimale de l’eau», définit Élise Gaudry, architecte paysagiste et agronome. L’eau de pluie ainsi récupérée alimente des bacs de plantes comestibles et un baril de récupération, avant d’être dirigée vers deux marais de plantes indigènes.

L’an dernier, pas moins de 40 000 litres d’eau ont circulé dans le système, entre les mois de mai et d’octobre. Autant de litres qui n’ont pas été rejetés dans le circuit municipal. «Nous avons en plus recréé un petit écosystème, ajoute l’architecte. Des oiseaux-mouches ou des papillons ont par exemple volé autour des iris versicolores ou des lobélies.»

Venue de Terrebonne pour une visite des installations dans le cadre du 24 heures de science, Diane Dumont a apprécié leur côté artistique et écologique. « Et ça ouvre des perspectives. J’espère que les familles de la classe moyenne pourront adopter un tel système chez elles », a ajouté Denise Charlebois, une autre participante au festival. D’autres infrastructures vertes sont prévues à l’arrière de la bâtisse de 1830. Un béton perméable permettra notamment d’amener l’eau de pluie jusqu’à un jardin pluvial.

Le 24 heures de science, une aventure familiale

Laval est passée à l’heure scientifique les 11 et 12 mai derniers. Des dizaines d’activités, d’ateliers et de sorties ont été proposées par différents organismes dans le cadre de la 7e édition du festival 24 heures de science. Un événement parrainé par l’UNESCO. Après avoir embarqué à bord d’un rabaska, certains visiteurs se sont glissés dans la peau des biologistes du Centre d'interprétation du parc de la Rivière-des-Mille-Îles. Les participants à cette excursion de nuit ont découvert comment identifier plusieurs espèces de chauves-souris grâce à un matériel scientifique captant leurs ultrasons.

D’autres ont observé les astres en plein jour. Pour voir le Soleil ou la planète Mars des filtres spéciaux ont été placés sur les télescopes. «L’observation de Vénus en a étonné plus d’un, explique Michel Renaud, animateur à l’Observatoire astronomique de Laval. Beaucoup l’ont confondue avec la Lune.» En effet, les deux astres présentent des phases et à cette période, seul un fin croissant de la planète Vénus était visible. Le soir venu, c’est Saturne et ses anneaux qui ont attiré les regards.

Le musée Armand-Frappier, de son côté, a invité le public à jouer le rôle d’un scientifique qui doit déterminer si un don d’organe est possible entre deux membres d’une même famille.

Priscilla Reig – Agence Science-Presse