Oui, selon des chercheurs de l’Institute of Environmental and Human Health. Afin de prévenir de futurs effets indésirables des produits issus de la nanotechnologie, ces chercheurs proposent une approche multifacettes qui inclut une réglementation axée sur l’analyse de cycle de vie. La recherche, la sensibilisation du public et la couverture médiatique constituent les autres facettes de l’approche proposée.

D’après les chercheurs, l’analyse de cycle de vie des nanomatériaux doit certes inclure les aspects environnementaux et économiques, mais aussi les aspects sociaux - dont les préférences et les pression des citoyens. Seule une approche globale permet d’analyser adéquatement les effets sur la santé et l’environnement d’une innovation technologique, telle la nanotechnologie.

La réglementation sur la nanotechnologie requiert une coopération accrue et une meilleure transmission du savoir des scientifiques vers les entreprises. La première étape en ce sens : accroître le savoir scientifique afin de déterminer dans quelle mesure la législation actuelle nécessite de nouvelles réglementations.

Plus de recherche…

Afin de surmonter le débat entre la protection environnementale et la croissance économique, un cadre doit intégrer les connaissances scientifiques et les perceptions sociétales liées aux effets économiques de la nanotechnologie. La recherche scientifique doit se dérouler dans un large éventail de domaines : génie des matériaux, chimie environnementale, toxicologie et science médicale…

La recherche scientifique et l'évaluation du cycle de vie sont aussi essentielles à la gouvernance des nanotechnologies en raison de données essentielles qu’elles génèrent par la prise en considération des normes sociales et économiques. Ces informations sont vitales dans l'éducation, non seulement des secteurs gouvernementaux et industriels, mais aussi du grand public.

Pour un public averti…

En matière de gouvernance de la nanotechnologie, la sensibilisation du public peut influencer le développement et la mise en œuvre de la réglementation. En raison de la complexité de la nanotechnologie, de l'émergence rapide de différents nanomatériaux et des connaissances actuelles, le grand public n'est pas bien éduqué sur les effets des nanomatériaux tant sur la santé, sur l’environnement que sur la sécurité.

Une présentation simple, honnête et fiable d'informations relatives aux nanomatériaux est cruciale afin d’informer la population et de permettre le développement de politiques efficaces en matière de nanotechnologie. L’éducation du public devrait inclure les avantages et les risques potentiels associés aux nanomatériaux. Cette information fondamentale réduit la controverse et les craintes engendrées par le public en raison de risques inconnus, en particulier dans les produits alimentaires.

Qui veut en savoir plus!

La sensibilisation du public augmente son intérêt d'en savoir plus sur les nanotechnologies, ce qui entraîne une plus grande couverture médiatique.

Avec plus de recherches couvertes par les médias, la compréhension des multiples facettes de la nanotechnologie augmente chez le grand public. Cela génère un mécanisme de rétroaction qui met l'accent sur l'éducation du public et renforce la couverture médiatique de la nanotechnologie. Les médias jouent ainsi un rôle de courroie de transmission entre l’industrie et le public sur les nanotechnologies, vital pour accroître la sensibilisation du public en matière de nanotechnologie. La communication des informations doit toutefois s’appuyer sur des données scientifiquement valides.

Références

Wang et al. (2013) Necessity and approach to integrated nanomaterial legislation and governance. Science of the Total Environment 442 : 56–62