L’Open Access, ou libre accès, est sur le point d’atteindre sa maturité. Son mouvement continue à prendre de l’ampleur et plusieurs évènements ont depuis 2010 passablement ébranlés le système de publication scientifique classique. Dans ce premier post, nous revenons sur le contexte qui fait que l’Open Access semble aujourd’hui devoir très logiquement prendre sa place dans le processus de la diffusion des connaissances scientifiques.

 

Le chercheur est au cœur du processus de production de la connaissance : il est à l'origine des recherches qui sont menées et il est responsable de la diffusion des résultats de sa recherché par le biais des publications scientifiques. Un accès immédiat aux derniers résultats de recherche est un enjeu majeur. Cependant, l'accès payant à la majorité des publications scientifiques, imposé par les éditeurs, est un frein important à la diffusion la plus large possible des publications scientifiques. En effet, les chercheurs appartenant à des institutions ont la possibilité de consulter et de télécharger les documents scientifiques par le biais des abonnements de leur institution.

Ce système où les éditeurs privés ont la part belle dans le processus de publication des résultats scientifiques s’est mis en place au 17e siècle pour répondre à des besoins croissants en termes de diffusion rapides des articles scientifiques et leur archivage. Le rôle des éditeurs est la publication et la mise à disposition des articles scientifiques rédigés par les chercheurs sur la base de leurs travaux de recherche. L’éditeur garanti aussi un contrôle important de la qualité des publications. Certains éditeurs ont ainsi acquis au fil des ans une renommée sans précédent dans l’histoire de l’édition. Les plus importants, Thomson Reuters (Thomson scientific), Elsevier et Wolters Kluwers (Springer) représentent à eux seuls 90% du marché.

Néanmoins dans le milieu des années 90, la légitimité des éditeurs scientifiques a été remise en question. C’est le début du mouvement pour l’open access. Le premier argument principalement avancé est le constat que le travail de publication est en grande majorité effectué par les chercheurs (production des savoirs, rédaction des articles, mise en forme, relecture, corrections et amélioration par les pairs « peer-reviewing »). De plus, la suppression du format papier a engendré une baisse des coûts aucunement répercutée dans les prix des abonnements. Bien au contraire puisque certaines universités ont vu avec effroi les prix des abonnements augmenter de façon dramatique. Enfin plusieurs agissements peu scrupuleux des éditeurs ont été l’objet de violentes critiques. Les éditeurs s’approprient par exemple les droits d’auteurs sans concession. L’auteur ne reçoit parfois qu’un exemplaire du livre qu’il a rédigé ou se voit refuser la réutilisation de figures inclues dans « son » article. Le montant important des bénéfices qui sont parfois fait par l’éditeur et aussi souvent décrier à une époque où de nombreuses voies de financement de la recherche tarissent. Le manque de transparence, une utilisation parfois peu scrupuleuse des bénéfices ou encore des conflits d’intérêt non-déclarés sont parmi les nombreux points récurant d’une grogne des laboratoires et des scientifiques qui s’amplifie de par le monde.

Outre tout cela, le premier fléau de ce processus éditorial pour la diffusion scientifique est en règle générale sa lenteur pouvant parfois dépasser 10 mois de la première soumission d’un article à sa première parution.

L’Open Access, aussi appelé libre accès, est généralement défini comme « la mise à disposition sur Internet de documents et de données scientifiques et techniques que tout un chacun peut librement consulter, télécharger, copier, diffuser, imprimer, indexer ». Aujourd’hui chacun disposant d’un accès à internet peut donc gratuitement et à tout moment consulter les documents scientifiques. Ils ne sont donc plus l’exclusivité des chercheurs appartenant à des institutions et des industriels mais sont accessibles aux médecins, aux journalistes, aux retraités de la recherche, aux patients, aux étudiants… à tous. De la même manière, les pays émergeants y ont aussi accès ce qui peut avoir un impact très important sur le développement de leur industrie, leur économie ou leur système de recherche.

L’Open Access est une nouvelle pratique de la publication scientifique dans laquelle les universités, sociétés savantes et laboratoires peuvent se réapproprier la diffusion des résultats produits par la recherche. Aujourd’hui Les ressources scientifiques en libre accès constituent un fonds documentaire de plus en plus conséquent. Richard Poynder commençant un post datant de juin 2011 par ces mots : « Peu de gens peuvent aujourd’hui douter que le libre accès à la recherche scientifique deviendra un aspect important de la communication scientifique. »

Few can now doubt that open access (OA) to scholarly research is set to become an important feature of the scholarly communication landscape. Une opinion aujourd’hui partagée par un grand nombre de personnes de par le monde.

 

Note : L’Open Access est un vaste sujet qui a fait plusieurs fois la une des journaux s’intéressant à la recherche ces dernières années. Nous reviendrons sur ses différents aspects et sur les événements majeurs de la communauté dans les posts à venir sur ce blogue.

Vous pouvez aussi consulter notre dossier Open Access sur MyScienceNews.