Lorsqu’un bébé vient au monde prématurément, une grande partie de son développement n’est pas complété. Pour cette raison, l’enfant aura besoin d’aide pour accomplir certaines fonctions de base comme respirer, se nourrir et même se tenir au chaud. Les unités de soins intensifs néonatales (USIN) regorgent donc d’appareils de plus en plus sophistiqués pour assurer la survie du bébé.

Pourtant, les chercheurs réalisent maintenant qu’il existe une autre approche très efficace et pourtant très simple: la proximité physique des parents.

Bien sûr, lorsqu’on parle de proximité physique, on peut s’imaginer tout simplement que les parents et le bébé sont dans la même pièce. On peut toutefois aller bien plus loin avec une approche appelée le contact peau-à-peau. Comme son nom l’indique, cette technique requiert de mettre le bébé vêtu seulement d’une couche en contact direct avec la poitrine nue de son père ou de sa mère. Des études ont ainsi démontré que les bébés prématurés qui ont pratiqué le peau-à-peau avec leurs parents à tous les jours sur un période de 8 semaines avaient un développement neurophysiologique plus rapide et plus complexe. Ces résultats, mesurés grâce à des électroencéphalogrammes, étaient plus remarquables dans l’hémisphère droit du cerveau, potentiellement à cause de la plus grande sensibilité de cet hémisphère à la stimulation sensorielle.

Par ailleurs, les massages pratiqués par les parents peuvent aussi être une bonne façon de mettre à profit la proximité parent-enfant. Certaines études ont même fait un lien entre les massages de bébés prématurés et une meilleure prise de poids. Les experts croient que, lors d’un massage, le nerf vague est stimulé ce qui favoriserait la production d’insuline. L’insuline pourrait alors à son tour entraîner la sécrétion de l’hormone IGF-1 qui joue un rôle important dans la croissance des enfants prématurés. Les niveaux d’IGF-1 dans le sang du bébé peuvent d’ailleurs être utilisés pour prédire sa vitesse de croissance.

Étant donné les effets remarquables d’une plus grande proximité entre les parents et l’enfant, il existe maintenant des programmes pour rendre les USIN plus propices à ce genre de soins. Par exemple, on tente de développer des chambres privées pour que chaque famille ait droit à plus d’intimité et faciliter ainsi les contacts entre les parents et leur bébé. Des études indiquent d’ailleurs que l’instauration de telles chambres permet de diminuer le nombre d’infections contractées à l’hôpital, de passer plus rapidement de l’alimentation par intraveineuse à l’alimentation orale, de faciliter l’allaitement et de diminuer la durée du séjour à l’hôpital.

Si les politiques favorisant la proximité parent-enfant sont encore timides au Québec, elles sont déjà bien implantées dans certains pays scandinaves. En Suède, l'importance du contact physique est bien connue. Par exemple, les prématurés en santé sont en peau-à-peau avec leur mère dès qu'ils voient le jour pour ensuite être transférés sur la poitrine de leur père. Il ne reste donc plus qu’à espérer que de telles initiatives seront de plus en plus courantes dans les hôpitaux québécois dans les prochaines années.

Pour d'autres études sur la périnatalité, consulter le site Maman Éprouvette.