Les scientifiques ont un train de retard dans l’utilisation des médias sociaux. Une problématique au centre de plusieurs ateliers du dernier congrès de l'AAAS (American Association for the Advancement of Science) à Boston ce mois de février. «Blogg or be blogged», les chercheurs n'ont plus le choix: ils doivent être présents sur le web 2.0.

90% des 18-33 ans ont au moins un compte sur un réseau social, 4000 tweets seraient publiés par seconde, le nombre d'utilisateurs de Facebook est plus de deux fois supérieur à la population des États-Unis... autant de chiffres qui soulignent l'importance des réseaux. Si les journalistes et les communicateurs semblent surfer sur la vague, il n'en va pas de même pour les scientifiques qui se montrent encore frileux: seulement 60% des professeurs et moins de la moitié des directeurs de laboratoires seraient sur la toile.

Bloguer ou être blogué? Les informations circulent rapidement, elles seront de toute façon tôt ou tard diffusées et discutées. Il revient donc aux scientifiques de s'impliquer. Après tout, ils sont la source première de l'information et bénéficient d'une forte crédibilité.

Pour Christie Wilcox, journaliste, blogueuse et scientifique, même de courts moments peuvent être mis à profit: dix minutes à perdre en attendant un bus, c'est une occasion de gazouiller! La multitude de plateformes permet de trouver l'outil qui correspond le mieux à ses besoins: Twitter pour entretenir son réseau professionnel, Facebook pour rejoindre une audience grand public... Des réseaux scientifiques comme ResearchGate ou en France MyScienceWork offrent la possibilité de développer un réseau plus spécialisé.

Les bénéfices sont nombreux, autant pour communiquer auprès du public que pour développer son réseau professionnel. Atteindre un auditoire aussi large n'est pas possible avec des livres ou conférences qui intéressent un public restreint et souvent déjà converti. Les cibles, le grand public bien sûr, mais aussi les journalistes, chercheurs, blogueurs, et même investisseurs potentiels... un blogue permet notamment d'être identifié comme expert d'un sujet et sollicité par les journalistes.

Plus que de transmettre des informations, les réseaux sociaux humanisent la recherche, la science, les scientifiques. Parfois avec humour, comme sur Twitter avec les mots clés #Overlyhonestmethods ou #FridayChallenge. Les tweets nous font entrer dans la réalité de la recherche: les blagues de laboratoires, les méthodes hasardeuses, les scientifiques ne sont pas ce qu'ils peuvent paraître, ennuyeux et dénués d'humanité.