La semaine internationale du ciel nocturne: l'occasion de parler de pollution lumineuse

Saviez-vous que le dôme lumineux créé par Montréal influence la qualité du ciel étoilé dans un rayon de 150 kilomètres? Êtes-vous capable de reconnaître les grandes constellations de la voute céleste en levant la tête en plein centre-ville de Montréal?

On parle souvent de pollution des sols, de l'air, des cours d'eau ou encore sonore mais la pollution lumineuse affecte des milliards d'individus sur Terre sans que ceux-ci prennent pleinement conscience de la gravité de la chose. Et pourtant, le ciel étoilé fait partie de l'histoire de l'humanité depuis que les premiers êtres humains ont tenté de comprendre le ciel.

Il suffit de s'éloigner d'une grande ville et d'aller en pleine campagne pour être déjà ébahi par la noirceur du ciel et la quantité d'étoiles visibles. Le Centre de Données Astronomiques de Strasbourg en France estime qu'il est possible de distinguer plus de 8500 étoiles sur Terre. Cette estimation est basée sur le fait qu'il est très difficile pour un être humain de voir des objets célestes ayant une magnitude apparente supérieure à +6,5 mais dans des conditions exceptionnelles (pureté du ciel, absence de luminosité sélénienne, aucune pollution lumineuse). En réalité, la magnitude maximum est autour de +6, ce qui représente tout de même prés de 6000 étoiles (pour info voici le nombres d'étoiles dans l'univers ).

C'est justement afin de reconnecter le grand public à la beauté du ciel nocturne et pour lui faire prendre conscience que la pollution lumineuse gâche nos nuits que la International Dark Sky Week a été créée. À l'origine, c'est une étudiante de Virginie âgée de seulement 15 ans, Jennifer Barlow, qui eut l'idée de «faire prendre conscience aux gens qu'il suffit de s'arrêter de marcher et de lever la tête pour découvrir la beauté de l'univers». Car le problème est là. La plupart d'entre nous ne savent plus apprécier la beauté du ciel, essentiellement parce qu'elle n'est presque plus accessible à cause de la pollution lumineuse.

«Le ciel nocturne est un peu pâlot, ce n'est pas un bien grand signe de santé…» —Hubert Reeves

Profitez donc de cette semaine du ciel nocturne pour lever la tête. Du 5 au 11 avril, la International Dark Sky Association publiera des conseils et la liste des événements.

Mise à jour du 8 avril 2013: en ce qui concerne la branche québécoise de l'International Dark Sky Association, il existe une page spéciale dédiée à la semaine internationale de la nuit sur laquelle vous pourrez trouver beaucoup d'informations sur les événements organisés dans la belle province.

L'association vous propose entre autre d'aller visiter le nouveau Planétarium de Montréal qui vient juste d'ouvrir ses portes ou encore de participer à la campagne Globe at Night qui consiste en une "chasse aux étoiles" dans un but éducatif. Vous pouvez même proposer des activités en contactant le volet québécois de l'IDA.

Plusieurs médias ce sont intéressés par le passé à la pollution lumineuse. L'émission de télé «La Vie en Vert» de Télé-Québec avait ainsi réalisé une enquête sur ce sujet mais l'épisode n'est plus disponible en ligne. Vous pouvez cependant suivre les conseils encore disponibles sur le site de l'émission afin de réduire votre impact sur la qualité du ciel nocturne.

De plus, je vous conseille d'aller visiter le site de l'Observatoire du Mont-Mégantic qui a une section spéciale sur la pollution lumineuse et ses impacts ou encore le site très complet de la Fédération des Astronomes Amateurs du Québec.

Le Ministère du Développement Durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs possède également une page très bien documentée et vulgarisée.

Pour terminer, voici une présentation disponible sur le site SlideBoom. Vous pourrez vous rendre compte que la pollution lumineuse a également un fort impact sur la faune. L'association internationale Dark Sky a elle aussi créé une fiche explicative.

Voici la page Facebook de la semaine du ciel nocturne, le compte Twitter associé, ainsi que le compte Pinterest avec de très belles photos.

Finalement, voici à quoi ressemblerait le ciel nocturne de plusieurs mégalopoles s'il n'y avait aucune pollution lumineuse. C'est assez impressionnant.