Après tous les moyens mis en œuvre pour contrer le décrochage scolaire, est-ce possible de penser qu’une tablette électronique, comme l’iPad d’Apple, puisse venir à la rescousse de notre système d’éducation?

«Le papier n’est pas intéressant, car il ne s’agit que d’images et de textes. L’iPad nous offre une expérience tactile en plus de faciliter l’accès à l’information. Ça nous donne le goût d’apprendre», expliquait Hector Perez, l’un des élèves venus témoigner de son expérience avec la tablette électronique lors du 1er Sommet de l’iPad en éducation à Montréal.

Un potentiel à ne pas négliger

L’iPad a fait son apparition dans les Apple Store en mars 2010. Au Québec, plus de 5000 élèves utilisent la tablette de façon quotidienne et l’on estime que ce nombre pourrait grimper à 15 000 l’an prochain, chiffre déjà atteint en France. Aux États-Unis, c’est plus de 4,5 millions de iPad qui sont utilisés dans les écoles. De toutes les tablettes électroniques, l’iPad occuperait plus de 75 % du marché scolaire mondial. Mais, quels sont les avantages à l’utiliser en classe?

Selon les résultats préliminaires d’une enquête menée auprès de 3500 élèves et de 150 enseignants du Québec, les avantages de l’iPad à l’école sont nombreux : portabilité, accès facilité à l’information et aux manuels scolaires, organisation du travail, annotation de document, entre autres exemples. Sans oublier que le format numérique favorise de grandes économies de papier.

«Il s’agit d’un outil pédagogique puissant», estime Steve Morissette, conseiller pédagogique à la Commission scolaire de Sorel-Tracy qui a procédé à un virage iPad en déployant pas moins de 1400 appareils pour ses élèves entre septembre 2012 et février 2013. «C’est une bonne façon de les préparer au marché du travail par les processus de création et de partage, sans compter que l’on peut écrire aux élèves par courriel», ajoute-t-il.

L’iPad pour toutes les matières?

Pour Joël Bouthillette, conseiller au RÉCIT, cette technologie peut même être utile… dans les cours d’éducation physique! «On pense que les élèves doivent bouger, mais ils doivent plutôt apprendre à bouger, et bouger mieux!» exprime l’éducateur. Avec l’iPad, l’élève peut regarder une vidéo pour se faire une représentation mentale de l’exercice à faire, ou encore il peut se filmer pour par la suite mieux évaluer son positionnement lors de l’exécution du mouvement.

Certes, l’iPad peut servir à plusieurs choses, notamment, se divertir: Hector sera le premier à avouer que sur les 325 applications téléchargées sur son iPad, 15 seulement sont utilisées pour ses cours à l’école.

«La gestion de classe demeure l’élément clé. Certains ont peur que l’utilisation de l’iPad en classe puisse même inciter les élèves à tricher. Il ne faut pas oublier qu’avant, on trichait à l’aide d’un bout de papier caché dans un crayon», rappelle Alain Laberge, directeur général à la Commission scolaire Sorel-Tracy. Une chose est sûre, la technologie doit être au service de l’élève, et non le contraire.

Par Marie-Eve Cloutier – Agence Science-Presse