Les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ont dévoilé, ce 27 septembre à Stockholm, le résumé pour les décideurs de la première partie de leur cinquième rapport.

Ce rapport atteste que l’humain est la principale cause du changement climatique observé depuis le milieu du 20e siècle, avec une certitude très élevée de 95%. Les preuves se sont accumulées, grâce à des observations de meilleure qualité et plus nombreuses. Les modèles climatiques ont été améliorés et les scientifiques comprennent mieux les réponses du système climatique.

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. Depuis 1950, de nombreux changements, sans précédent depuis des décennies voire des millénaires, ont été observés dans le système climatique. Chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude que n'importe quelle décennie précédente depuis 1850. Dans l’hémisphère nord, 1983-2012 était très certainement la période de trente ans la plus chaude depuis 1400 ans.

Le coprésident du groupe de travail 1 du GIEC Thomas Stocker a conclu: «En raison de nos émissions passées, présentes et à venir, nous subissons le changement climatique dont les effets persisteront pendant de nombreux siècles même si les émissions de CO2 s’arrêtent.»

«Les observations des changements dans le système climatique se fondent sur plusieurs sortes de preuves indépendantes. Notre évaluation constate que l'atmosphère et les océans se sont réchauffés, que la quantité de neige et de glace a diminué, que le niveau global moyen de la mer a augmenté et que les concentrations de gaz à effet ont augmenté» a déclaré Qin Dahe, coprésident travail groupe 1. Thomas Stocker, l'autre coprésident du groupe de travail 1 a déclaré: «Continuer à émettre des gaz à effet de serre ainsi entraînera un réchauffement et des changements dans toutes les composantes du système climatique. Limiter le changement climatique nécessitera des réductions substantielles et soutenues de gaz à effet de serre.»

«Les changements climatiques sont un défi de long terme, mais qui exigent une action urgente, non pas demain, mais aujourd'hui et maintenant, étant donné le rythme et l'échelle avec lesquels les gaz à effet de serre s'accumulent dans l'atmosphère et les risques croissants de dépassement des 2 degrés Celsius d'augmentation de température», a déclaré le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), Achim Steiner.

«Pendant que l'océan se réchauffe et que les glaciers et des calottes glaciaires fondent, le niveau moyen global de la mer continuera d'augmenter, mais à un rythme plus rapide que ce que nous avons connu au cours des 40 dernières années», a déclaré le coprésident Qin Dahe.

Pour Rajendra Pachauri, président du GIEC:  Ce résumé du groupe de travail 1 pour les décideurs fournit d'importantes informations sur les bases scientifiques du changement climatique. Il fournit une base solide pour des considérations des impacts du changement climatique sur les systèmes naturels et humains et les moyens de relever le défi du changement climatique.»

Ces autres aspects seront évalués dans les contributions du Groupe de travail 2 et du Groupe de travail 3 qui sera publié en mars et avril 2014. La publication du rapport de synthèse du cinquième rapport du GIEC est prévue pour octobre 2014.

«Le rapport du GIEC démontre que nous devons réduire considérablement les émissions mondiales afin d'éviter les pires effets du changement climatique», a déclaré le Secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Michel Jarraud. «Il contient également de nouvelles connaissances scientifiques importantes pouvant être utilisées afin d'aider les sociétés à s'adapter aux conséquences des changements climatiques.»

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon a fortement incité la communauté internationale à agir rapidement pour résoudre le problème du changement climatique. «Ce nouveau rapport est d'une importance capitale pour les gouvernements, alors qu'ils se préparent à finaliser en 2015 un accord juridique ambitieux sur la question des changements climatiques», a poursuivi M. Ban, tout en précisant que « L'objectif est de donner une impulsion à la volonté politique de maintenir la hausse de la température moyenne en dessous du seuil convenu de 2 degrés Celsius».

Christiana Figueres, la Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a déclaré «Alors que les résultats issus de recherches scientifiques sont de plus en plus clairs, le défi est de plus en plus difficile à relever, en même temps que les solutions se font jour. Ces opportunités doivent être saisies et renforcées par les gouvernements, les entreprises, la société civile et les individus ».

Un article du blogue Mon climat, ma santé

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En savoir plus:

• Le résumé pour les décideurs du groupe de travail 1 du GIEC pour le cinquième rapport est disponible ici: www.climatechange2013.org ou www.ipcc.ch.