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L’Ukraine spatiale

La Station spatiale sera-t-elle coupée en deux?

Jean-Pierre Urbain, le 3 mars 2014, 20h49

Si la situation en Europe centrale s’envenime, qu’adviendra-t-il de la Station spatiale encore dite internationale? Peu de gens savent que la Station spatiale internationale est double. Il y une section totalement russe et une autre américaine, canadienne (les bras), européenne et japonaise. Dès le début de sa construction, un «divorce» spatial avait été même envisagé.

Sea Launch
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Sea Launch

L’utilisation d’une seule petite clé permettrait de détacher la partie russe du reste de la Station.

La section russe est la plus ancienne. Les premiers modules russes occupent une situation névralgique sur la Station. Leur détachement et leur éloignement rendraient les opérations de la Station très difficiles et quasi impossibles.

D’autre part, l’Ukraine, à l’époque soviétique, était un important fournisseur de matériel spatial. Plusieurs lanceurs (la gamme des Cyclones, Zenith) sont encore tirés de Baïkonour et sont d’origine ukrainienne.

De nos jours, l’Ukraine a rejoint la Chine, la Russie, les É.-U., l’Union européenne et est devenue un des principaux pays du monde au chapitre des lancements de fusées.

Depuis 1991, l’Ukraine a lancé 125 fusées et a envoyé en orbite 238 satellites appartenant à 19 pays.

Sur la photo, on voit une fusée ukrainienne (Zénith) qui décolle d’une plateforme flottante ancrée au beau milieu de l’océan Pacifique

De plus, les Ukrainiens complètent présentement la construction d’une base spatiale dans le nord-ouest du Brésil.

Quelles seront les conséquences pour l’exploration de l’espace de la situation géopolitique actuelle ? Rien de bon ne semble poindre.

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Rappelons qu'il n'y a que les vaisseaux russes (Soyouz) qui soient capables présentement de ramener des cosmonautes sur Terre. Détachée, la section russe laisserait les autres occupants à eux-mêmes. Beau sujet de film, non?

1 commentaire

Portrait de JournalscienceUdLaval

Il y a des exemples, même en temps de Guerre froide, de collaboration spatiale entre les Américains et les Russes, par exemple la mission Apollo-Soyouz en 1975, ou la visite de la navette spatiale à la station spatiale russe Mir dans les années 1990. Il semble donc y avoir une volonté d'aller au-delà des tensions politiques pour faire progresser la connaissance scientifique, mais il est aussi raisonnable de se questionner lorsqu'on sait que seuls les Russes sont en mesure d'envoyer (et de ramener) des astronautes vers la Station. Il ne semble toutefois pas y avoir raison de trop s'inquiéter dans l'immédiat.

Maxime Giroux