Les espèces invasives, sont des espèces exogènes (ou exotiques, comprenez venues d’ailleurs), souvent introduites par l’Homme, qui viennent perturber l’équilibre d’un écosystème en proliférant de manière plus rapide et importante que des espèces déjà présentes. Ces envahisseurs sont donc nuisibles à la biodiversité locale. Sur l’île de la Réunion, il existe un parfait exemple d’espèces invasives versus espèces endémiques: le cas des geckos verts.

Entre quatre espèces, la compétition fait rage.

À ma droite, les espèces endémiques nommées Gecko Vert de Manapany et Gecko vert des Hauts.

À ma gauche, les espèces exogènes Gecko Vert de Madagascar et Gecko vert poussière d’or cherchant à expulser du ring les espèces indigènes précédemment citées.

Le combat pour la nourriture et l’habitat est incessant et peu à peu les autochtones sont délogées par les envahisseurs ayant trouvé ici les conditions climatiques idéales pour leur développement.

Les scientifiques et la population, après avoir signalé l’invasion, cherchent aujourd’hui à préserver les derniers reptiles endémiques de l’île.

En 2011, un plan de conservation du Gecko de Manapany (Plan National d’Action pour la protection de Phelsuma inexpectata) a été rédigé afin de sauver l’espèce.

Déjà menacé en raison de la destruction de son habitat via l’urbanisation, le Gecko vert de Manapany a vu sa population chutée depuis l’introduction en 1994 du Gecko Vert malgache. En effet ce dernier entre en compétition avec les espèces locales plus petites que lui et les chasse de leur territoire entraînant une baisse importante de la population pouvant aller jusqu’à l’extinction de l’espèce endémique. Le nombre d’individus de Gecko Vert de Manapany est estimé entre 3000 et 5000.

Sur l’île, l’association Nature Océan Indien s’occupe, tout particulièrement, de la préservation de l’herpétofaune (reptiles) et invite les Réunionnais à les alerter dès qu’une espèce invasive est repérée afin de les aider dans leur recensement et ainsi proposer des moyens de lutte efficaces.

Leurs conseils pour protéger le Gecko Vert de Manapany via l’entretien du jardin:

  • Éviter ou limiter l’utilisation de produits chimiques néfastes tels que les anti-margouillats, insecticides, herbicides… Privilégier plutôt des produits biologiques.
  • Garder les habitats favorables du gecko dans son jardin: vacoa, latanier, cocotier et multipliant.
  • Éviter la destruction des pontes lors des activités de jardinage ou de nettoyage de la maison. Nettoyer les sites de pontes tels que les vacoas hors des saisons de reproduction, d’avril à août.
  • Ne pas introduire d’autres reptiles prélevés dans la nature.
  • Proscrire les dépôts d’ordures attirant les prédateurs du gecko vert : rats, chats, fourmis, oiseaux et musaraignes.

Nous vous invitons également à en apprendre plus sur d’autres espèces invasives à la Réunion avec le site internet Espèces invasives.re