Alors qu’on s’attend à ce que le réchauffement climatique entraîne la disparition de certaines espèces animales, il profitera aussi à d’autres : les moustiques.

Les résultats d’une étude parue cette semaine dans la revue Science suggèrent que l’accroissement des températures en altitude favorisera la propagation des moustiques dans certaines régions montagneuses d’Afrique et d’Amérique du Sud. Les moustiques ne sont pas inquiétants en tant que tels, c’est plutôt le fait qu’ils puissent être porteurs d’un parasite responsable du paludisme qui est préoccupant. Une hausse des températures amplifie la multiplication des insectes, ce qui favorise à son tour le développement des parasites et de leur potentiel infectieux. Les auteurs s’attendent donc à ce que les habitants de ces régions soient davantage susceptibles de contracter le paludisme et, par conséquent, que le nombre de cas augmente. D’autres facteurs, comme le déplacement des populations humaines, un changement dans l’utilisation des terres, la résistance aux médicaments antipaludéens et l’accès aux soins de santé influencent aussi les cas de cette infection.

Le paludisme (aussi connu sous le nom de malaria) est l’infection parasitaire la plus commune à l’échelle mondiale. Selon le plus récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé, environ 207 millions de cas ont été recensés en 2012, dont 627 000 décès. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus vulnérables, puisqu’ils représentent à eux seuls plus des trois quarts des cas.

Cette infection est causée par la transmission d’un parasite du genre Plasmodium, principalement la nuit, lors d’une piqûre par un moustique femelle anophèle (Anopheles est le genre du moustique). Le cycle de vie du parasite est complexe, car une partie de son développement a lieu dans le moustique (qu’on appelle le vecteur) et l’autre, chez l’humain. On peut résumer brièvement le cycle ainsi : un moustique infecté pique un humain et lui transmet le parasite. Le parasite se développe d’abord dans les cellules du foie où il se multiplie, puis passe dans la circulation sanguine où les parasites entament plusieurs cycles de multiplication à l’intérieur des globules rouges. Lorsque les défenses immunitaires se mettent à agir contre l’envahisseur, le parasite se transforme pour atteindre la forme qui servira à produire de nouveaux parasites. C'est cette forme qui sera ingérée par un autre moustique lors d’une prochaine piqûre. Le parasite peut alors poursuivre sa maturation à l'intérieur de ce moustique et être prêt à infecter un nouvel humain lors de la prochaine piqûre. Et le cycle recommence...

Depuis une dizaine d’années, on a observé une diminution de 42 % du taux de mortalité imputable au paludisme à travers le monde. Les mesures de prévention déployées dont l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticides et la pulvérisation d’insecticides à l’intérieur des habitations ont probablement aidé à réduire la transmission du parasite. L’accès rapide à des tests diagnostiques, puis à un traitement efficace sont également essentiels à la lutte contre le paludisme.

Malgré cela, la chasse aux moustiques est loin d’être terminée et les efforts pour la prévention et la lutte contre le paludisme doivent être constants pour espérer contrer (au moins) un effet anticipé du réchauffement climatique.