Coup dur pour le journalisme scientifique! Une récente étude publiée par une équipe de chercheurs américains de la National Institutes of Health illustre que les recherches scientifiques les plus couvertes par les quotidiens sont celles qui présentent la méthodologie la plus faible.

Selon les chercheurs, les quotidiens privilégient les études d’observation, basées sur des informations amassées dans la réalité, plutôt que les essais contrôlés randomisés (ECR). Les ECR sont considérées comme la pierre angulaire de la recherche clinique. Les sujets y sont séparés aléatoirement entre deux groupes, un témoin et un expérimental.

C’est en comparant 75 articles d’actualité scientifique publiés dans les cinq journaux généralistes les plus lus aux États-Unis à 75 articles scientifiques parus dans cinq revues scientifiques d’envergure que les chercheurs en sont venus à cette conclusion. Concrètement, les trois quarts des nouvelles couvertes dans les quotidiens sont basées sur des études d’observation et moins de 20% sur des études contrôlées randomisées. À l’opposé, les revues scientifiques ne consacrent que la moitié de leurs articles aux études d'observation. L’autre moitié se rapporte aux ECR.

Processus de sélection des nouvelles

À la lumière de ces résultats, il est possible de se questionner sur le processus de sélection des nouvelles d’actualité scientifique dans les grands quotidiens. Misent-ils sur les histoires sensationnelles au lieu de veiller à informer les citoyens des avancées scientifiques les plus crédibles? Cette étude laisse planer un doute à ce sujet.

Alors que certains croient que les journalistes scientifiques subissent une moins grande pression à l’effet de couvrir des sujets plus susceptibles d’attirer un public rentable, cette étude semble prouver le contraire… malheureusement.

Dominique Brunet-Vaudrin