Dans mon dernier billet je vous proposais des sujets qui me «tiennent à cœur». Une anecdote illustant le métier de pathologiste me semble utile: un pathologiste vétérinaire, ça fait quoi et ça sert à quoi?

Vous rentrez du travail: comme chaque jour, votre chien Vador devrait vous accueillir en grand! Mais non, pas ce soir. Il est bien trop tranquille. En le flattant vous remarquez aussi une petite bosse sur sa patte avant.

À la clinique vétérinaire, c’est confirmé, la bosse est bien réelle. Vient l’heure de décider quoi faire: une prise de sang et une aspiration de la bosse sont recommandées. Oui mais pourquoi? Pourquoi ne pas retirer la bosse tout de suite?

Vous décidez d’y aller par étapes: prise de sang, aspiration de la masse puis analyses!

Le soir même, le rapport de la prise de sang (hématologie) arrive à la clinique. Vador y montre quelques anomalies. Ses cellules de défenses sont très nombreuses (les neutrophiles), et présentent de petits points bleus appelés «changements toxiques». Vador montre des signes d’inflammation , conclut le pathologiste.

Le rapport de la petite bosse indique en gros «inflammation suppurative septique sans cellule atypique». Au microscope, des bactéries sont aussi vues parmi les très nombreuses cellules de défenses (neutrophiles).

C’est le soulagement! Vador s’est probablement blessé lors de la dernière promenade. Mais vous êtes surtout soulagé car avant de décider de faire les tests, vous appreniez que le Boxer (comme Vador) est prédisposé au mastocytome, un cancer de la peau (les mastocytes participent aussi à l’immunité). Vador ne montre rien de tout ça.

Vous réalisez alors que ces analyses étaient une étape clé pour mieux comprendre le problème et le traiter rigoureusement.