Les lunettes eSight permettent aux personnes atteintes de cécité partielle d’améliorer leur vision.

La vidéo, intitulée Une femme aveugle voit son bébé pour la toute première fois, a été visionnée près de trois millions de fois. On y voit Kathy Beitz, une Ontarienne de 29 ans, portant des lunettes haute technologie et tenant dans ses bras son fils nouveau-né. L’histoire a fait la manchette à travers le monde. Certains articles rapportaient que Kathy Beitz est aveugle légale (legally blind). Cette nuance importe, car les lunettes en question ne peuvent donner la vue aux personnes complètement aveugles.

La cécité doit n’être que partielle

Produites par eSight Corporation, une compagnie établie à Toronto, les lunettes eSight sont destinées aux personnes atteintes de cécité partielle, souvent décrite comme la «cécité légale». La cécité légale est définie de façon plus ou moins uniforme par les États, essentiellement afin de circonscrire l’accès aux services pour les personnes atteintes de déficience visuelle ou l’attribution de certains avantages fiscaux.

Au Canada, les termes «aveugle légal» ou «cécité légale» réfèrent à la personne qui, même avec des lentilles correctrices ou des médicaments, a une acuité visuelle pour ses deux yeux inférieure ou égale à 6/60 (ou 20/200) sur la carte de Snellen, ou dont le plus grand diamètre du champ de vision de ses deux yeux est de 20 degrés ou moins. Concrètement, cela signifie qu’avec son meilleur œil et même avec des lunettes, la personne atteinte de cécité légale ne peut voir qu’à six mètres (20 pieds) un objet qu’une personne avec une vision moyenne (20/20) peut voir à 60 mètres (200 pieds).

Kathy Beitz est atteinte de la maladie de Stargardt, une dystrophie maculaire héréditaire rare qui cause une diminution progressive de l’acuité visuelle des deux yeux. On estime qu’une personne sur 20 000 à 30 000 est atteinte de cette maladie dans sa forme typique, pour laquelle il n’existe actuellement pas de traitement connu.

Fonctionnement des lunettes eSight

Le système eSight, qui coûte 15 000 $CA, est composé de deux éléments: les lunettes proprement dites et un appareil de contrôle qui lui est relié. Les lunettes sont pourvues d’une caméra vidéo à haute résolution qui transmet les images qu’elle capte à l’appareil de contrôle. Cet appareil, grâce à un algorithme, adapte les images à la vision de la personne portant les lunettes. Il les renvoie en temps réel sur des écrans placés sur la face intérieure des lunettes. La personne qui les porte peut ajuster l’image en zoomant, modifiant ou l’accentuant de façon à voir le mieux possible compte tenu de ses limitations propres.

Une vidéo produite par eSight explique ce fonctionnement.

- Marie Fortin