En ce qui concerne la démagogie, l'extrême droite ne va pas assez loin. Leurs grosses têtes pensantes affirment qu'il y a une invasion de malades de la drépanocytose en France, histoire d'argumenter leur géniale théorie du grand remplacement démographique. Ils oublient de préciser qui sera remplacé: les blonds.

Il a été démontré, dans une étude à la con, que les blonds étaient en voie de disparition. Et, par extension, les personnes aux yeux clairs aussi. Et ceux qui ont des poils sur les oreilles après trente ans aussi. Et donc, par plus grande extension encore, la théorie ou plutôt le fantasme du grand remplacement démographique de l'extrême droite peut s'appliquer à une étude de cas précis: les blonds en voie de disparition seront remplacés dans quelques générations par des malades de drépanocytose en voie d'apparition.

Afin d'étayer cette thèse, certains termes barbares doivent être explicités.

La drépanocytose est une maladie génétique héréditaire. Les symptômes de la maladie —anémies, infections bactériennes, accident vasculaire occlusif— sont provoqués par une déformation des globules rouges qui sont en forme de croissant de lune. Ce sont principalement les populations originaires des régions tropicales qui sont victimes de la maladie, plus précisément, dans les zones où sévit la malaria: cette mutation protège du paludisme. Son mode de transmission est autosomique récessif, il faut que les deux parents soient au moins porteurs chacun de la maladie, sans pour cela l'exprimer, pour avoir la possibilité de faire naître des enfants malades de drépanocytose.

Un(e) blond(e) est une personne malade de cheveux blonds. C'est une maladie génétique héréditaire au mode de transmission autosomique récessif qui résulte d'une production de phaeomélanine dans les cheveux. Ce sont principalement les populations originaires du nord de l'hémisphère nord qui sont victimes de cette maladie.

Alors, posons la question: les blonds du Nord peuvent-ils disparaître à la faveur des malades de drépanocytose du Sud?

À moins d'être un eugéniste fini et de faire promettre aux blonds de ne jamais avoir d'enfants avec d'autres blonds ou des personnes ayant des parents blonds jusqu'au second degré sous peine d'une malédiction style enfer promis pour les enfants des enfants de tes enfants, l'allèle «blond» se diffusera de la même manière que n'importe quel autre allèle dans les populations humaines et ne disparaîtra pas.

Ah oui, en génétique, un «allèle» est la «valeur» d'un caractère. Par exemple, le caractère «couleur des cheveux» peut avoir les allèles blonds, roux, brun, etc.

De même pour la drépanocytose, à moins d'être un eugéniste fini et de faire promettre aux malades de drépanocytose d'avoir des enfants uniquement avec des victimes de drépanocytose sous peine de malédiction style «accident nucléaire mortel pour les enfants des enfants de tes enfants« alors oui, il pourrait se maintenir une forte population drépanocytaire en Europe. Et pour que la drépanocytose se maintienne sur le long terme, il faudrait confiner les populations malades, un concept cher aux militants d'extrême droite, hérité du crétinisme des vallées: «Ta cousine, c'est mieux pour toi que pour moi».

Et même si on fait promettre aux blonds d'avoir des enfants avec des malades de drépanocytose et vice-versa, il y aurait une plus grande proportion de la population blonde victime de drépanocytose mais jamais les blonds ne disparaîtraient.

Et jamais, les malades de drépanocytose ne vont envahir l'Occident.

La théorie du grand remplacement même si elle excite l'extrême droite, ne tient pas la route. Alors, autant en rire et la tourner en dérision! En tous les cas, je me suis bien amusé à rédiger ce post.

Que les militants d'extrême droite en ravalent leur haine!

Rock'n'Science!